Les Parisiens pourraient prendre une option sur la qualification en s'imposant en Belgique ce soir
Les Parisiens pourraient prendre une option sur la qualification en s'imposant en Belgique ce soir | Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Coupe du monde 2019 : En trois faits de jeu, comment la France s'est-elle sabordée ?

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Des points lâchés aux pieds par Romain Ntamack, un premier essai donné aux Gallois et enfin, surtout, un carton rouge aussi évitable que scandaleux écopé par le deuxième ligne tricolore, Sébastien Vahaamahina. Ce sont les trois faits de jeu qui montrent à quel point l'équipe de France de rugby s'est sabordée en quarts de finale de la Coupe du monde.

Alors oui, il s'agit sans aucun doute de la meilleure prestation du XV de France depuis de longues années. Oui, les Bleus ont confirmé les belles promesses aperçues ici et là ces derniers mois ou encore lors du match d'ouverture contre l'Argentine. Oui, ces Bleus-là, très jeunes mine de rien, ont de quoi se montrer confiants pour les quatre ans qui viennent en vue du Mondial dans l'Hexagone. Mais malheureusement, le constat, en restant pragmatique, est là : le XV du Coq est éliminé en quarts. Si la défaite contre le pays de Galles semble cruelle face à la débauche d'énergie incroyable des Bleus, il ne faut pas occulter les erreurs du XV de France qui, à ce niveau-là, coûtent trop chères. Dans un match qu'ils ont pourtant longtemps dominé, les Français ont finalement donné le bâton pour se faire punir, à trois reprises.

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► Ntamack a laissé filer 5 points

On le dit jamais assez : un match de rugby se gagne et se perd sur les coups de pied. Si depuis le début de la Coupe du monde, Romain Ntamack, à seulement 20 ans, avait assuré dans le rôle toujours sous pression du buteur tricolore, il a malheureusement connu un trou d'air. Au pire des moments. Sur deux buts, qui semblaient largement à sa portée, le jeune demi d'ouverture du XV de France a flanché. En plus, la réussite l'a totalement abandonné, la gonfle ayant percuté à deux reprises les perches. Que ce soit sur la première transformation (8e), proche de la ligne des 22m excentrée sur la droite, ou sa la pénalité qui précédait le repos (38e) toujours sa la même ligne mais à gauche du terrain, Ntamack n'était pas loin du tout d'apporter cinq points qui, finalement, auraient pu tout changer. D'ailleurs, Jacques Brunel a tenté de changer la donne à la pause en faisant rentrer Camille Lopez. Lui aussi, très bon depuis le début de la compétition, n'a pas été en réussite sur sa tentative de drop (44e). Comme quoi, quand ça ne veut pas...

► Guirado, le ballon lui a échappé

Comme souvent, le capitaine du XV de France, Guilhem Guirado, a fait preuve d'un courage face à l'effort irréprochable. S'il a laissé sa place à Camille Chat peu après la pause, c'est tout simplement parce que le talonneur tricolore n'avait plus rien dans la carcasse. Bref, dans l'engagement et dans sa volonté d'aller toujours dans le combat, Guirado n'a strictement rien à se reprocher, d'autant plus que la touche française a parfaitement fonctionné ce dimanche matin. Mais malheureusement, sa prestation sera toujours entachée du deuxième fait de jeu qui a fait mal à la sélection française. C'est lui qui, à la 14e minute, offre un turn-over aux Gallois et particulièrement à Aaron Wainwright, parti à pleines cannes en direction de la terre promise. Il n'en fallait pas tant pour un XV du Poireau pourtant dominé dans tous les compartiments de jeu. Un essai offert sur un plateau par les Bleus et qui a donc permis aux hommes de Warren Gatland de toujours y croire.

► Vahaamahina, l'inadmissible bêtise

Le sélectionneur gallois, justement, n'a pas fait preuve d'un chauvinisme à l'extrême. Au contraire, il a su se montrer lucide au moment d'analyser, à chaud, la qualification en demi-finale du Mondial de son pays de Galles : "Je pense que la meilleure équipe a perdu aujourd'hui, mais ce carton rouge a évidemment eu son importance. Ce qui est formidable avec nos garçons, c'est qu'ils n'abandonnent jamais. Nous nous sommes accrochés aujourd'hui et je suis très fier d'eux car d'autres équipes auraient probablement capitulé." S'il en est un qui a bien capitulé, c'est Sébastien Vahaamahina. En tout cas, le deuxième ligne du XV de France a eu tout faux ! Pour rester poli, son coup de coude, en plein cœur d'un maul qui tournait en faveur des siens, dans le visage d'Aaron Wainwright (48e) est une honte, un scandale à un tel niveau. Ce geste, et c'est fort logique, lui a donc valu un un carton rouge. Et c'est finalement toute l'équipe de France qui en payé, très cher, les conséquences. S'il a su faire preuve d'une redoutable intensité dans la conquête, Vahaamahina a littéralement dégoupillé. Un craquage qui, c'est une certitude, le suivra jusqu'à la fin de sa carrière. Car ce dimanche matin, dans cette partie qui donne envie de donner du crédit à l'effort collectif des Bleus, on a le droit de montrer du doigt LE responsable de cette désillusion. Et si ses coéquipiers ont eu l'immense mérite de s'arracher comme des chiens à 14, Vahaamahina les a abandonnés.

Jacque Brunel mécontent contre l'arbitrage