Coupe d'automne des nations : Angleterre - France : entre frustration et fierté, les réactions des Français

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
L'Anglais Billy Vunipola pris dans l'étau français représenté par Jonathan Danty et Kevin Geraci
L'Anglais Billy Vunipola pris dans l'étau français représenté par Jonathan Danty et Kevin Geraci | AFP - Adrian DENNIS

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Cette équipe de France a tellement peu l'habitude de perdre en cette année 2020, que ce deuxième revers de la saison contre l'Angleterre, même à l'issue de la prolongation et d'une mort subite, a laissé de nombreux regrets. Quitte à en oublier pratiquement leur énorme performance sur une pelouse où la France n'a plus gagné depuis 2007.

"A chaud, de la déception, oui. La frustration serait plus le mot juste. Après, la satisfaction de la semaine, de tout le travail effectué. On a livré un match cohérent vu l'investissement du groupe France depuis lundi. On a réussi à mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles, que ce soit physiquement ou mentalement mais aussi stratégiquement." Fabien Galthié sait aussi bien manier l'analyse technique et tactique d'un match que mettre en place les bonnes options avant une rencontre. Le sélectionneur a donc parfaitement dépeint le bilan de cette défaite cruelle, de ce revers à Twickenham qui aurait pu se transformer, à quelques secondes près, en l'un des plus grands exploits du rugby français de ces dix dernières années. 

"On avait les clés en mains pour gagner"

"A chaud, on sort frustrés de ce match. On avait les clés en mains pour gagner la rencontre", constatait à son tour Baptiste Couilloud, le capitaine d'un jour qui a honoré dans le temple du rugby sa première titularisation en équipe de France. De son côté, l'un des grands bonhommes du match, Brice Dulin, impeccable sur toutes les chandelles et auteur de l'essai tricolore, évoquait "fierté et frustration" après cette rencontre. "Tactiquement, on a bien rivalisé et il y a cette fin de match et cette prolongation qui sont en notre défaveur. Mais c'est beau ce qui a été produit en seulement deux semaines ensemble. Il y a de la satisfaction, de bonnes choses. C'est dommage." Le deuxième ligne Guillaume Ducat voulait également voir le verre à moitié plein : "Rivaliser avec les vice-champions du monde, c'est quand même une grande fierté. Ils ont été déstabilisés parce qu'on a fait un grand match. Au niveau de l'engagement et de l'agressivité, sur ce match-là on était au-dessus".

Mais au-delà de tout, dans les minutes suivant cet affrontement monstrueux, les regrets pointaient leur nez. "Je suis tellement mauvais perdant que je ne vais pas vous dire que cela compte comme une victoire", soufflait Brice Dulin. "Mais je pense qu'il y a des bonnes choses qu'il faut retenir. On n'était pas loin (...) Il y a des choses positives mais quelques petits détails qui nous coûtent cher." Un avis partagé par le sélectionneur sur le terrain, quelques secondes après le coup de sifflet final, au micro de Cécile Grès.

Mais pour cette "équipe ter", bien éloignée de l'équipe-type qui avait fini à la 2e place du dernier Tournoi des 6 nations en ayant gagné à Cardiff et de la formation bis présentée contre l'Italie la semaine passée, qui avait été égratignée par la presse anglaise toute la semaine, le challenge a été plus que relevé. "Ce qui est bien c'est que les joueurs rentrés de manière forcée, par l'accord sur les trois feuilles de match, ont cru en eux et leur capacité à répondre présents", saluait Galthié. "Ils ont su saisir les opportunités. Le rugby de haut niveau, c'est saisir les occasions quand elles se présentent. Je crois que les joueurs étaient dans cet esprit là." Le capitaine Couilloud revenait d'ailleurs sur les critiques d'avant-match : "Ils ont beaucoup parlé dans la presse cette semaine. Nous, on s'est tus. Ce match montre le travail effectué par les joueurs qui ont participé à la préparation. On a vu ce qui s'était dit, libre à eux de dire ce qu'ils veulent. Nous, on a étudié la façon dont on allait les affronter et le match montre qu'on l'a bien préparé, que l'on a répondu présent". 

Depuis le début de son arrivée, le staff de l'équipe de France passe son temps à affirmer que c'est un groupe, et que chacun amène sa pierre à l'édifice, allant même jusqu'à renommer les remplaçants comme des "finisseurs". Avec ces deux derniers matches et une revue d'effectif encore plus large, Fabien Galthié et ses adjoints peut s'attendre à des maux de tête pour les sélections du prochain Tournoi des 6 nations. "Les joueurs qui sont venus ont répondu présents. On est là pour révéler les joueurs", se réjouit-il.

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