Anthony Watson
Anthony Watson et les Anglais vont défier les All Blacks en demi-finale. | GABRIEL BOUYS / AFP

Coupe du monde 2019 : Du jeu à profusion et une dose de suspense, des quarts de finale exaltants

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Les quarts de finale de cette Coupe du monde ont offert des matchs passionnants pour diverses raisons. De l'impuissance australienne à la fin du parcours japonnais, en passant par la mécanique all black et la détresse française, ce premier week-end de phase finale a été exaltant.

Le double champion du monde en titre, le champion du dernier Rugby Championship, le vainqueur du Grand Chelem 2019 et le récent numéro 1 mondial, accompagnés de trois nations historiques du rugby et du pays hôte. Sur le papier, ces quarts de finale avaient tout d’emballant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas déçu. D’une intensité constante, hormis l’opposition entre le Japon et l’Afrique du Sud dont le rythme était un peu en-deçà des autres rencontres, ces matchs ont montré tout le panel de l’ovalie. Le jeu cousu-main de la Nouvelle-Zélande, le pragmatisme anglais, le réalisme gallois, le panache japonais et, soyons taquins, la fébrilité française.

Le froid réalisme anglais

Ces quarts de finale ont mis en lumière un adage récurent dans le sport, mais qui s’est particulièrement vérifié ce week-end : dominer n’est pas gagner. L’Australie l’a très clairement appris à ses dépens face à l’Angleterre. 64% de possession, 62% de territoire, 21 défenseurs battus, près de 600 mètres parcours contre deux fois moins pour leurs adversaires… et pourtant ! Les Wallabies ont pris une cinglante déculottée : 40-16. Impensable. Mais le pragmatisme du XV de la Rose fait froid dans le dos. Chirurgicaux, les hommes d’Eddie Jones se hissent en toute logique dans le dernier carré.

Des Blacks chirurgicaux

Et en même temps, que de regrets de les voir défier les All Blacks en demie. Car c’était clairement l’affiche rêvée pour la finale. Bien que deux fois tombeur de la fougère lors de leurs trois derniers affrontements, le XV du Trèfle a dû rendre les armes. L’Irlande n’a pu que constater le génie de ces gars venus de l’autre bout du monde pour donner une leçon de rugby à la planète entière (46-14). D’une facilité déconcertante dans le jeu, la Nouvelle-Zélande semble intouchable. A moins que la Rose ne parvienne à la piquer et à enrayer une machine qui emporte tout sur son passage. Electrique on vous dit…

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Hold-up gallois

Dans l’autre partie du tableau, le pays de Galles a profité de l’auto-sabordage du XV de France pour continuer son aventure au Japon (20-19). Incapables de mettre en danger les Bleus, le XV du Poireau s’en est miraculeusement sorti grâce à 10 points donnés par la France et une dernière mêlée dominée en supériorité numérique qui a offert un succès inattendu. Inattendu au vue du contenu proposé dimanche par les joueurs de Warren Gatland, eux qui avaient pourtant montré de plus belles aptitudes en phase de groupe, s’offrant notamment le scalp de l’Australie. Un hold-up fondateur ?

Les Sud-afs empruntés

Il faudra montrer autre chose face à l’Afrique du Sud qui, elle non plus, n’a pas joué son meilleur rugby contre le Japon. Les Springboks ont lutté une bonne heure face à des Nippons accrocheurs mais trop joueurs. La densité physique des Sud-Africains a fait la différence, a contrario d’un Cheslin Kolbe bien moins en évidence qu’à l’accoutumée. Et ce, face à des Japonais héroïques qui n'ont rien lâché malgré leur déficit de puissance. Joueurs à tout va, les Nippons sortent sur une note qui annonce un bel avenir pour la sélection.

Si la première demi-finale s’annonce explosive malgré des Blacks favoris, la deuxième affiche apparaît comme plus ouverte. Et pourtant, les Boks possèdent la meilleure attaque et la deuxième meilleure défense de la compétition. On a hâte…

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Maxime Gil gil_maxime_34