France - Écosse : Matthieu Jalibert a retenu la leçon écossaise mais le plus dur est à venir

Publié le , modifié le

Auteur·e : Quentin Ramelet
Matthieu Jalibert à l'échauffement avec les Bleus
Matthieu Jalibert ici à l'échauffement avec le XV de France. | Andy Buchanan / AFP

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Huit mois plus tard, ce n'est plus vraiment le même. Et si le souvenir est très douloureux pour Matthieu Jalibert, c'est aussi parce que c'était déjà contre l'Ecosse dans une rencontre poussive en tous points, et qui s'est finalement avérée décisive dans le résultat final du Tournoi des 6 Nations. Ce dimanche, le demi d'ouverture de Bordeaux-Bègles, a donc voulu remettre les pendules à l'heure. S'il s'est montré beaucoup plus à son aise dans la victoire tricolore, et que son talent est indéniable, la route est encore longue pour lui permettre de bousculer la hiérarchie.

Alors non, pour Matthieu Jalibert, tout n'a pas été parfait. Loin de là même. Mais le demi d'ouverture tricolore, qui avait la lourde de tâche de faire plus ou moins oublier Romain Ntamack, nous a montré ce dimanche contre l'Ecosse pourquoi Fabien Galthié croyait tant en lui. Pourtant, le gamin bordelais revient de loin. Enfin, une chose est sûre, son match complètement raté, en étant poli, contre cette même sélection il y a huit mois à l'occasion du Tournoi des 6 nations est désormais oublié. Et il est temps de passer à autre chose et de s'affirmer comme une véritable solution de repli en cas d'absence de l'indéboulonnable toulousain. Ce dimanche donc, Matthieu Jalibert a rempli une partie de son contrat en prouvant à son sélectionneur et à tous les observateurs qu'il pourrait bien devenir ce choix numéro deux à l'ouverture tricolore.

Un drop et un flop

Déjà parce que le joueur formé au CA Bordeaux-Bègles (2007-2016) a ce petit quelque chose en plus quand la gonfle lui colle aux mains. Et aux pieds surtout. Matthieu Jalibert s'est en effet rapidement distingué par sa patte droite, gênant le travail d'occupation des Ecossais pendant toute la première période. Ses inspirations (8e, 9e et 12e) ont permis aux Bleus de tenir le territoire et surtout, il a su se mettre dans la position parfaite pour viser la mire sur un drop de 35m très bien exécuté (24e). Un coup de pied fort bien venu à ce moment-là tant les buteurs se répondaient coup pour coup en attendant la faille du rideau défensif adverse. 

Pour autant, et c'est ici tout le paradoxe de sa prestation prometteuse mais frustrante, sa faculté à vouloir user de son pied à tout-va a bien failli lui coûter très cher au XV de France. Une première fois en début de partie, où il n'a tout simplement pas réussi à trouver une pénaltouche (11e) et où le cuir a finalement atterri dans les bras d'un Écossais. Heureusement, une première erreur sans gravité. Mais surtout, c'est en plein cœur d'un temps fort tricolore, à l'heure de jeu, que Matthieu Jalibert était tout proche de la grosse boulette. Alors que les Bleus bloquaient à cinq mètres de l'en-but écossais, l'ouvreur de l'UBB osait un long, mais complètement raté, coup de pied à l'opposé, pensant à tort que les Bleus avaient toujours un avantage de pénalité en cours. Le ballon, là encore, finissait dans les bras d'un adversaire, heureux de cette offrande en plein en-but (58e). 

S'affirmer avant de rivaliser

Cette grossière erreur de concentration et de justesse alors que les Bleus avaient mieux à faire en insistant avec les avants, rappelle tout simplement que le garçon n'est pas encore prêt à venir rivaliser avec Romain Ntamack et ses géniales inspirations. D'autant plus que le compère fidèle d'Antoine Dupont n'a jusqu'ici jamais déçu avec le maillot tricolore sur ses épaules, bien au contraire. Quoiqu'il en soit, cela ne doit pas remettre en cause ses excellentes intentions, et sa détermination à toute épreuve ce dimanche contre l'Ecosse où il a parfaitement appliqué les consignes du coach qui visaient à d'abord gérer l'occupation du terrain, laissant ainsi les clés de l'animation offensive à Dupont.

Il lui faut désormais travailler sur ce qui sera son chantier le plus difficile dans les mois à venir : la régularité. Car en tant que remplaçant, ses quelques minutes grappillées ici et là seront encore scrutées. Et à partir du moment où son influence dans le jeu sera irréprochable, alors là, on pourra affirmer que Matthieu Jalibert a bel et bien retenu la leçon écossaise.

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