France - Nouvelle-Zélande du Mondial 2007
Thierry Dusautoir était sur le terrain de Cardiff pour l'exploit de 2007, face aux All Blacks de So'oialo | AFP - MARTIN BUREAU

Mondial 2023 : L'édition 2007 en France, un boom populaire

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Seize ans avant l'édition 2023 confiée mercredi à la France, la Coupe du monde 2007, avait été un succès financier et populaire qui a permis au rugby tricolore, par son exposition médiatique, de toucher un large public et ainsi d'attirer de nouveaux licenciés et pratiquants.

Cet objectif, Bernard Lapasset, alors président de la Fédération française de rugby (FFR), l'avait précisément en tête en 1995 lorsque germe en lui l'idée d'une Coupe du monde de rugby organisée pour la première fois par la seule France; elle avait accueilli des matches en 1991. "J'ai commencé à en rêver à l'occasion de la Coupe du monde 1995 en Afrique du Sud. J'occupais la présidence tournante de l'IRB (ancien nom de World Rugby, qui régit le rugby mondial, NDLR) et j'ai eu la chance de rencontrer Nelson Mandela. Un type extraordinaire qui m'a donné une vision de ce que pouvait apporter le sport dans une société en marche", raconte-t-il à l'AFP. "Je me suis alors dit: pourquoi la France ne pourrait pas avoir les mêmes outils pour porter l'image d'un pays qui bouge et ouvre des perspectives via le rugby", ajoute-t-il.

Hausse de la pratique dans les écoles

Huit ans plus tard, lorsque la France est choisie en avril 2003, le rugby commence à toucher un public plus large que les seuls initiés, grâce notamment à la médiatisation accrue du championnat de France. Une deuxième étape dans cette quête d'ouverture sera franchie à partir d'octobre 2005, et le premier match de saison régulière du championnat organisé au Stade de France par le président du Stade Français, Max Guazzini. Quelque 80.000 personnes y assisteront, pour un succès populaire qui se confirmera à l'occasion de plusieurs autres rencontres à Saint-Denis. La Coupe du monde 2007 constitue la troisième lame. Le grand public découvre vraiment Sébastien Chabal qui, quelques mois plus tôt lors de la tournée de juin en Nouvelle-Zélande, a "anesthésié" les All Blacks Ali Williams et Chris Masoe.

Tout juste élu président de la République, Nicolas Sarkozy assiste lui au match d'ouverture perdu face à l'Argentine par la France (12-17). Son sélectionneur, Bernard Laporte, est un personnage et médiatique et s'apprête, à l'issue de la compétition, à devenir le secrétaire d'Etat aux Sports du premier gouvernement de Nicolas Sarkozy, justement. La compétition se referme pour les Bleus sur une nouvelle défaite face aux Pumas, pour la troisième place (10-34), mais elle a été "un succès complet", rappelle Lapasset. 

Cela a permis de renforcer la visibilité du rugby

"On a battu tous les records: d'audiences, d'affluences dans les stades, de recettes". Une performance qui ne sera pas dépassée avant l'édition 2015, en Angleterre. Surtout, outre également les retombées économiques liées au tourisme, la Coupe du monde a entraîné une augmentation du nombre de licenciés: +13,74% fin octobre 2007 par rapport au même mois l'année précédente. "Il y a également eu une hausse significative de la pratique du rugby dans les écoles", explique Lapasset, qui a co-présidé la candidature (victorieuse) de Paris à l'organisation des JO-2024. "Cela a constitué un appel d'air énorme, envoyé un très bon signal, poursuit l'ancien président de la FFR. Cela a permis de renforcer la visibilité du rugby dans la société en général". Ce dont la FFR, dont le nombre de licenciés est en chute (-16.500 en 2016/2017) dans un contexte général d'inquiétudes croissantes liées à la violence de ce sport, a actuellement grand besoin.

AFP