Jo-Wilfried Tsonga
La déception de Jo-Wilfried Tsonga, éliminé en demi-finale de Roland-Garros | MIGUEL MEDINA / AFP

Tsonga échoue (encore) en demi-finale face à Wawrinka (6-3, 6-7, 7-6, 6-4)

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Il y a deux ans, Jo-Wilfried Tsonga avait échoué aux portes de la finale de Roland-Garros. Rebelote cette année : vendredi, sous la chaleur écrasante du court Philippe-Chatrier, le Français a trébuché face à Stan Wawrinka en quatre sets et 3h46 de jeu (6-3, 6-7, 7-6, 6-4). Dimanche, le Suisse disputera ainsi sa deuxième finale d'un Grand Chelem. Pour le clan tricolore, en revanche, la succession de Yannick Noah attendra encore.

Le rêve était immense. XXL, même. Trop grand, trop démesuré pour les épaules de Jo-Wilfried Tsonga. Le Français n’a plus l’excuse de l’inexpérience : il a déjà vécu l’émotion d’une demi-finale à Roland-Garros. Et une fois encore, il s’est pris les pieds dans le tapis ocre. En 2013, l’attente interminable qui avait précédé son entrée sur le Central lui avait fait trébucher sur l’avant-dernière marche. Cette fois, Tsonga a foulé la terre battue dès 13 heures. Pour la même issue, face à Stanislas Wawrinka (6-3, 6-7, 7-6, 6-4). Dimanche, le Suisse goûtera à sa deuxième finale d’un Grand Chelem, dix-huit mois après s’être adjugé celle de l’Open d’Australie, à Melbourne. Tsonga, lui, devra encore patienter avant d’envisager sérieusement de succéder à Yannick Noah sur la terre battue parisienne. La prochaine fois, si prochaine fois il y a, il lui faudra effacer le Henri Leconte 1988 des tablettes. Autrement dit, il lui faudra mieux gérer l’événement.

Cette deuxième demie en trois ans, le Manceau l’a débutée du mauvais pied. Ses coups n’étaient pas assez appuyés. C’est comme s’ils restaient dans sa raquette. Comme s’ils étaient écrasés par la touffeur ambiante. Dans ces conditions, difficile d’exploiter la moindre balle de break. Tsonga en a eu une dès le premier jeu. Puis une autre, pour revenir à 4-3. Toutes vendangées. Wawrinka, lui, n’a pas manqué cette occasion : il s’est emparé du service du Français dès qu’il en a eu l’opportunité. A 3-1. Pour conclure implacablement le premier set en trente-cinq minutes (6-3).

VIDÉO : Le break de Wawrinka

Pendant plus d’une heure, le Central était encore en pleine digestion. Jusqu’à ce cri du cœur, venu de la Tribune René Lacoste, là où un morceau de métal s’était détaché de l’écran géant deux jours plus tôt. Ce cri du cœur, lâché par un spectateur, était adressé à Tsonga. Mais il visait Wawrinka : "Oublie pas qu’il joue en pyjama !"

VIDÉO : « Oublie pas qu’il joue en pyjama »

Cela a déclenché l’hilarité générale. Et cela a surtout eu le don de déstabiliser le Suisse. Comme par enchantement, Tsonga a enfin converti une balle de break. Sa première. Et sa dernière : 1 break sur 17, c’est trop faible quand on brigue une finale d’un Grand Chelem. 

VIDÉO : Le break de Tsonga

Au milieu de la deuxième manche, le Français a pourtant donné l’impression de retrouver sa première balle, jusqu’ici trop mollassonne, trop insignifiante. Cette arme lui a permis de survoler le tie break et de remettre les compteurs à zéro au bout d’1h38 (6-3, 6-7).

VIDÉO : La balle de 3e set

Le troisième set a donné lieu à ce qu’on pressentait : un duel de cogneurs. Il aura duré 1h12, jusqu’au jeu décisif, maîtrisé par Wawrina (7-6 [7-3]).  

Dès la perte de cette troisième manche, on a senti le Central refroidi. Douché, Anesthésié. K.-O.

Tsonga ne s’en est jamais remis. Il a mal négocié le début du quatrième set. Qu'il a cédé 6-4.

Après 3h46 de combat, le Français a fini par rendre les armes. Sur les coups de 17 heures, le soleil brillait encore de mille feux dans le bleu de Roland-Garros. Mais un parfum de fatalité s'est évaporé.

VIDÉO : Les deux derniers points du match