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Les Japonais sont la révélation du Mondial 2015 en Angleterre | ADRIAN DENNIS / AFP

Japon, Angleterre, Irlande, Géorgie, un Mondial dépoussiéré au 1er tour

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A l'issue de la phase de poules de la Coupe du monde en Angleterre, l'heure est au premier bilan. Malgré son élimination, le Japon s'est révélé comme une fleur au dessus de la mêlée. En revanche, c'est déjà fini pour l'Angleterre, provoquant la colère et le désespoir de toute une nation. Si les cadors de l'hémisphère sud sont au rendez-vous, la révolte a sonné chez les "petits" de l'ovalie.

  • Instant fraîcheur : Les temps des cerises

Instant fraîcheur : Les temps des cerises

Depuis le 19 septembre dernier, les yeux brillent à l'évocation des Cherry Blossoms. Vainqueurs magnifiques de l'Afrique du Sud 34-32, ils sont tout simplement la fierté du Japon. A l'issue de la phase de poules, le XV japonais s'est fait une solide réputation dans le monde de l'ovalie qui voit même dans son élimination une forme d'injustice. Sorti de la compétition avec trois victoires en quatre matches, c'est du jamais vu en Mondial. Car si le Japon s'est effondré contre l'Ecosse (45-10), le scalp des Samoas (26-5) et des États-Unis (28-18) a confirmé les progrès d'une nation qui ne s'éveille pas au rugby depuis seulement un mois. Sous la houlette d'Eddie Jones et de techniciens reconnus comme le Français Marc Dal Maso, le Japon monte en puissance avec un jeu spectaculaire et structuré. Les foules ont vibré. Il n'a manqué que les bonus pour transformer ce parcours en qualification. Tout est en place pour que dans quatre ans les Blossoms fassent à nouveau les gros titres de leur Coupe du monde.

  • Flop : Le non de la Rose

Flop : Le non de la Rose

Depuis le 26 septembre dernier, les cœurs se serrent à l'évocation de la défaite anglaise contre le pays de Galles 28-25. Longtemps la Rose ressassera le choix du capitaine Chris Robshaw d'aller chercher la victoire via une pénaltouche plutôt que d'assurer un nul sur une pénalité à 3 minutes de la fin du match. Chantres du pragmatisme, les Anglais ont péché par orgueil et gourmandise. A la fin, ils leur manque deux points. Ceux offert aux Gallois. Stuart Lancaster et ses hommes sont désormais en enfer, pilonnés par une presse avide de coupables. Ils n'avaient jamais manqué le rendez-vous des quarts de finale et voilà que ça arrive dans leur Coupe du monde. Le réveil n'a pas eu lieu contre une Australie trop forte. "Nous aurions converti une ou deux pénalités pendant le match contre les Gallois et nous serions en quart de finale, a analysé le sélectionneur Lancaster avant de tirer sa révérence. Il faut garder ça en tête. Contre l'Australie, ça a basculé sur quelques moments clefs. Notre mêlée se fait  pénaliser dans leurs 22 mètres, la décision aurait pu être l'inverse, Michael  Hooper aurait pu recevoir un carton jaune... Tous les matches basculent sur des moments clefs, il faut avoir le contrôle de ces instants." Qu'on se réjouisse ou non de l'élimination des Anglais, cela restera comme un coup dur et une surprise pour cette édition. Et pas que pour la consommation de bière.

  • Tête d'affiche : Un trio de choc

Tête d'affiche : Un trio de choc

Depuis le 11 octobre et la fin de la première phase, on sait précisément qui va gagner la Coupe du monde. En sept éditions, le vainqueur final n'a jamais perdu un seul match de poules. Au stade des quarts de finale, si la série se poursuit, ils ne sont donc plus que trois nations à prétendre soulever la coupe Webb Ellis : l'Australie, l'Irlande et la Nouvelle-Zélande. Pour les deux nations du sud, c'était attendu même si les Wallabies avaient fort à faire dans la poule de la mort où figurait l'Angleterre et le pays de Galles. Sans impressionner, les All Blacks ont rendu une copie parfaite. Sauf coup de Trafalgar, Néo-Zélandais et Australiens sont programmés pour se retrouver en finale. Sauf si l'Irlande qui n'a jamais dépassé les quarts d'un Mondial vient semer la pagaille chez les ténors sudistes. Depuis deux ans, les Verts sont ce qui se fait de mieux dans l'hémisphère nord. Dimanche, les Français s'y sont fracassés 24-9. Leur rugby très organisé et performant est un solide atout. Auront-ils les ressources pour "taper" l'Argentine, discrète mais terriblement dangereuse, et aller au bout de la compétition ? S'ils n'ont peur de personne, les Irlandais pourraient toutefois déchanter en cas de forfait de Paul O'Connell et Jonathan Sexton qui sont sortis sur blessure contre la France. Touché au genou, Peter O'Mahony est lui d'ores et déjà out.

  • Planète rugby : le jardin s'agrandit

Planète rugby : le jardin s'agrandit

Depuis quatre ans, le rugby n'est plus ce sport réservé à quelques nations qui se partagent les honneurs et les titres. Un monde sans espoir si on ne côtoie pas le Four Nations ou le Tournoi des 6 Nations. Le Japon n'est pas la partie émergée de l'iceberg où dérivaient les "petits" de l'ovalie. Certes, des huit quart de finalistes, ils étaient déjà sept en 2011. Mais cette année, plus de scores fleuves ni  de déculottées. Derrière les Japonais, d'autres "petites équipes" ont donné du fil à retordre à la caste des seigneurs. Bravo à la Géorgie, la Namibie, la Roumanie et le Canada qui ont prouvé que le rugby avait peut-être enfin ouvert ses portes à l'universalité. Quelques mois avant les grands débuts du rugby à sept aux JO de Rio, c'est une excellente nouvelle. L'essai namibien face aux All Blacks, inscrit par Deysel, prélude à une défaite honorable, et la superbe résistance des Géorgiens, qui ont défié les mêmes Néo-Zélandais les yeux dans les yeux (défaite 43-10) symbolisent cette émergence. Elu homme du match face aux Blacks, le Géorgien Mamuka Gorgodze s'est lui fait un nom pour la postérité. Petit Poucet du Mondial avec ses amateurs et étudiants, l'Uruguay n'a jamais été ridicule. On aimerait les revoir dans quatre ans.

  • Les qualifiés pour le Mondial 2019

Les qualifiés pour le Mondial 2019

Australie, pays de Galles, Angleterre, Afrique du Sud, Ecosse, Japon (*pays hôte), Nouvelle-Zélande, Argentine, Géorgie, Irlande, France, Italie.

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