France-Irlande
Les Français ont beaucoup défendu mais Sexton est resté le maître du jeu |

Défaite malheureuse du XV de France devant l'Irlande (15-13)

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Le XV de France s'est incliné sur fil (15-13) sur un drop de Sexton à la dernière seconde lors de son match d'ouverture du Tournoi des Six Nations samedi au Stade de France. Malheureux et valeureux, les Français ont été beaucoup pénalisés, mais dans un rugby minimaliste il n'ont guère proposé un jeu susceptible de renverser le rapport de force face à des Irlandais collectivement dominateurs. Ils ont cru enfin renouer avec la victoire, mais cette défaite in extremis ne va sans doute pas modifier leurs doutes ni leur manque de confiance.

L’amateur de rugby qui, peu avant cette rencontre, avait vu celle opposant des Gallois dévastateurs à des Écossais joueurs, a de quoi rester perplexe quant à la prestation du XV de France.

Comment en être étonné. Cette rencontre a été à l’image de la philosophie énoncée par le nouveau sélectionneur Jacques Brunel : s’appliquer au combat,  travailler le défi physique, assurer les bases défensives, et pour le reste, si l’on parvient se sortir de ce bras de fer, prendre les quelques points qui peuvent se présenter sur des fautes adverses.

Cela pouvait être une stratégie gagnante, surtout pour une équipe de France en quête de renouveau et pour laquelle seule comptait la victoire. Mais pour y parvenir, dans un Stade de France à guichets fermés mais toujours méfiant sur la capacité des Bleus à se régénérer, et sous la pluie, encore eût-il fallu avoir les moyens de se projeter plus souvent que ce ne fut le cas dans les 22 m irlandais.

Bataille de packs

Au lieu de cela, les tricolores ont parfaitement suivi les recommandations sur les fondamentaux défensifs, mais ils ont encore une fois abusé du jeu au ras qui ne leur a que peu permis d’avancer, ils ont laissé beaucoup de ballons en route, beaucoup d'énergie, et surtout ils n’ont jamais su proposer des lancements de jeu capables de surprendre un bloc irlandais qui a également proposé une  défense verrouillée.  Certes les Irlandais ont aussi perdu des ballons, mais jamais dans des situations délicates, et surtout ils ont eu une maîtrise collective particulièrement solide, et n’ont pas eu de difficulté à contrôler le pack face à des Français qui ne progressaient guère sur leurs impacts. Et comme les coéquipiers de Guirado, toujours aussi empruntés dans le rugby de mouvement, étaient incapables de proposer autre chose, ni de faire preuve d’une quelconque intelligence situationnelle, il devenait quasiment impossible pour eux de trouver une ouverture. Ils marquaient deux fois sur pénalités par Machenaud. Pendant ce temps, de l’autre côté, Sexton assurait le score (12-6).

Thomas entretient l'espoir

Il fallait attendre les dix dernières minutes et l’entrée d’une charnière Dupont-Belleau autrement plus inspirés pour qu’enfin,  les Français mettent un peu de fantaisie dans un match peu emballant. Et que l’éclair Teddy Thomas surgisse au milieu de la ligne irlandaise, et mettent les jambes pour aller marquer sous les poteaux (13-12).

Le drop de Sexton 

Et comme si les Français n’étaient pas assez sous pression, après avoir prématurément perdu leur jeune pépite Jalibert dès la 3e minute, c’était au tour d’Antoine Dupont de quitter la pelouse, ce qui désorganisait encore une fois une équipe toujours brouillonne. Belleau ratait la pénalité du break à la 77e minute et mettait encore plus de pression sur un XV de France toujours très fébrile. Les derniers efforts semblaient pouvoir maintenir ce fragile avantage. mais les Irlandais autrement plus roués, remettaient un coup de collier avec plus de quarante séquences consécutives pour revenir dans le camp tricolore, et permettre à l'expérimenté Sexton, qui lui ne tremblait pas, d'ajuster le drop de la gagne. 

Pour apprendre à construire une victoire, garder un score, pour pouvoir respirer et retrouver un peu de confiance, les joueurs du XV de France devront encore attendre.    

Teddy Thomas

Revivez la cruelle défaite du XV de France sur un drop au buzzer de Sexton

Christian Grégoire