Disparition de Christophe Dominici : Les quatre moments qui ont forgé sa légende

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Auteur·e : Guillaume Poisson
Christophe Dominici dans sa chevauchée fantastique lors de la Coupe du monde 1999 face aux All Blacks de Jeff Wilson
Christophe Dominici dans sa chevauchée fantastique lors de la Coupe du monde 1999 face aux All Blacks de Jeff Wilson | AFP - OLIVIER MORIN

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Christophe Dominici, mort ce mardi à l'âge de 48 ans, a été l'un des héros du XV de France et du Stade Français. Voici les quatre moments qui ont forgé sa légende.

• Son essai légendaire face aux All Blacks (1999)

C'est non seulement l'image d'une carrière, mais aussi l'une des plus marquantes de l'histoire du sport français. Christophe Dominici qui aplatit le ballon dans l'en-but néo zélandais, au nez et à la barbe du mythique Jonah Lomu, signalant le début de révolte du XV de France. De cette étincelle, les Bleus allumeront l'un des plus grands feux d'artifice de leur histoire, trente minute plus tard, avec cette improbable victoire face aux All Blacks (43-31). 

L'essai en lui-même n'est pourtant ni le plus beau, ni le plus impressionnant. Il survient après un coup de pied de Fabien Galthié, et surtout un rebond favorable. Mais l'instinct de Dominici a été sensationnel. Il s'est rué vers le ballon, comme s'il avait anticipé la trajectoire, avant de capter le ballon dans sa course. Et quelle course ! "C'est un génie", hurle Christian Jeanpierre dans son micro alors que Dominici file vers l'en-but comme un petit boulet de canon. La séquence télévisuelle restera dans les annales.

Personne ne s'attendait à ce que les Français dominent les All Blacks cette année-là, d'autant que les Bleus sortaient d'une préparation catastrophique et que leur début de Mondial avait été moyen. Ce jour-là, Dominici a été la rampe de lancement d'un XV de France qui n'attendait que ça pour s'enflammer. 

• En 2004, 2e Grand Chelem et... monumental raté

Christophe Dominici, l'homme qui a remporté quatre tournois des VI nations avec l'équipe de France, dont deux Grands Chelems. L'année 2004, celle de son 2e Grand Chelem après celui de 1998, est donc indéniablement l'un de ses plus grands accomplissements. D'autant que les Bleus bouclent leur campagne par une formidable victoire sur les Anglais (24-21) et que Dominici fait partie des grands artisans de la victoire. L'émotion est suprême.

Pourtant, il demeure aussi de ces VI nations une autre image marquante de la carrière de Dominici, bien moins reluisante celle-là. Face à l'Italie, le 21 février, Dominici rate l'immanquable. Il est seul dans l'en-but, se penche pour aplatir l'essai tranquillement... et laisse le ballon s'échapper. Il le rattrape mais l'en-avant a été vu par l'arbitre.

 

"Ah ça, c’est vrai que c’est un raté mémorable", avait-il admis quelques années plus tard. "On m’en parle autant que mon essai face aux All Blacks en 1999. Je m’en sors souvent en disant que ma femme est italienne, et comme on a gagné 25-0, pas besoin d’en mettre plus de 30…" La France menait effectivement 13-0 à cet instant. Et son manqué ne sera finalement qu'une péripétie dans la campagne couronnée de succès du XV de France. 

• L'essai du come-back contre Biarritz en H Cup en 2005 

Si son essai face aux All Blacks est le plus mythique, celui-ci a probablement été le plus émouvant pour Dominici. En 2005, le trois quart aile du Stade Français subit une blessure : avec le XV de France, il se fait faucher d'une "manchette" par un Italien et termine le match hospitalisé. Il manque plusieurs semaines de compétition, dont le quart de finale de son équipe face à Newcastle. "Il a pleuré toutes les larmes de son coeur" avait témoigné David Auradou dans les colonnes du Monde à l'époque. La demi-finale face à Biarritz est donc une revanche pour Dominici, qui la ponctue d'un essai sensationnel.

 

A la neuvième minute du temps additionnel, alors que son équipe se trouvait au bord d'une défaite qui paraissait inéluctable, Dominici se saisit du ballon à l'issue d'une longue phase de possession, et s'envole vers l'en-but, dans une de ses courses dont il avait le secret. "Je me suis retrouvé en position de demi de mêlée", expliquait alors l'ailier parisien. "Une petite faille s'est ouverte, et je m'y suis engouffré. Le reste ? C'est de la magie." Le Stade Français l'emporte in extremis (20-17) et retrouve la finale de la Coupe d'Europe. En grande partie grâce à son revenant Dominici. 

• Le 31 mai 2008, dernier match à Jean Bouin

Qu'on ne s'y trompe pas. Christophe Dominici est autant un mythe du XV de France qu'une figure du Stade Français. Sa carrière en club a été sensationnelle, et a concordé avec l'âge d'or du club de la capitale : entre 1998 et 2008, il a joué 142 matchs en rose, marquant 238 points et remportant cinq titres de champions de France. Cinq titres, sur dix saisons. 

Ce 31 mai 2008, il dit adieu au terrain qu'il a foulé le plus de fois au cours de sa carrière. Le Stade Français affronte Castres à domicile, et il s'agit quoiqu'il arrive du dernier match à domicile des Parisiens. L'ailier a évidemment droit à une standing ovation du public lors de son entrée sur la pelouse. Il parvient même à marquer un essai... finalement refusé à la vidéo. Le Stade Français l'emporte largement (44-15), mais perd ce jour-là l'une des figures de son histoire.