Coupe d'automne des nations : Une défense solide, une charnière en rodage... Ce qu'il faut retenir de la victoire française en Ecosse

Publié le , modifié le

Auteur·e : Vincent Daheron
Thomas Ramos
Thomas Ramos échappe au plaquage de Matt Fagerson au stade de Murrayfield, en Ecosse. | PRESS ASSOCIATION IMAGES/MAXPPP

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Avec cette victoire en Ecosse (22-15), le XV de France enchaîne un troisième succès de rang sans compter celui par forfait contre les Fidji (28-0). L'équipe de France a réalisé une vraie partition défensive de haut niveau à Murrayfield pour venger la défaite du tournoi des 6 Nations en mars dernier. Malgré l'indiscipline en première période et une charnière décevante, les Bleus ont assuré l'essentiel. Voici ce qu'il faut retenir de leur victoire.

• Une défense solide mais indisciplinée

Le talent offensif de l'équipe de France est indéniable mais il manquait encore un match référence défensivement sous l'ère Fabien Galthié. Hormis le premier match contre l'Angleterre pendant le tournoi des Six Nations, le XV de France a toujours encaissé 20 points au plus. Ce dimanche, contre l'Ecosse, les Bleus ont montré une solidité défensive à toute épreuve. Pour la première fois depuis le 2 octobre 2019 et une victoire en coupe du Monde contre les Etats-Unis (33-9), la France n'a encaissé aucun essai ce dimanche. Autrement dit, sur les huit dernières rencontres, les Bleus avaient toujours encaissé un essai. Ce match contre l'Ecosse marque donc une réelle progression pour le XV de France qui en avait pris trois ici même en mars dernier.

Le rideau défensif français, bien organisé et solide, a pris le dessus sur son adversaire. Les Ecossais n'ont réussi à franchir la ligne d'avantage seulement trois fois dans le match. Le revers de la médaille, cette solidité s'est accompagnée d'une indiscipline, principalement en première période. Dans le premier acte, le XV de France a été pénalisé à six reprises (neuf au total) dont trois pour le seul Dylan Crétin, titularisé pour la première fois de sa carrière en équipe de France. Cette indiscipline, particulièrement dans les rucks, a permis à l'Ecosse d'inscrire cinq pénalités.

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• Thomas Ramos fiable au pied pour suppléer Romain Ntamack

En l'absence de son buteur attitré, l'équipe de France a pu compter sur un autre Toulousain pour le suppléer. Romain Ntamack blessé, c'est l'arrière Thomas Ramos qui butait pour les Bleus ce dimanche. Il a été presque parfait au pied si l'on excepte une pénalité trop vite exécutée et ratée qui aurait pu mettre son équipe à l'abri (76e) suivie d'un coup-de-pied qui a trouvé directement la touche. Au final, Ramos termine avec un joli 5/6 dans l'exercice.

Avec ses quatre pénalités passées en première période, Thomas Ramos a permis à l'équipe de France de concrétiser au maximum toutes ses incursions dans le camp écossais. Si les Bleus ont commis quelques fautes, le XV du Chardon a en effet concédé deux fois plus de fautes (16), ce qui a permis aux Français de faire le plus souvent la course en tête.

• Une charnière Dupont-Jalibert décevante

Romain Ntamack blessé, c'est Matthieu Jalibert qui le remplaçait à l'ouverture pour épauler Antoine Dupont. Le Bordelais a été sérieux mais quelques ratés viennent tout de même ternir son match. Auteur d'un drop malin (23e) qui permet aux Français de reprendre l'avantage (9-6), il a commis deux erreurs aux conséquences différentes. La première, c'est une touche qu'il ne trouve pas alors que la France avait choisi la pénaltouche (11e). La deuxième, un peu plus dommageable, c'est lorsqu'il a tenté et manqué une transversale au pied alors que son équipe talonnait la ligne d'en-but adverse (58e). Matthieu Jalibert s'est débarrassé du ballon, pensant que l'avantage était toujours en cours. Au final, le ballon a été récupéré facilement par les Ecossais qui n'en demandaient pas tant.

Antoine Dupont a, lui, semblé perdu sans son partenaire des sept derniers matches, Romain Ntamack. Sans son point de repère, sans son grain de folie, il a multiplié les fautes de main avec quatre en-avant, soit la moitié du total de son équipe. Il est tout de même à l'origine du lancement de jeu qui amène à l'essai français puisqu'il sert Gaël Fickou, auteur de l'avant-dernière passe sur la réalisation de Virimi Vakatawa.

• Une domination des avants français

Malgré un turnover important dans le pack de devant avec cinq changements par rapport au dernier match contre l'Irlande (35-27), la France a dominé dans ce secteur. Jean-Baptiste Gros, Camille Chat, Demba Bamba, Romain Taofifenua et Dylan Crétin n'ont pas démérité contrairement à ce que le manque de repère et de rythme pouvaient laisser envisager. Ils ont forcé les Ecossais à la faute dans les rucks (6) mais aussi et surtout en mêlée fermée (trois). Dans ce secteur, les Bleus ont fait vivre un cauchemar au pack local. Ils ont remporté 100% des mêlées avec l'introduction et se sont même permis le luxe d'en gagner une sur introduction adverse. L'entrée de Mohamed Haouas (55e), expulsé ici même en mars, a notamment fait beaucoup de bien en fin de match.

Les avants s'étaient également illustrés en toute fin de première période, à deux doigts d'inscrire un essai au raz avant que Wayne Barnes ne renvoie tout le monde aux vestiaires. En seconde période, rebelote lorsque les avants ont travaillé au sol pour talonner la ligne d'en-but adverse avant que Matthieu Jalibert ne gâche le ballon au pied, pensant que l'avantage était toujours en cours.

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