Owen Farrell

Champions Cup : Pourquoi Leinster-Saracens est la meilleure finale possible

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Les deux équipes les plus régulières des dernières années en Europe s'affrontent ce samedi en finale de Champions Cup, à Newcastle (en direct sur France 2 à 17h50). Le Leinster et les Saracens sont, à plusieurs égards, ce qui se fait de mieux en Europe depuis dix ans. La preuve, les Irlandais, en s'imposant, deviendraient seuls recordmans des victoires en Coupe d'Europe avec 5 titres (le premier a été obtenu voici 10 ans), devant Toulouse (4), le premier lauréat en 1996.

Attention, deux engins de guerre sont sur le point d'entrer en collision. Et ça risque de faire du bruit. Ce samedi, en finale de la Champions Cup, ce sont les deux superpuissances de la dernière décennie dans l'Europe du rugby qui se rencontrent. La finale fera certainement des étincelles. Mais, déjà en amont, l'on peut contempler le chemin parcouru par ces deux clubs pour atteindre le firmament aujourd'hui. 

Insatiables depuis dix ans

Le Leinster, qui a remporté quatre Champions Cup au cours des dix dernières années, s'est extirpé des poules quasi-systématiquement, atteignant les demi-finales ou mieux huit fois. Des deux éliminations en poule, une a débouché sur un sacre en Challenge Cup. Dans sa compétition domestique,  le Leinster a remporté le Pro14 cinq fois. Depuis que les playoffs ont été instaurés en 2009, le Leinster n'a manqué la phase finale qu'une fois sur dix, atteignant la finale sept fois. Les Saracens ont été sacrés champion d'Europe deux années consécutives, en 2016 et 2017. Mais avant ça, ils avaient systématiquement atteint les quarts, les demies et la finale  depuis 2011. En Angleterre, ils se sont qualifiés pour les playoffs pour la dixième année consécutive cette saison. Six fois en finale sur les neuf dernières années,  ils ont été sacrés à quatre reprises. Leurs quatre dernières saisons ont été couronnées d'au moins un trophée. 

Saracens, mal-aimé mais valeur sûre

L'histoire récente du club ne laissait rien présager de cette régularité actuelle au sommet du rugby européen. Quand, en 2009, Brendan Venter devient le directeur sportif du club, c'est la révolution. En 48h, Venter se sépare de 18 joueurs, au cours d'une période que les fans appellent encore aujourd'hui la "nuit des longs couteaux" - en référence aux assassinats perpétrés par les nazis au sein même de leur parti en l'espace de 3 nuits. Pourquoi une telle remise à plat? Venter fait partie d'un consortium sud-africain qui a racheté 50% du club en 2008. C'est le début d'une nouvelle ère, celle des "Saffracens", un mélange de Saracens et de "South-Africans". Ce surnom est surtout donné par ceux qui reprochent au club de s'être vendu aux grandes fortunes sud-africaines.

Des soupçons émergent sur le respect des règles financières concernant les salaires. Le club s'englue dans des procédures judiciaires interminables. Le public britannique gronde tandis que les Saracens connaissent leur âge d'or (ils n'avaient gagné qu'une Coupe d'Angleterre avant l'arrivée des Sud-Africains). L'antipathie à leur égard ne saurait cependant faire oublier la nature même du club, qui est restée la même depuis la prise de fonction de Mark McCall en 2009 : la défense "wolf pack" ou la défense pack de loup. Une culture de la défense sans égale, du jeu sans ballon. Les Saracens sont une muraille quasi-imprenable. Cette saison, en Champions Cup, ils sont à 86% de plaquages réussis et 97% de rucks gagnés.

Leinster, à la perfection 

Finalement, il n'y a que Leinster pour leur contester leur suprématie en défense. Avec 88% de plaquages réussis et 98% de réussite en ruck, Leinster dépasse même d'une courte tête Saracens en termes de statistiques. Le club irlandais, encore invaincu en Coupe d'Europe cette saison, voudra se focaliser sur ses points forts. Interrogé sur l'adaptation à prévoir entre la demi-finale, où le Leinster a affronté l'hyper-offensif Stade Toulousain, et la finale face aux Saracens, l'entraîneur Léo Cullen tempère : "Il y a un équilibre à trouver. On ne peut pas juste penser à l'équipe adverse. Il faut aussi comprendre ce qui fait que Leinster est un équipe difficile à jouer, et ce pour quoi on est arrivés en finale", a expliqué Cullen, l'entraîneur de Leinster. Avant de poursuivre : "Il est important que l'on se concentre sur ce qu'on fait tous les jours". Leo Cullen est l'entraîneur des Irlandais depuis 2015. Il a largement contribué aux quatre succès européens de son club, à la fois en  tant que joueur et en tant qu'entraîneur. La bonne étoile du Leinster devra briller fort ce samedi soir si les Irlandais veulent qu'une cinquième étoile vienne s'accrocher à leur maillot. Ils deviendraient alors les seuls recordmans de victoire, devant Toulouse (4).