Bernard Laporte : "on a montré du coeur et de l'enthousiasme"

Bernard Laporte : "on a montré du coeur et de l'enthousiasme"

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Toulon a montré du "coeur et de l'enthousiasme" qui constituent "la force et le ciment d'une équipe", pour écarter le Leinster (25-20 a.p.) dimanche en demi-finale de la Coupe d'Europe à Marseille et rêver à un inédit triplé continental, a tenu à souligner son manager Bernard Laporte en conférence de presse.

On imagine qu'il doit s'agir d'une délivrance après ce match très serré...
Bernard Laporte : "Oui c'est une véritable délivrance. Bravo à tous les joueurs. Ce n'était pas facile, on n'était pas dans un grand jour. On a eu beaucoup de fébrilité, une conquête en touche hésitante. Mais il y a eu beaucoup d'envie, d'enthousiasme. Et le paradoxe c'est que c'est à 14 (carton jaune pour Ali Williams, ndlr) qu'on gagne. Si on avait été plus serein je pense qu'on aurait gagné plus largement, malheureusement ce n'était pas notre jour. On a fait beaucoup de fautes de main, et tu sentais qu'il y avait cette envie, du coeur et de l'enthousiasme. C'est la force et le ciment d'une équipe. Ils avaient envie de montrer qu'ils avaient ça, malgré leur vieil âge pour certains. Ils ont toujours cette envie de se dépasser. Chris (Masoe) en est le symbole, il est allé gratter un ballon très important en prolongation. Personne n'a lâché mais quand Ali est sorti (86e), sincèrement je pensais qu'on avait perdu."

Vous êtes en course pour un inédit triplé et vous retrouvez Clermont en finale comme en 2013. Que cela vous inspire-t-il ?
BL : "C'est un adversaire de qualité, on le connaît. C'est la revanche d'il y  a deux ans... Depuis 7-8 ans, s'il y a une équipe au qui est numéro 1, c'est l'ASM. Ils sont toujours en demi-finale ou en finale, Coupe d'Europe ou Championnat. C'est une équipe qui, sur la constance de la performance, est certainement la numéro 1. Depuis quatre ans, on les titille, c'est vrai. On va avoir le privilège de jouer notre septième finale... On ne  pouvait pas en jouer plus. C'est un véritable exploit. Je disais à mes joueurs : vous ne vous rendez pas compte aujourd'hui de ce que vous avez fait, mais ça n'arrive jamais. Et ce qui arrive moins, c'est de gagner trois fois le titre de champion d'Europe."
   
Vous avez remplacé Frédéric Michalak très tôt (47e), un choix lourd de conséquence...
BL : "Lourd de conséquence... Moi ce qui m'intéresse, c'est l'intérêt général de l'équipe. Je veux qu'elle gagne et à certains moments il faut faire des choix. Ça ne fait jamais plaisir quand tu sors quelqu'un. Mais si moi je ne le fais pas, ça veut dire que je ne prends pas mes responsabilités et que je ne fais pas mon métier. Frédéric a mal au genou depuis trois jours, avant-hier il ne tapait pas les renvois parcequ'il avait un petit oedème derrière le genou... J'ai senti Frédéric hésitant pendant une mi-temps, approximatif dans le jeu au pied, et je sentais qu'il n'était pas à 100%. Il fallait faire quelque chose. Je voulais faire entrer Rudi (Wulf) qui avait de l'envie. Et je voulais jouer un jeu plus serré, arrêter d'aller sur la largeur et attaquer le 10 et le premier centre. C'est plus facile avec Rudi qui est venu deux fois main-main comme une bombe et a avancé de 10 mètres !"

AFP