Bordeaux-Bègles/Albi
Le Bordelais Wayne Avei entre la défense d'Albi | AFP-Nicolas Tucat

Bordeaux-Bègles retrouve l'élite

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Bordeaux-Bègles a obtenu son ticket pour le Top 14 après sa victoire contre Albi (21-14) en finale d'accession dimanche à Agen. Cinquième de la saison régulière, l'équipe girondine retrouve l''élite du rugby français après huit saisons en ProD2.. C'est la déception pour Albi (3e de la première phase) qui ambitionnait de retrouver le Top 14 un an après l'avoir quitté. Mais les Bordelais sont passés par là.

Invitée surprise de cette finale après sa victoire maîtrisée à Grenoble en demie, l'Union Bordeaux-Bègles, entité créée en 2007 sur les cendres du CABBG et du Stade Bordelais, n'a tremblé que l'espace d'une mi-temps face à des Tarnais, pourtant invaincu en phases finales depuis cinq ans, et quiavaient pour eux l'expérience de ces événements. 

 Les Girondins,  portés lors d'un premier acte crispant par la botte de Fraser (trois pénalités dont deux à plus de 50 m) et une mêlée solide, se sont illustrés après la pause avec deux essais de ses trois-quarts Rey (52) et Lilo (65), au plus fort de leur domination, assommant des Albigeois manquant de souffle et de solution.  Une juste récompense finalement au regard de l'essai valable refusé à Carballo pour un en-avant imaginaire (19) et qui aurait pu déstabiliser les Bordelais.

 Le SCA, qui avait fait la course en tête en début du match grâce à Manca et un essai de Van Der Westhuizen à la conclusion d'une action débridée née d'un drop contré de Sola (11-9, 36), n'a pu, à l'instar des Isérois la semaine dernière, contrer la fougue girondine, une équipe à l'accent anglo-saxon très dynamique et beaucoup plus performante sur la conquête.s'est mis en place, avec envolées et passes après contacts qui ont fait la différence. Revenus à sept points à dix minutes du terme, les hommes de Henry Broncan ont tenté un dernier baroud mais se sont heurtés jusqu'au bout à la défense bordelaise qui n'avait l'intention de faiblir.

C'est la consécration pour l'UBB d'un travail de reconstruction entrepris il y a quatre ans pour rebâtir un projet et donner du souffle à un club construit sur les cendres de deux grosses places fortes du rugby girondin, lesquelles avaient à la fois un public et une histoire, et pour qui il fallait inventer un avenir. C'est chose faite. Bordeaux-Bègles, qui sera l'un des deux promus avec le LOU, va devoir maintenant s'atteler à préparer une saison qui ne s'annonce de tout repos.

Déclarations

 Laurent Armand (co-entraîneur de Bordeaux): "On a eu des consignes de tout le monde tout au long de l'année... On a écouté tout le monde, on les remercie. C'est un aboutissement, on y est arrivé. Petit à petit, la machine s'est enclenchée, avec des hauts, des bas, des progressions dans un secteur, après on faiblissait dans un autre, pour arriver à un match abouti aujourd'hui. On espérait dans un coin de notre tête que l'expérience ne compte pas, on a déjoué les pronostics, surtout les statistiques. Il y a l'expérience individuelle des joueurs qui a compté. En première mi-temps, on avait du mal, on ne gagnait pas nos duels, on n'arrivait pas à mettre de vitesse dans notre jeu. A partir du moment où on a commencé à gagner nos duels, à avancer avec des sorties de balles assez rapides, cela nous a permis de mettre notre jeu en place et de déborder les Albigeois. C'est un grand bonheur de voir tous ces gens se mobiliser pour l'Union. On les remercie. J'espère que ce ne sera pas qu'un feu de paille, l'année prochaine on va avoir besoin de leur soutien" 

Sébastien Pagès (demi de mêlée d'Albi): "Des finales, on en a gagnées, cette fois on la perd. On est tombés sur une bonne équipe de Bordeaux, plus forte que nous. Il n'y a rien à dire. On ne marque pas dans nos temps forts. En première mi-temps, on est dans leur camp face au vent et on seconde, on ne l'utilise pas assez, on se fait contrer et quand on connaît leur dispositif derrière, leur trois-quarts ont des pattes, ils marquent des essais. On est usé physiquement et après quand tu as le score, qu'il reste cinq minutes à jouer, tu es toujours plus fort. On a prouvé que sportivement on tenait la route, on avait de quoi aller plus haut mais ce qui nous bloque aujourd'hui, c'est toujours ce problème financier".