Louis Picamoles à l'entraînement avec ses coéquipiers Emerick Setiano et Cyril Baille
Louis Picamoles à l'entraînement avec ses coéquipiers Emerick Setiano et Cyril Baille | AFP - FRANCK FIFE

Coupe du monde 2019: France-USA, un match pour les coiffeurs bleus

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Pour aborder le premier (contre les Etats-Unis) des deux matches disputés en quatre jours, l'encadrement de l'équipe de France a procédé à 12 changements par rapport aux vainqueurs de l'Argentine. Une rotation large pour relancer tout le monde avant d'affronter dimanche les Tonga, afin d'arriver face à l'Angleterre avec la qualification déjà en poche. Mais les places dans l'équipe-type sont déjà acquises... à moins d'énormes performances.

"On a essayé d'équilibrer sur les deux parties, de faire jouer tout le monde." C'est ainsi que Jacques Brunel a justifié, lundi, sa vague de changements pour le match contre les Etats-Unis. Donner du temps de jeu, du rythme à tout le monde, c'est une façon plus civilisée de récompenser des joueurs qui n'ont pas, aux yeux du staff, leur place de titulaire pour un match majeur. Douze jours entre deux matches, ce n'est probablement pas assez pour passer d'un strapontin à un bon siège confortable.

On les appelle parfois les coiffeurs. Pour cette Coupe du monde, ce serait plutôt "la bande à Loulou", comme ils se sont surnommés et que le raconte Louis Picamoles, le "leader", pour décrire un "petit groupe de joueurs qui passe beaucoup de moments ensemble, un mélange d'anciens et jeunes qui ne se prend pas la tête, essaie de profiter à fond, d'avoir la 'banane' et de véhiculer ça au maximum au groupe". Autour de lui, Maxime Machenaud et Camille Lopez, deux autres trentenaires, entourés de plus jeunes. Mais dans une compétition où les organismes sont mis à rude épreuve, leur rôle n'en demeure pas moins majeur. D'abord parce qu'une blessure arrive vite, comme ont pu le constater les Doumayrou, Fofana et Bamba, tous trois forfaits au cours de la préparation. Ensuite, parce que gagner les deux prochains matches avec le bonus offensif offrirait à la France la qualification, si l'Argentine s'incline contre l'Angleterre samedi, avant même de défier le XV de la Rose. Enfin, parce que ce sont des compétiteurs, et que l'espoir existe toujours de se faire un trou. Mais ce ne sera pas simple.

Ainsi, le talonneur Camille Chat sait que la place de titulaire restera entre les mains du capitaine Guilhem Guirado, quelque soient ses performances. En deuxième ligne, Bernard Le Roux a conscience que si le staff français a maintenu Paul Gabrillagues dans le groupe des 31malgré sa suspension suite au premier match de préparation contre l'Ecosse qui l'a placé en tribunes jusqu'à aujourd'hui, ce n'est pas pour le placer sur le banc. En plus les blessures sont venues perturber le jeu de la concurrence. Avec les trois forfaits (Doumayrou, Fofana, Bamba), l'équipe de France a fait appel à deux joueurs au Japon, dont un novice (Pierre-Louis Barassi) et un joueur qui ne faisait pas partie des 37 et n'a donc pas suivi la préparation (Gomes Sa). Difficile d'imaginer ces deux entrants, en pleine découverte du nouveau jeu "à la française", s'emparer d'une place de titulaire respectivement au centre et en 1re ligne. 

Dupont ou Penaud, indiscutables

De l'autre côté, certains sont dispensés de feuille de match, pour mieux se reposer après avoir débuté contre l'Argentine. Ils sont cinq. Si Damian Penaud a été touché contre les Pumas, c'est le seul parmi les titulaires qu'étaient Charles Ollivon, Wenceslas LauretVirimi Vakatawa et Antoine Dupont, en tribune à FukuokaLes faire souffler rappelle sans nul doute qu'ils ont un statut à part. Charles Ollivon est passé d'un statut de réserviste chez les 37 à celui de titulaire indiscutable après deux années de blessures et de galères. Antoine Dupont est également détenteur du N.9 sans contestation possible, tout comme Penaud sur l'aile, alors que le profil de gratteur de Wenceslas Lauret est unique. Quant à Virimi Vakatawa, arrivé en cours de préparation pour remplacer le forfait de Doumayrou, ses qualités physiques et techniques en font un joueur à part et il a beaucoup impressionné, tant durant la préparation que lors du match contre les Sud-Américains.

A ceux-là, il faut ajouter toute la 1re ligne titulaire face aux Pumas (Poirot, Guirado, Slimani), alignée sur le banc contre les USA par manque de remplaçants (Gomes Sa est arrivé lundi au Japon pour remplacer Demba Bamba forfait), de Grégory Aldritt, qui a détrôné Louis Picamoles au poste de N.8 et a envoyé les autres prétendants (comme Ollivon) sur le côté de la mêlée, de Sébastien Vahaamahina, inamovible force de percussion en 2e ligne, de Gaël Fickou, seul trois-quarts capable de jouer au poste de 1er centre depuis le forfait de Wesley Fofana, et de Yoann Huget, rarement remplaçant lorsqu'il est apte à jouer. Au total, ils sont donc douze à faire partie de l'équipe-type pour différentes raisons. 

 

Lopez, joker en main

Pour le reste, Camille Lopez, auteur du drop victorieux lors du 1er match juste après être entré en jeu, et Thomas Ramos, dont le rôle de buteur (qu'il tiendra contre les USA) peut faire pencher la balance en sa faveur face à l'expérience de Maxime Médard, semblent être les seuls à avoir une carte à jouer. A moins de performances hors norme, ou de blessures, les dés paraissent jetés pour beaucoup. Mais au bout de cette aventure, ils seront tous à la même place: sur le podium, ou à la maison.