La délégation française pour France 2023
Bernard Laporte (président de la FFR), Claude Atcher (directeur de France 2023), Laura Flessel (ministre des Sports) ainsi que Sébastien Chabal, et les deux enfants de Jonah Lomu, Dhyreille et Brayley, lors du grand oral devant la World Rugby | AFP - Glyn KIRK

Mondial 2023 - La délégation française satisfaite de son oral

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Comme les deux autres candidats (Irlande, Afrique du Sud) à l'organisation de la Coupe du monde 2023, la France a passé son grand oral devant la World Rugby ce matin, à Londres. "On a marqué les esprits", a estimé Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby à la sortie. "C'est une candidature de très bonne qualité", a soutenu Laura Flessel, ministre des Sports qui représentait l'Etat lors de la présentation.

"Ca s'est bien passé, on était déterminé, cela faisait six mois, que nous arpentions le monde pour convaincre les présidents de fédération. C'était important aujourd'hui de montrer notre enthousiasme", a déclaré l'ancien sélectionneur et secrétaire d'Etat à l'issue de la présentation. La ministre des Sports Laura Flessel a pris la parole lors de la présentation de 50 minutes, ainsi que le directeur de France-2023 Claude Atcher, Sébastien Chabal, et les fils de la star Jonah Lomu, décédé en 2015, Dhyrielle (7 ans, né à Marseille) et Brayley (8 ans), venus de Nouvelle-Zélande pour expliquer leur soutien à la France.

Durant la présentation, France-2023 a projeté une vidéo humoristique d'un discours de Laporte dans un vestiaire. Reprenant ses fameuses adresses aux joueurs quand il était sélectionneur, le président de la FFR motivait cette fois des demoiselles en tenue régionale, un Basco-landais à béret, le chef Guy Savoy, une danseuse du Moulin Rouge, un boulanger, des stadiers, Chabal et des enfants. France-2023 n'a en revanche pas diffusé de vidéo de soutien du président de la République Emmanuel Macron, comme initialement annoncé. "Emmanuel Macron n'était pas là, mais je représente l'Etat", a insisté Laura Flessel, qui a diligenté récemment une enquête administrative visant Bernard Laporte, soupçonné de favoritisme.

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"C'est une candidature de très bonne qualité", a-t-elle estimé. "Il y avait beaucoup d'engagement, l'Etat s'est engagé pour l'héritage. (...) La France a prouvé qu'elle pouvait accueillir la Coupe du monde 2023. C'est un événement exceptionnel, vu les souvenirs de 2007."
Durant la présentation, France-2023 a notamment été interrogé sur la sécurité, a expliqué Bernard Laporte. "La ministre en a parlé pour rassurer", a-t-il précisé. "Le risque zéro n'existe nulle part, mais le fait d'avoir les JO-2024 offre des garanties, comme l'Euro-2016 qui s'est bien passé."

Après la France, ce fut au tour de ses deux concurrents de monter au créneau devant le jury de World Rugby.  Si ni le président de la République Emmanuel Macron, ni le Premier ministre Edouard ne s'étaient déplacés côté français, la délégation sud-africaine était elle représentée par le vice-président de la République, Cyril Ramaphosa. Et par le ministre des Sports, Thulas Nxesi, et les capitaines des champions du monde 1995 (François Pienaar) et 2007 (John Smit). Elle aussi a insisté sur les infrastructures sportives et hôtelières déjà existantes, et les recettes apportées (182 M EUR garantis). Ainsi que sur le bénéfice pour l'unité de la "nation arc-en-ciel" et... le faible coût de la boisson préférée des supporteurs: "Là où vous pouvez acheter une bière en France, vous pouvez en acheter trois en Afrique du Sud" a souligné sur le ton de la boutade  le directeur général de la Fédération sud-africaine, Jurie Roux. 

Les Irlandais, de leur côté, avec l'ancienne star Brian O'Driscoll et le Premier ministre de la République d'Irlande, Leo Varadkar en tête, ne garantissent que le ticket d'entrée (136 M EUR). Mais ils ont mis en avant une candidature compacte et favorisant le développement du rugby dans le monde. Notamment via "la diaspora irlandaise", très présente en Amérique du Nord, a souligné Leo Varadkar. Qui a également déclaré que la Première ministre britannique, Theresa May, soutenait l'Irlande dans une lettre adressée à World Rugby.

Ces trois candidatures ont été jugées "très impressionnantes" par le président de la fédération internationale, Bill Beaumont. Qu'en auront pensé les autres jurés ? Les aspects purement économiques mis en lumière par les protagonistes, seront-ils suffisant s, ou la dimension sportive et conviviale, hélas trop souvent oubliée dans le rugby moderne, sera-t-elle aussi prise en compte ? Réponse donc dans un peu plus d'un mois. 

Christian Grégoire

Coupe du Monde de Rugby