Rufin RG 2011
Guillaume Rufin à Roland-Garros | AFP - Thomas Coex

Rufin, retour vers le futur

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L’homme est posé. Dans sa bulle, à l’abri des soubresauts d’une porte d’Auteuil aux mille reflets, aux mille dangers. Les rebonds capricieux, Guillaume Rufin commencent à les dompter. Révélé en 2009 sur la terre parisienne après une victoire au 1er tour sur l’Argentin Schwank, le Bourguignon a vu sa progression stoppée nette par une malformation congénitale à la hanche. 2010 fût noire jusqu’à l’opération de la dernière chance en décembre dernier.

Opération réussie, Rufin est prêt pour un nouveau départ, sur les futures et ailleurs.

Les cicatrices ne s’effaceront jamais, la peur de tout perdre commence seulement à disparaître. "J'ai essayé de ne pas y penser, je suis encore jeune, indiquait le 253e joueur à l’ATP lundi. Il y a eu des moments difficiles. Je n'ai pas joué pendant un moment. Depuis l'opération, je me suis beaucoup entraîné. J'ai pris le temps de bien me préparer. On y est allé progressivement. Aujourd'hui, je suis en très bonne santé. Je suis sorti de ça. Mais gagner ici me rappelle les moments difficiles."

Atypique sur le circuit avec un bac Littéraire en poche, Rufin est avant tout un joueur neuf. Pas que du côté de la hanche. Amoureux du jeu, il a longtemps pensé plaisir avant compétition. « On a commencé, il arrivait de Bourgogne, en cadet-junior, il n'avait pratiquement jamais voyagé, il ne connaissait pas trop les tournois, le tennis était jusque-là un loisir pour lui, raconte son coach Emmanuel Planque. Il a fallu tout lui apprendre sur le circuit. Au début, il partait en Australie avec cinq raquettes cordées et il n'en faisait pas corder une de toute la tournée, repartant avec des épuisettes... Chaque minute était de l'apprentissage, mais en même temps il est tellement à l'écoute, tellement intelligent avec une éducation remarquable. Il n'a pas perdu de temps. Il a toujours été déterminé, discipliné, respectueux. »

La résurrection est intervenue en avril, à 11.500 km d’ici. Le temps d’une quinzaine, Guillaume Rufin a écumé les Futures chiliens avec deux succès à la clé sans un set de perdu. Une excellente préparation à Roland-Garros qu’un premier tour perdu à Nice n’a pas contrariée. Impressionnant face à son compatriote Adrian Mannarino au 1er tour à Paris (6-2, 6-3, 6-2), le Bourguignon retrouve des sensations perdues. Même si son entraîneur espère davantage de son poulain, notamment dans l’échange et le partage, la wild card demandée à la FFT a parfaitement joué son rôle d’accélérateur.

Mercredi, veille de ses 21 ans, il croisera le fer avec Gaël Monfils, tête de série N.9. Une belle récompense et une mise en valeur appréciée à sa juste mesure. "J'aurais l'expérience d'il y a deux ans, j'essaierai de ne pas commettre les mêmes erreurs", avance-t-il. "Ce serait une chance de jouer contre lui. J'essaierai de donner le maximum et, s'il y a des points importants, de mieux les jouer que la dernière fois." Qu’importe si une défaite se profile contre « la Monf » au 2e tour, le contrat est lui déjà rempli.