Coupe du monde 2019: L'Australie se fait peur mais fait craquer les Fidji

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
L'Australien Scott Sio au contact de la défense rugueuse des Fidji
L'Australien Scott Sio au contact de la défense rugueuse des Fidji | AFP - William West

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Dans le premier match d'une journée en or, les Fidji ont touché du doigt un énorme exploit contre l'Australie, avant de s'incliner (39-21) dans le groupe D de la Coupe du monde. Sans victoire face à cette équipe depuis 1954, les Fidjiens ont mené jusqu'à (21-12) au début de la 2e période, avant de craquer sous la pression intense des Wallabies, bousculés pendant 35 minutes mais revenus à leurs fondamentaux de la conservation et des temps de jeu. Les Australiens s'emparent du bonus offensif avec six essais inscrits, dont un doublé du talonneur Latu.

Les favoris sont prévenus: ce statut ne garantit rien dans cette Coupe du monde. Après la petite frayeur en début de match des Japonais contre les Russes vendredi, les Australiens ont été mis au supplice par les Fidji pendant une bonne partie du match. Il y a quatre ans, lors de la Coupe du monde 2015, ces deux équipes étaient déjà dans la même poule, et les Wallabies s'étaient imposés (28-13). Cette fois, ils ont été bousculés, dominés, pendant près d'une mi-temps. Mais leur expérience, leur puissance, leur patience, ont fini par faire la différence.

Pendant plus de 35 minutes, les Fidjiens ont délivré une prestation de tout premier plan. De l'engagement physique, comme toujours, des initiatives offensives, comme souvent, et très peu de fautes, ce qui est plus rare. En imposant une pression défensive impressionnante, ils ont au contraire poussé leurs adversaires à se mettre sur le reculoir, et à accumuler les erreurs. Après avoir ouvert le score d'une pénalité (4e, 3-0), les coéquipiers de Tuisova récupéraient le ballon sur le renvoi, et remontaient le terrain sur 60m, au prix d'une action d'école conclue par le 3e ligne de clermont Yato, qui était intervenu en début d'action (7e, 8-0). L'Australie finissait par réagir par sa mêlée, en force, qui permettait au 3e ligne Hooper d'aller à l'essai (18e, 8-7). Cela ne refroidissait pas l'ardeur des Fidji, qui maintenait le cap et la pression pour faire fructifier les fautes adverses (22e et 30e, 14-7) avant que les Wallabies ne trouvent enfin la bonne carburation. De la patience, des temps de jeu, la recette est connue. Elle aboutissait en bout de ligne à un décalage pour l'ailier Hodge en bout de ligne pour le deuxième essai (14-12, 35e). 

A 14, fatigués, pénalisés, les Fidjiens craquent en 2e période

Au retour des vestiaires, les hommes de Michael Cheika étaient encore cueillis à froid par un contre fidjien, avec un ballon perdu et récupéré par le joueur du Stade Français Nayacalevu qui s'en allait dans un sprint pour aplatir l'essai (43e, 21-12). C'était le dernier grand moment fidjien dans ce match. Car la suite était, comme souvent face à l'Australie, une lente agonie. Plus maîtres de leur jeu, les Australiens imposaient les temps de jeu, et profitaient de la fatigue adverse pour avoir de plus en plus de pénalités. Une de Hodge (50e, 21-15), puis une épreuve de force près de la ligne pour un essai collectif après un ballon porté (56e, 21-20), prémices d'un autre essai en copier-coller (61e, 25-21) pour un doublé du talonneur Latu, avant que Kerevi ne vienne enfoncer le clou (68e, 32-21) alors que les Fidji était réduits à 14 après le carton jaune reçu par le Rochelais Botia, pour fautes accumulées.

L'ailier Koroibete profitait d'un petit couloir pour aller planter un nouvel essai (72e, 39-21), et offrir à la victoire australienne une largesse qui fait un peu oublier à quel point l'équipe a souffert face aux Fidjiens. Les Gallois, candidats à la qualification dans ce groupe, sont prévenus.