Coupe du monde 2019: Le XV de France encore aux deux visages contre l'Argentine

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Damian Penaud à la lutte sur un ballon aérien avec notamment Nicolas Sanchez, l'ouvreur argentin
Damian Penaud à la lutte sur un ballon aérien avec notamment Nicolas Sanchez, l'ouvreur argentin | AFP - CHARLY TRIBALLEAU

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Après une impressionnante 1re période conclue sur le score de (20-3) dans son premier match de la Coupe du monde 2019 contre l'Argentine, l'équipe de France a encore souffert de mille maux dans la 2e. Comme trop souvent ces dernières saisons. Mais contrairement à ses mauvaises habitudes, la victoire était cette fois au bout de ce combat.

"On ne doit jamais se faire peur comme ça." Ses mots du capitaine Guilhem Guirado, au micro de TF1, quelques minutes après la fin du match sont symptomatiques de cette équipe de France, depuis plusieurs saisons. Le talonneur ou son sélectionneur ont souvent fait le même constat. Cette victoire arrachée dans les ultimes minutes de la rencontre contre l'Argentine a encore fait trembler le banc tricolore, alors que le collectif se dirigeait vers une victoire qu'on pouvait penser aisée à l'issue des quarante premières minutes. Comme lors de son premier match du Tournoi des 6 Nations 2019 contre le pays de Galles, où elle menait (16-0) à la pause avant de s'incliner (24-19), la France a eu la main sur le match, avant de perdre la maîtrise, le jeu et le ballon. Le symbole de cette dislocation du jeu tricolore se voit dans la performance individuelle de certains joueurs. Brillants d'abord, plus quelconques ensuite. 

Damian Penaud, décisif par ses percées lors de l'essai de Gaël Fickou (18e), comme sur celui d'Antoine Dupont (21e) alors qu'il avait déjà trouvé des brèches en début de rencontre sans aller au bout, a parcouru presque la quasi-totalité de ses 67m gagnés ballon à la main en première période. Sept défenseurs battus, 8 courses ballon en main, des interventions tranchantes, l'ailier clermontois a allumé plusieurs mèches durant les 40 premières minutes, avant de s'éteindre comme tous les Bleus en deuxième, puis céder sa place en toute fin de rencontre (68e) après avoir chuté sur le dos à la réception d'une chandelle et d'un duel avec l'arrière argentin Boffelli. Une fin de partie en queue de poisson, à l'image de celle de l'équipe de France.

 

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Ntamack au presque parfait

Autre joueur brillant en première période mais plus discret en deuxième: Romain Ntamack. Il était sous pression, avec cette titularisation au poste d'ouvreur, avec le rôle de buteur en plus, pour sa première Coupe du monde à seulement 20 ans. Si son premier coup de pied a malencontreusement trouvé la touche (1re), la suite a été beaucoup plus convaincante, avec notamment un 100% au pied en 1re période, de bons lancements de jeu pour sa ligne de trois-quarts (14 passes dans toute la rencontre). Il a aussi été important lorsqu'il était à la récupération d'une chandelle argentine, en position d'arrière, dans l'action qui allait mener au deuxième essai tricolore (21e), ou lorsqu'il a arrêté le talonneur argentin qui allait à l'essai dans un gros temps fort sud-américain à la demi-heure de jeu. En défense avec 9 plaquages et aucun raté, il est le 3e meilleur plaqueur de la France. En revanche, en 2e période, sans ballon, il a essentiellement défendu. Mais il restera ce seul petit accroc, cette pénalité ratée à la 76e minute, qui aurait pu donner six points d'avance aux Bleus et leur ménager une fin de rencontre plus apaisée. Le seul échec de la rencontre du Toulousain, qui a vu son rival pour le poste, Camille Lopez, délivrer les siens d'un inespéré drop.

Comme trop souvent ces dernières saisons, les pertes de balle (5 en 1re période, 12 en 2e), le manque de contrôle durant 80 minutes, de discipline (13 pénalités concédées contre 5 aux Pumas), sans oublier les deux touches perdues sur leur propre lancement (sur 6 touches) alors que les Argentins ont fait un carton plein (13/13) sont autant de points négatifs, autant de handicaps que la France traîne désormais depuis longtemps. Le nouveau staff élargi pour cette Coupe du monde n'a pas tout réglé. Sauf que cette fois, la victoire est au bout du combat.