Altrad Laporte portrait
Bernard Laporte, le président de la FFR, avec le président de Montpellier et ténor du bâtiment, Mohed Altrad | FRANCK PENNANT / AFP

Bernard Laporte renonce à son contrat avec Altrad

Publié le , modifié le

Mis en cause pour favoritisme avec le club de Montpellier présidé par Mohed Altrad, Bernard Laporte a décidé d'éteindre l'incendie en renonçant à son contrat d'image avec une société du groupe Altrad. Le président de la Fédération français de rugby souhaite ainsi mettre fin aux "suspicions à l’encontre des instances nationales du rugby" et indique apporter la preuve de son honnêteté dans les prochains jours. La FFR se réserve même le droit de porter l'affaire en justice.

La pression va-t-elle retomber ? Depuis la publication d'un article du JDD le 13 août dernier, l'étau se resserrait autour du président de la FFR Bernard Laporte. Selon le quotidien dominical, l'ancien sélectionneur du XV de France et Ministre des Sports était intervenu pour alléger plusieurs sanctions de la commission d'appel de la Ligue nationale de rugby à l'encontre du club de Montpellier. En première instance, le MHR écope d'une une amende de 70.000 euros et d'une suspension  de stade pour des banderoles hostiles à la LNR déployées lors du match contre le Racing 92, le 22 avril. Le 29 juin, la commission d'appel de la FFR confirme le jugement. Mais le lendemain, les peines à l'encontre du MHR sont réduites après la volte-face d'un des trois membres siégeant ce jour-là, qui modifie son vote. Une forme de bienveillance que le JDD attribue à un coup de pression de Bernard Laporte qui, via sa société BL Communication, a signé au cours de l'hiver un contrat avec le groupe Altrad pour quatre prestations en un an d'un montant de 150.000 euros. Selon un article de ce contrat, publié par le journal, "BL Communication s'interdit toute déclaration ou tout comportement public susceptible de nuire à la réputation (d') Altrad". Lequel est devenu à la même période le premier sponsor à s'afficher sur le maillot des Bleus.

L'affaire n'est pas finie

La démission de Philippe Peyramaure, l'un des trois membres de la commission présents fin juin lors de l'arbitrage en question et qui dit s'être opposé à la réduction des sanctions touchant le Montpellier Hérault Rugby, n'a fait qu'accentuer cette situation explosive. "J'ai été avisé que le président de la Fédération était intervenu pour demander que nous modifiions notre décision dans un sens beaucoup plus favorable à Montpellier", a-t-il écrit dans une lettre publiée par le JDD. C'est ce feu qui se nourrit tous les jours dans la presse que Laporte et la FFR essayent d'éteindre lundi au travers d'un communiqué. Le président fraîchement élu y annonce renoncer au contrat (qui existe donc bel et bien) dans le but "de faire cesser toute forme de suspicion à l'encontre des instances nationales du rugby" et "de préserver les valeurs du groupe Altrad". Laporte se dit "conscient de l'émotion légitime suscitée par la diffusion d'informations véridiques ou parfaitement erronées" depuis la révélation par le JDD, le 13 août, de l'existence de ce contrat. Il entend rétablir la vérité dans les prochains jours en produisant  des "documents contredisant le récit mensonger qui a été fait de la réunion de la commission d'appel (de la fédération) du 30 juin". Pour redorer son blason, Laporte indique également avoir proposé à la ministre des Sports Laura Flessel "la création d'une Haute autorité de lutte pour la transparence et l'équité dans le rugby, composée de personnalités indépendantes et disposant de pouvoirs d'investigation et de sanction élargis". La balle est dans le camp du Ministère des Sports et de la LNR quant à la suite à donner à cette affaire.