Un toit à Roland-Garros pour 2020 ?

Un toit à Roland-Garros pour 2020 ?

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Cette année plus que d'autres encore, le tournoi de Roland-Garros est perturbé par les averses de pluie. Aujourd'hui encore, les matches ne cessent d'être reportés d'heure en heure. Mais s’il est bien question depuis des années d’un toit sur le court central, il faudra vraisemblablement attendre quatre ans de plus pour que les Internationaux de France disposent enfin d’un toit. Les travaux du toit étant liés au projet d’extension de Roland-Garros, rien ne bouge ou presque.

« On serait pas mal avec un toit sur le Chatrier, non ? », avait ironisé la semaine dernière le Directeur du tournoi, Guy Forget. Mais malgré le sourire de circonstance, l’ancien joueur a du mal à cacher son impatience. « Malheureusement, il va falloir attendre encore un petit peu, avait lâché Forget. Quand on vit deux journées de pluie, on comprend l'importance d'un toit sur un court, c'est une question de respect pour les spectateurs, pour les joueurs aussi. Nous, il faudra attendre jusqu'en 2020 pour avoir le nôtre. »

Déjà cinq jours concernés par la pluie

Depuis le début du tournoi, on dénombre autant de jours perturbés par la pluie que de jours « secs ». Ce lundi pourrait même être la pire journée de la quinzaine, les prévisions météorologiques annonçant aucun répit du côté de la Porte d’Auteuil. Les malheureux spectateurs ayant fait parfois plusieurs centaines de kilomètres (quand ce n’est pas des milliers pour les étrangers) pour assister aux huitièmes de finale risquent bien d’être déçus, voire furieux.

Une finale disputée le lundi ?

En plus des pertes financières dues au remboursement des billets (100% si moins d’une heure de matches joués, 50% entre 1 et 2 heures), les organisateurs se retrouvent face à un véritable casse-tête pour reprogrammer les matches. Leur hantise est, comme ce fut le cas en 2012, de devoir faire jouer la finale du simple messieurs un lundi. Cette année là, Rafael Nadal avait décroché son septième sacre face à Novak Djokovic devant des tribunes remplies de licenciés de la FFT, invités à la dernière minute pour remplir les tribunes.

Alors que les travaux devaient débuter en 2014, on ne voit pas encore d’ouvriers s’affairer autour du Chatrier… D’un montant global estimé à 340 millions d'euros, dont 20 subventionnés par la Ville de Paris, le projet a été repoussé en raison du blocage des travaux concernant l’extension de Roland-Garros.

Roland—Garros, bon dernier

Des multiples recours ont en effet été déposés par les associations de riverains et de défense de l'environnement. Ces recours portent notamment sur l'avenir des serres d'Auteuil, un site classé. En mars dernier, le tribunal administratif de Paris a d’ailleurs ordonné la suspension des travaux d’extension du stade Roland-Garros. La FFT s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'Etat qui doit rendre sa décision en juillet 2016.

L’Open d’Australie est le premier à s'être doté d'un toit, dès 1988. Depuis 2009, Wimbledon a imité le tournoi australien, et l’US Open va lui aussi disposer d'un court couvert cette année. « Le French » va devenir le seul des quatre tournois du Grand Chelem à ne pas disposer d’un toit.

Selon le projet, le Philippe-Chatrier et ses 15 000 places devrait bénéficier d’un toit rétractable déployable en une quinzaine de minutes. Le nouveau toit du court Philippe-Chatrier est conçu pour que le central conserve son identité de court de plein air, baigné de lumière et de soleil. Mais d’ici là, sortez les parapluies !

Romain Bonte