EDITO. Vive le Japanese flair !

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Auteur·e : Romain Bonte
Kenki Fukuoka inscrit un essai pour le Japon face à l'Ecosse, lors de la Coupe du monde, le 13 octobre 2019
Kenki Fukuoka inscrit un essai pour le Japon face à l'Ecosse, lors de la Coupe du monde, le 13 octobre 2019 | AFP

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EDITO. Le French flair est mort, vive le Japanese flair ! On avait fini par oublier l'inspiration divine, l'éclair de génie, la lumineuse chistera et le bon vieux cadrage-débordement, autant d'actions qui rendent le rugby si attrayant. On avait fini par s'habituer à voir les All Blacks "hakaiser" leurs adversaires venus de Namibie ou du Canada et remporter les titres. Aujourd'hui, le Japon et ses 108 000 licenciés, s'est invité à la table des mastodontes du rugby mondial, avec panache et pour le plus grand bien de ce sport. Un bon bol d'air dont le rugby a probablement besoin.

Dans ce monde très fermé de l'ovalie, où les titres se jouent depuis 1871 entre une poignée de nations, les Brave Blossoms sont parvenus, patiemment, à glisser le bout de leurs crampons. Et ce n'est pas une simple révolte, mais bien une petite révolution ! Le Japon n'est que la 13e équipe à se présenter en quarts de finale d'une Coupe du monde.

Wild card

Entre sa première édition en 1987 remportée par les All Blacks et la dernière remportée par… ben… les All Blacks, le grand rendez-vous mondial n'a laissé guère de places aux invités surprises. La Nouvelle-Zélande (titrée en 1987, 2011 et 2017), l'Australie (sacrée en 1991 et 1999), l'Afrique du Sud (1995 et 2007), l'Angleterre (2003), et la France (finaliste en 1987, 1999 et 2011) n'ont permis qu'au pays de Galles (3e en 1987) et à l'Argentine (3e en 2007) de se hisser sur le podium mondial. Seules la France, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont participé à tous les quarts de finale.

Autrefois limité aux pays "traditionnels", le sport à l'étrange ballon se jouait à la main et à l'instinct. A ce petit jeu, les Frenchies tiraient leur épingle du jeu grâce à leur "flair", mélange de pure génie, de jeu imprévisible et il faut bien le dire aussi, de chance insolente.
Mais depuis que la mondialisation s'est convertie en monétisation, le jeu ne rime plus avec neurone, mais testostérone. Aujourd'hui, si tu n'as pas eu trois commotions cérébrales, tu n'es plus un vrai rugbyman. Les "traditionnelles" nations de l'ovalie ont su s'adapter à un jeu qui ressemble désormais plus à celui des auto-tamponneuses qu'à un sport d'évitement.

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Retour à l'essence du jeu

Le Japon a fait autrement. Il reste encore trois semaines de compétition, mais cette 9e édition de la Coupe du monde de rugby a d'ores et déjà marqué les esprits par la performance des Brave Blossoms. Au-delà de cette qualification en quarts de finale, au-delà de ces succès inattendus sur l'Irlande et l'Ecosse, les Nippons ont rappelé à tous ce qu'était à la base, l'essence même du rugby : un sport d'évitement, souvent esthétique, et praticable par des hommes qui ne ressemblent pas forcément à des golgoths dépassant allègrement le quintal.

Parce qu'ils ont su se faire une place dans le gotha, mais aussi parce qu'ils ont redonné du style à un sport qui commence vraiment à en manquer, les Japonais méritent leur place dans le gratin du rugby mondial. Arigato !

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