All Blacks Haka coupe du monde
Les Blacks célèbrent leur victoire par un Haka | AFP - Franck Fife

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Année de Coupe du monde, 2011 a célébré le triomphe des All Blacks dans leur antre de l'Eden Park face à la France, vingt-quatre ans après leur premier et unique sacre en 1987, déjà dans le même lieu et face au même adversaire (29-9). La joie néo-zélandaise a été à la hauteur de l’apothéose finale exceptionnelle d’intensité et de suspense.

"On voulait montrer qu'on avait retenu les leçons du passé", a souligné le capitaine Richie McCaw qui a appris à savourer un "ugly win" (victoire moche) au sortir d’une finale engagée. L'histoire a bégayé à l'Eden Park d'Auckland. Attendues par quatre millions de Néo-Zélandais depuis l'humiliation de 2007 - une défaite en quart de finale face aux… Français (20-18) -, les troupes du sélectionneur Graham Henry ont puisé dans les échecs passés, lointains (2003 et 2007) et récents, notamment en Australie (25-20) en août, les ressources mentales et tactiques pour retrouver les sommets.

Cette ascension n'a pas été une sinécure. Les Blacks ont vu ressurgir les démons de l'échec lors de la blessure aux ischio-jambiers de leur ouvreur-star Dan Carter, meilleur réalisateur de l'histoire (1.250 points), de l'hécatombe de blessés à l'ouverture (Colin Slade, Aaron Cruden) et des alertes concernant le pied meurtri de leur capitaine Richie McCaw. Pendant tout le dernier mois de "son" Mondial, McCaw ne s'est pratiquement pas entraîné pour se ménager pour les matches.

Mise à part la finale gagnée sans gloire face à sa "bête noire" 8 à 7, la Nouvelle-Zélande a surclassé tous ses adversaires: les Tonga (41-10), le Japon (83-7), la France en match de poule (37-17) et le Canada (79-15), récoltant le bonus offensif à chaque fois, puis l'Argentine en quart de finale (33-10) et le frère ennemi australien en demi-finale (20-6). Une pénalité de leur improbable quatrième ouvreur, Stephen Donald, passé du placard à la gloire en deux semaines, a offert à McCaw le privilège de soulever la coupe Webb Ellis 24 ans après David Kirk.

Après des années de disette (finale en 1995, demi-finales en 1991, 1999, et 2003, quarts de finale en 2007), ce second succès, comme l'Australie (1991 et 1999) et l'Afrique du Sud (1995 et 2007), soulage un pays obnubilé par la victoire et récompense une génération exceptionnelle des McCaw, devenu le 24 septembre le premier All Black à atteindre les 100 sélections, Carter, Nonu, Muliana et Woodcok, une en devenir avec Owen Franks, Whitelock, Read, Cruden, Dagg et la persévérance de l'entraîneur Graham Henry, en poste depuis 2003.

Mathieu Baratas