Angleterre - Afrique du Sud
L'Angleterre et l'Afrique du Sud s'affrontent en finale de la Coupe du monde de rugby, samedi. | Glyn KIRK / AFP

Coupe du monde 2019 : entre l'Angleterre et l'Afrique du Sud, une opposition de styles

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Ce samedi, la Coupe du monde de rugby livre son verdict. Qui de l'Angleterre ou de l'Afrique du Sud triomphera à Yokohama ? Si le XV de la Rose s'avance en favori, les Springboks pourraient faire déjouer les paris. D'autant que ce sont deux styles de jeu opposés qui vont s'affronter. Le rendez-vous ultime de la Grand-Messe de l'ovalie et des "rugbys".

C’est le rendez-vous du rugby, ou plutôt des "rugbys". Car cette finale de la Coupe du monde sera une véritable opposition de styles : celui des puristes contre celui des pragmatiques. Si l’Afrique du Sud est pourtant la deuxième meilleure attaque de la compétition (230 pts, dont 172 contre la Namibie, l’Italie et le Canada…), le jeu déployé par les Springboks n’a pas été le plus emballant, notamment en phase finale. A contrario, l’Angleterre a séduit. Son jeu tourné vers l’offensif et sa précision tactique en quart et en demie, ont conquis le public.

Un "bras de fer" redouté

Le frontal contre la continuité, la puissance des avants face à la vivacité des trois-quarts… Le match entre les deux meilleures défenses de la compétition s’annonce palpitant. Mais Johnny Wilkinson prévient : les champions du monde 2003 ne devront pas renier leur philosophie face à un rugby plus restrictif que le leur. "Vous ne voulez pas vous lancer dans un bras de fer avec ces gars", a commenté celui qui a offert le sacre mondial à son pays, d’un drop historique. Face à "une équipe vraiment étouffante", l’ancien demi d’ouverture craint que le XV de la Rose se fasse endormir : "Il est très difficile, lorsque vous êtes piégés dans un jeu serré, de varier et de commencer à ouvrir le jeu."

Collisions en prévision

Pourtant, il serait faux de dire que les Anglais n’axent leur rugby que sur la vitesse. Le stade de Yokohama pourrait être le théâtre de violentes collisions, entre les 2e lignes Maro Itoje et Eben Etzebeth, les 3e lignes Billy Vunipola et Duane Vermeleun ou encore les centres Manu Tuilagi et Damien De Allende. Mais la propension anglaise à rapidement transformer le jeu et imprégner du rythme contraste avec la faculté sud-africaine d’appliquer un rugby minimaliste, fait de jeu à (pratiquement) zéro passe, de mauls dévastateurs et d’une conquête méthodique.

La seule illumination des Springboks peut venir de Cheslin Kolbe. Blessé en quart contre le Japon et absent en demi contre le pays de Galles, l’ailier est le véritable détonateur des champions du monde 1995 et 2007. Quand le XV de la Rose compte dans ses rangs des Owen Farrell, Johnny May, Anthony Watson et autres Elliot Daly pour débloquer la situation. Reste à savoir si le rugby de mouvement ou de collision triomphera. Il sera forcément accompagné d’une dose de pragmatisme. Le tout, avec l’espoir d’un rythme plus enthousiasmant qu’en 2007…

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Maxime Gil gil_maxime_34