Racing 92 / RC Toulon
Le Racing 92 et le RC Toulon ne lâchent rien ! | AFP PHOTO / FRANCOIS LO PRESTI

Ce qui sépare le Racing 92 de Toulon

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Le Racing 92 est en passe de redevenir une grande puissance du rugby français dont la référence s’appelle aujourd’hui le Rugby Club Toulonnais (RCT). Mais si le club ciel et blanc possède un budget quasi équivalent à celui des Varois (un peu plus de 24 millions d’euros contre 27 pour Toulon), il reste nettement derrière en matière de palmarès, de médiatisation et de public.

Palmarès

Si le Racing 92 (anciennement Racing Club de France) compte cinq titres de champion de France, trois d’entre eux datent (1892, le premier Bouclier de Brennus attribué, 1900 et 1902). Les deux plus récents remontent à 1959 et surtout à 1990 avec les fameux trois-quarts en mode showbiz (Blanc, Mesnel, Lafond, Guillard). Le Racing n’a pas rejoué une grande finale depuis 26 ans tandis que Toulon a enrichi sa collection de trophées ces derniers temps (la Coupe d’Europe trois fois de suite entre 2013 et 2015 plus le Brennus en 2014, année d’un doublé qu’on disait impossible à réaliser). S’il veut obtenir une reconnaissance méritée, le Racing doit dépoussiérer son palmarès en gagnant un trophée dès cette saison.

Médiatisation

Le président du Rugby Club Toulonnais Mourad Boudjellal a fait de son club l’OM du rugby. De l’arrivée en 2006 du All Black Tana Umaga, première star engagée, à celle de Ma’a Nonu l’automne dernier, en passant par Mehrtens, Gregan, Matfield, Oliver, Giteau, Botha, Smith, Habana et surtout Jonny Wilkinson, star parmi les stars, le RCT la joue strass et paillettes. Il est de très loin le club le plus médiatisé de France, largement devant la concurrence incarnée par le Stade Toulousain ou Clermont. Le Racing s’est engouffré dans la brèche en recrutant également quelques stars venues de l’hémisphère Sud (François Steyn, Joe Rokocoko, Chris Masoe, Dan Carter) ou du Nord (François Sexton, Jamie Roberts, Dan Lydiate). Mais celui qui a fait le plus pour la notoriété des Francilien, outre l’ouvreur des All Blacks arrivé récemment, c’est bien sûr Sébastien Chabal qui a attiré les projecteurs sur le quintuple champion de France lorsqu’il a évolué dans les Hauts-de-Seine entre 2009 et 2012. En Ile de France, il faut du clinquant pour attirer la lumière. Bien joué ne suffit pas. Les grands joueurs et les titres sont indispensables.

Public

Le Racing 92, comme le Stade Français, ne bénéficie pas de l’appui d’un public chaud, bruyant. Là où Toulon accueille près de 15 000 personnes à chaque match de Top 14 ou de Champions Cup lorsqu’il évolue à Mayol, et parfois beaucoup plus lors des matches délocalisés au stade Vélodrome de Marseille (67 000 places) ou à l’Allianz Riviera de Nice (35 000 places), le Racing peine à remplir son vieux stade de Colombes. Sur les 14 000 places disponibles, il est fréquent de voir moins de 10 000 spectateurs. Surtout, quand un Varois clame son amour du Ercété poitrail ouvert, le fan ciel et blanc fait davantage dans la sobriété. Pas de ola, pas de journaux jetés sur le mode toulonnais et un public qui ne pèse pas énormément. Le choc de dimanche face à la référence européenne de ces quatre dernières années va toutefois réveiller le vénérable stade Yves-Du-Manoir qui sera remplacé en 2017 par l’Arena 92, enceinte flambant neuve située dans le quartier de La Défense et pouvant contenir jusqu’à 32 000 places en mode rugby.

Grégory Jouin @GregoryJouin