Montpellier-Newport
. | Maxppp - Max Berullier

Un Challenge européen très convoité

Publié le , modifié le

Considéré comme compétition secondaire sur la scène continentale, le Challenge européen, qui reprend ses droits ce week-end, a désormais acquis un peu plus d'importance pour les clubs depuis que le vainqueur se voit octroyer une prime à la qualification pour la Coupe d'Europe suivante. Reste que les équipes n'ont pas toujours l'effectif pour jouer sur les deux tableaux. On attend des clubs français qu'ils confirment dans cette compétition le niveau du Top 14, à l'image de Montpellier tenant du titre. Mais cette saison ils ont du mal à conserver le trophée face à la montée en puissance des Anglais.

Le puissant Montpellier Hérault qui avait fait de la seconde compétition européenne un objectif principal, est désormais passé dans "la coupe des grands", et n'est donc plus là pour porter les espoirs français. Ceux-ci reposent donc principalement sur La Rochelle, la surprise du début du championnat, mais aussi sur Brive et sur le Stade Français, lequel ouvrira les hostilités dès jeudi soir sur la pelouse des Harlequins.

Jouer sur deux tableaux: une équation à résoudre 

La situation étant posée, la question est de savoir si les clubs vont jouer la compétition à fond pour tenter de garnir  leur armoire à trophées et obtenir le billet, dévolu au vainqueur, pour deux tours de barrages qualificatifs pour la prochaine Coupe d'Europe ?  Logiquement oui, puisque dans le contexte actuel, économiquement bien sûr, mais aussi sur le plan de l'image, il est toujours intéressant d'afficher un titre européen à son palmarès. Parisiens, Rochelais et Brivistes peuvent donc essayer d'aller le plus loin possible. L'interrogation qui demeure est de savoir si ces trois formations disposeront de suffisamment de ressources pour livrer autant de rencontres toujours très disputées. Chaque saison, on se demande en effet si les clubs français, en fonction de l'évolution de leur effectif, ne vont pas délaisser volontiers le Challenge européen pour se concentrer sur les rudes joutes nationales, qualification ou maintien en ligne de mire. Cela pourrait être le cas de Grenoble, demi-finaliste la saison dernière, Pau, Bayonne et sans doute Lyon, à la lutte pour ne pas être relégués en championnat. 

Dans cette optique, l'Angleterre, qui ont remporté onze fois sur vingt la compétition, semble mieux armée pour jouer les premiers rôles. Avec les incontournables Newcastle et Gloucester, mais surtout avec Bath, présent en Coupe d'Europe ces deux dernières saisons et qui a tourné au printemps la page Mike Ford, remplacé au poste de manager par l'ancien All Black Todd Blackadder. Avec succès pour le moment: l'ouvreur international anglais George Ford et ses partenaires sont actuellement troisièmes du championnat avec une seule défaite au compteur en six journées.

Le Stade Français au révélateur des Harlequins

On sera tout de suite fixé sur les intentions anglaises dès le premier match: celui des Harlequins face au Stade Fraçais, qui seront les premiers à ouvrir la saison européenne dans une poule très relevée qui comprend aussi notamment les Ecossais d'Edimbourg. Les Harlequins, détenteurs du record de titres (3), ont aussi changé de tête à l'intersaison, John Kingston remplaçant Conor O'Shea. Et même s'ils ont eux moins bien démarré leur saison (trois victoires et trois défaites), ils possèdent un effectif toujours aussi dense (Brown, Yarde, Robshaw, Marler). Ils seront donc de sérieux clients pour les Parisiens. Ces derniers l'ont bien perçu, puisque, même s'ils vont faire un peu tourner l'effectif, ils entendent présenter une équipe solide et expérimentée, avec en particulier les retours de pièces-maîtresses que sont Sergio Parisse, Djiblril Camara, Rabah Slimani et Jules Plisson.  

Christian Grégoire