Toulon/Stade Français
Toulon-Stade Français | Gérard Julien

Combats de coqs pour une première en Challenge

Publié le , modifié le

Avec Toulon-Stade Français et Biarritz-Brive, les 1/2 finales du Challenge européen accoucheront d'une finale 100% bleue. Ce sera la 5e fois dans l'histoire de cette épreuve. Mais aucun de ces clubs n'a inscrit son nom à ce palmarès. Finalistes respectivement en 2010 et 2011, Varois et Parisiens, qui s'affrontent vendredi, peuvent embellir une fin de saison où ils rêvent encore de titre en Top14. Sauver leur saison sera le but du BO et du CABCL samedi.

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Pendant longtemps, le Challenge européen semblait une chasse gardée des clubs français. Mais cela faisait très longtemps que ce n'était plus le cas. Après les quatre finales 100% tricolores des quatre première éditions, le rugby français a donc attendu sept ans pour être assurée qu'un des leurs soulève le trophée le 18 mai prochain. Entre-temps, seul Clermont, en 2007, était parvenu à sortir victorieux d'une finale.

Toulon-Stade Français et Biarritz-Brive, le trophée est en jeu, mais les deux demi-finales ne revêtent pas la même importance pour chaque club. La première, entre le RCT et le SF peut représenter une cerise sur le gâteau, surtout pour des Varois déjà assurés de disputer la Coupe d'Europe la saison prochaine, et qui ambitionnent de soulever le Brennus. La seconde, entre Biarritz et Brive, peut offrir l'occasion à l'un des deux de sauver sa saison, passée dans les bas-fonds du Top 14 avec la peur de la relégation au ventre. Pour ces quatre clubs, ce sera une première en cas de sacre. Aucun d'eux n'a en effet remporté le Challenge, et seul Brive, vainqueur de la Coupe d'Europe en 1997, a connu la consécration sur la scène européenne.

Toulon-Stade Français en quête d'un sacre

Premiers à entrer sur le terrain, Varois et Parisiens disputeront un match spécial. D'un côté, Bernard Laporte retrouvera pour la deuxième fois son club de coeur, celui qu'il avait commencé à reprendre en début de saison. De l'autre, Rodrigo Roncero, l'emblématique pilier stadiste, qui décompte les matches jusqu'à sa retraite et n'a jamais été sacré en Europe. Sans oublier les retrouvailles de George Smith avec son ancienne équipe dans laquelle est arrivée son ancien coéquipier sous le maillot des Wallabies, Matt Giteau. En février dernier, les deux équipes s'étaient séparées sur un nul (19-19) à Paris. Après avoir concédé un nouveau nul (25-25) la semaine dernière à domicile contre Castres, les Toulonnais sont sous pression, n'ayant pas connu la victoire depuis deux matches.

Toujours pas qualifié pour les barrages du Top 14 et par conséquent pour la prochaine Coupe d'Europe, le Stade Français, à une semaine du derby décisif contre le Racing-Métro, veut aller pour la deuxième année de suite en finale, avec une autre conclusion. "Ce serait très important de gagner un titre avec le Stade Français", assure le pilier argentin Roncero. "Le Challenge européen est de plus en plus compétitif. Il y a aussi l'objectif de la qualification pour la Coupe d'Europe la saison prochaine. Et en plus, on a perdu l'année dernière en finale contre les Harlequins, ce n'était pas très bon". Motivation supplémentaire: gagner le Challenge européen donne un billet pour la Coupe d'Europe la saison suivante. Sans certitude de faire partie des six premiers, le club parisien peut faire une belle affaire. Mais Michael Cheika ne mettra pas toutes ses forces dans la bataille: "On a donné la priorité au championnat", rappelle-t-il, pour justifier le fait de "faire tourner l'équipe cette semaine. Mais attention, faire tourner ne veut pas dire qu'on n'y va pas pour gagner".

Ce premier affrontement oppose deux institutions du rugby français, qui courent après un nouveau titre depuis 2008 pour le RCT (champion de ProD2) et depuis 2007 pour le Stade Français (champion de France), les deux clubs ayant échoué en finale lors des deux dernières éditions.

L'Europe pour sauver la saison

La deuxième demi-finale doit donner un petit coin de ciel bleu en même temps qu'un peu de confiance en plus à deux effectifs qui en ont manqué durant la saison. Très loin de son ambition, le Biarritz Olympique semble en passe de sauver sa tête en Top 14, ce que Brive n'a pas encore assuré. Fidèle à sa tactique depuis le début de la saison, le club corrézien n'alignera pas ses titulaires habituels, ce qui ne l'a pas empêché de sortir Sale ou Llanelli. "On ne galvaudera pas la demi-finale", assure Max Mamers, vice-président responsable du sportif. "Samedi, ce sont les Biarrots qui auront la pression puisqu'ils ont besoin de la qualification européenne. Sur le plan du jeu, en Challenge, on se sent plus libre. Il y a beaucoup moins de pression inhibante qu'en Top 14 où la plupart des équipes jouent pour ne pas perdre." A égalité avec l'actuel relégable bayonnais en championnat, Brive peut encore bénéficier d'une bouffée d'oxygène.

Lancée dans une série de six victoires lors des sept derniers matches (toutes compétitions confondues), l'équipe basque a retrouvé de la confiance, du jeu, de l'entrain. Et comme pour le Stade Français, la Coupe d'Europe, inatteignable par le Top 14, peut passer par un succès en Challenge.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze