Vincent Debaty en compagnie de Pascal Papé et Fulgence Ouedraogo
Vincent Debaty en compagnie de Pascal Papé et Fulgence Ouedraogo | JUAN MABROMATA / AFP

Debaty prend du galon

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Cantonné à un rôle d'impact player, le puissant pilier Vincent Debaty a de grandes chances de débuter comme titulaire le second test-match face à l'Argentine samedi. Auteur d'une rentrée convaincante face à l'Argentine samedi à Cordoba (23-20), le massif pilier est une vraie solution pour le staff tricolore pour le deuxième test.

Avec six sélections sur sept honorées comme remplaçant et seulement quatre matches sur quatorze comme titulaire cette saison en Top 14 avec Clermont, Debaty est plus habitué à apporter sa fraîcheur en cours de match. Un rôle d'impact player assumé et revendiqué par l'intéressé lui-même lors du Tournoi des six nations. Mais son entrée en jeu en seconde période face aux Pumas en lieu et place de Yvan Watremez, blessé, a de quoi faire réfléchir les entraîneurs nationaux. Même s'il n'a pu rattraper l'ailier Manuel Montero sur l'essai décisif en toute fin de match. "Je ne cours pas encore assez vite", sourit le joueur.

"Moi, je prends ce qu'on me donne. Titulaire ou remplaçant, je suis là pour profiter un maximum. J'ai connu ma première sélection en 2006 et j'ai mis six ans pour revenir", rappelle-t-il, prudent. Le joueur a une philosophie positive qui plait au staff tricolore. Conscient de ses qualités (dynamisme, puissance) et de ses défauts (manque de caisse, irrégulier en mêlée), il parvient à donner le meilleur de lui lorsqu'il entre en jeu. Le titulariser samedi lui donnera la possibilité de s'impliquer davantage.

Un profil rare

Souvent fâché avec les noms et prénoms, Saint-André l'appelle parfois "le Belge". Debaty est né à Woluwé-Saint-Lambert, près de Bruxelles. Avec plus de trois ans de présence dans l'Hexagone, il est devenu éligible pour le XV de France. Une aubaine à un poste où la pénurie règne. Le joueur affiche un profil très rare en France. "On a très peu de joueurs et de piliers français qui font un plus qu’1,88 et qui font 123-128 kilos, qui se déplacent, qui sont capable de taper dur. Il a le morphotype du joueur de haut niveau", avait dit Philippe Saint-André au début du Tournoi.

Ce joueur massif a progressé saison après saison. Son arrivée à Clermont sous la houlette de l'exigeant entraîneur Vern Cotter lui a permis de franchir un palier physique et technique. Après une première sélection en 2006, le joueur a du travailler pour adapter ses qualités physiques aux canons du rugby de haut niveau.

Une défaite à évacuer

La défaite (23-20) de Cordoba au terme d'un "match imperdable" est loin d'être digérée pour Debaty. "L'ambiance revient petit à petit, mais on a pris un gros coup sur la tête", explique le pilier à Buenos Aires. "On leur a donné tous les points. On domine en mêlée, en touche, sur les impacts. Mais on fait des mauvais choix et des fautes inutiles. On voulait jouer, mais le plus important, c'est quand même de gagner. On ne retiendra que ça, que l'équipe de France a perdu. Or on est là pour gagner les matches, pas pour faire du beau jeu et des matches de Barbarians", poursuit le pilier (30 ans). Le ton est donné. Il n'y a plus qu'à le mettre en œuvre dès le coup d'envoi.

Mathieu Baratas