Taesa Lavea (Clermont)
Taesa Lavea (Clermont) | AFP - GLYN KIRK

Clermont dans le dernier carré

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Clermont, qui lutte en Top 14 pour s'assurer une place en barrages, s'est qualifié pour les demi-finales du Challenge européen en venant à bout, (23-13), jeudi soir, d'une équipe rochelaise actuellement relégable du Top 14, qui a bataillé jusqu'au bout avec le champion de France. Les hommes de Vern Cotter décrochent leur billet pour les demies où ils seront encore opposés à une équipe française: le vainqueur du match entre le Stade Français et Montpellier.

Tenants du trophée en 1999 et 2007, les Auvergnats profitaient de ce déplacement à Marcel-Deflandre, où ils s'étaient inclinés (14-22) cette saison, pour se roder avant leur déplacement au Stade Français, la semaine prochaine, puis la réception de La Rochelle pour assurer une des six premières places qualificatives. Clermont, qui retrouvait ses deux suspendus, Rougerie, déplacé du centre, où il a joué cette saison, à l'aile, et Canale au centre de la ligne de trois-quarts, lançait les premières banderilles d'un match où les buteurs James (Clermont) et Goosen avaient ouvert la marque.

C'est en plein centre que Rougerie le capitaine clermontois, lancé par James, se jouait de la défense rochelaise pour marquer entre les poteaux (3-10, 13e). De leur côté, les Rochelais, qui avaient laissé au repos de nombreux joueurs-clé (Grobler, Leupolu, Talès et Ferrou), n'avaient pas donné à ce quart de finale une réelle importance mais ils jouaient les rares occasions d'attaque par Djebaïli ou Gaugau. Les deux équipes évoluaient "avec le frein à main", et offraient un spectacle médiocre uniquement ponctué de pénalités. Si James gâchait deux occasions, l'ASM atteignait la pause en tête (13-6).

En seconde période, Clermont appuyait sur l'accélérateur mais échouait dans le dernier geste. La Rochelle en profitait pour égaliser en chipant un ballon près de sa ligne de but. Gaugau lançait, d'une passe acrobatique dans ses 22 m, Goosen qui partait à toutes jambes vers l'en-but et transformait son essai (13-13, 64e). Piqué au vif, l'ASM ne tardait pas à reprendre le score. Murimurivalu concluant en force (20-13, 72e) avant une ultime pénalité de James, pourtant peu en verve.

Réactions

Julien Pierre (deuxième ligne de Clermont): "On va retenir un match dur mais un bon match. La Rochelle a fait un match plein. Pour nous, ça n'a pas été parfait, mais c'est une qualification en demi-finale. On ne s'est pas rendu le match facile, mais quelque part, tant mieux parce que cela va nous aider à nous mettre dans la difficulté. On voulait confirmer ce qu'on a fait la semaine dernière contre Biarritz, c'est chose faite et puis, c'est le premier match gagné à l'extérieur cette saison".

Brock James
(demi d'ouverture de Clermont): "On n'a pas eu beaucoup de temps de préparation de ce match et maintenant on ne regarde que le match qui vient. Aujourd'hui, on a produit un jeu simple, mais on a encore perdu trop de ballons. On est en demi-finale, c'est bien. On était dans un moment fort dans les 22 mètres de La Rochelle et on prend cet essai, heureusement on a réagi aussitôt".

Florian Ninard
(trois-quarts aile de La Rochelle): "Le rythme était très élevé, on était avec une équipe remaniée mais avec beaucoup d'envie. Avec cet état d'esprit, on n'est pas loin de la vérité. L'équipe de Clermont est venue nous concasser et on a subi sur les dix dernières minutes. On est battu sur un essai rageant, en deux temps mais sur le dernier quart d'heure, ils avaient plus de fraîcheur physique".

Serge Milhas (entraîneur de La Rochelle): "Je ne suis pas déçu parce que les joueurs +se sont envoyés+ un maximum. Il nous a manqué un peu de densité, de solidité voire de fraîcheur physique pour pouvoir rivaliser. On subit trop, même si sur la production collective et le jeu on n'a rien à envier au champion de France, ce qui est bien. Je m'étais mis en colère après le match de Perpignan car je savais que les points allaient nous manquer, mais je rends hommage à l'équipe. Elle ne lâche jamais, elle est solidaire jusqu'à la fin. Si les Agenais ou les Bayonnais pensent qu'on va lâcher, je les avertis: ils se trompent".

AFP