L'Uruguayen Manuel Diana toute rage dehors avec son coéquipier Ignacio Dotti, toute rage dehors contre les Fidji
L'Uruguayen Manuel Diana toute rage dehors avec son coéquipier Ignacio Dotti, toute rage dehors contre les Fidji | AFP - CHARLY TRIBALLEAU

Coupe du monde 2019: L'exploit historique de l'Uruguay, tombeur des Fidji

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Quatre petits jours après avoir bousculé pendant près d'une heure l'Australie, les Fidji ont été incapables de poursuivre sur leur lancée, s'inclinant face à l'Uruguay (30-27) mais arrachant un double bonus: offensif et défensif. Pour leur 4e participation, c'est la première fois que les Sud-Américains battent une nation importante du rugby mondial dans une Coupe du monde. Le premier exploit de cette édition 2019. Les Fidjiens, 9e nation mondiale mais en panne de jeu au pied (17% de réussites dans les tentatives), se retrouvent très loin des places qualificatives pour les quarts de finale dans cette poule D dominée par le pays de Galles et l'Australie.

C'est la première surprise de cette Coupe du monde 2019. Quatre jours entre deux matches, c'est trop peu pour une équipe comme les Fidji. Après avoir promené les Australiens durant près d'une heure lors de leur entrée en lice samedi dernier, l'équipe du Pacifique n'a pas su imposer un réalisme et une rigueur à même de la mener à la victoire contre l'Uruguay. Alors qu'elle pouvait jouer les trouble-fête dans cette poule D où les Wallabies et  les Gallois avaient un statut de favori, elle se retrouve loin du compte, même si le point de bonus défensif arraché à la dernière minute, en plus du bonus offensif décroché depuis la 66e minute et l'essai de Nikola Matawalu, lui offre ses premiers points au classement.

Quarts de finaliste en 1987 et 2007, les Fidjiens sont tombés sur un collectif accrocheur, bien organisé en défense, et survolté. Car les Uruguayens ne participaient qu'à leur 4e Coupe du monde. Et si ce succès n'est pas le premier de leur histoire, c'est le premier face à une équipe majeure du rugby mondial. Après avoir vaincu l'Espagne en 1999, la Géorgie en 2003, ces deux nations "de seconde zone" n'avaient rien à voir avec le pedigree et la culture rugby des Fidjiens. D'ailleurs, il y a quatre ans, les deux équipes s'étaient déjà croisées dans le Mondial 2015 en Angleterre, et les Sud-Américains s'étaient largement inclinés (47-15). A l'instar d'un rugby argentin en plein développement avec son intégration dans le Super Rugby après avoir été invité au Tri-Nations depuis 2012 (devenu Rugby Championship), la formation  d'Esteban Meneses, avec des qualités proches de celles des Pumas, a montré un visage attrayant.

 

21 points en 12 minutes pour l'Uruguay

Pourtant, rien n'avait bien démarré. Un essai inscrit par Dolokoto dès la 7e minute, un autre par Mawi à la 18e, l'Uruguay était déjà mené (12-7) après moins de vingt minutes de jeu. Heureusement, le demi de mêlée Santiago Arata était allé en terre promise à la 13e minute, en profitant d'une perte de ballon fidjienne. L'imprécision et le manque de réalisme ont été les deux maux fidjiens dans cette rencontre. Et Los Teros (l'oiseau symbole de la fédération) en ont grandement profité, comme sur cette pénaltouche obtenue sur la remise en jeu du deuxième essai fidjien, où les avants bleus ont inscrit un nouvel essai (21e). Et le troisième suivait de près avec une nouvelle perte de balle et un essai de Juan Manuel Cat (25e, 21-12). En douze minutes, l'Uruguay avait inscrit ses 21 points. Un terrible coup sur les têtes adverses, d'autant plus que le jeu au pied fidjien a été totalement déficient (seulement 17% de réussite dans les tentatives). Au total, les Fidji ont laissé onze points au pied sur le chemin. Un vrai suicide à ce niveau.

Et même si Ratuniyarawa (47e) et Matawalu (66e et 81e) ont inscrit les essais qui ont offert le bonus offensif, en plus du bonus défensif dans le temps additionnel, le résultat est là pour les Fidjiens: une deuxième défaite, et des espoirs de quarts de finale qui s'envolent. A l'opposé, l'Uruguay n'a pas raté son entrée en lice, et elle a désormais 7 jours pour préparer son prochain match, contre l'Australie. Les Wallabies seront prévenus. Cela valait bien un petit salut, et surtout une énorme émotion chez le capitaine uruguayen, le 3e ligne Juan Manuel Gaminara, à l'issue de cette victoire historique.