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Michaël Jérémiasz lors de la première édition du tournoi en fauteuil en 2007 | GUILLAUME BAPTISTE / AFP

« Tous en fauteuil », le tennis handisport enfin sous les projecteurs

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Quand les courts annexes sont délaissés par les pontes du circuit pour le Central et le Lenglen, les joueurs en fauteuil prennent notamment place sur la terre battue parisienne. Le tournoi handisport, qui peine à exister médiatiquement face aux gros matches des tournois principaux proposés lors de la deuxième semaine, trouve un écho supplémentaire grâce à un événement qui lui est dédié ce jeudi pour la seconde année consécutive : la journée « Tous en Fauteuil ».

Comme tous les tournois du Grand Chelem, Roland-Garros organise son épreuve handisport lors de la deuxième semaine du tournoi. Bien moins médiatisées que les tournois simples hommes et femmes, ces épreuves sont néanmoins plutôt bien exposées sur le site de Roland-Garros, où les spectateurs peuvent assister très nombreux aux matches. Organisés du 2 au 7 juin, les tournois de tennis en fauteuil offrent également une dotation de 28 000€ aux vainqueurs, en hausse chaque année (25 000€ l’année dernière). Ce qui peut paraître encore une goutte d’eau comparé à ce que la Fédération Française de Tennis offre aux valides (1 800 000€ pour chaque vainqueur des tournois masculin et féminin).

Des médias français encore trop peu impliqués

Malgré la dotation la plus élevée du circuit, Roland-Garros ne comble pas le retard global que subit le tennis en fauteuil. "En France, on a pris dix ans de retard" nous confie Nicolas Peifer, numéro 5 mondial. En effet car Roland-Garros a été le dernier tournoi du Grand Chelem à avoir mis en place un tournoi handisport. Et ce fut compliqué, comme nous le raconte Michaël Jérémiasz, ancien n°1 mondial et l’un des principaux acteurs à l’origine de ce tournoi. "Cela a été un véritable combat avec les dirigeants de l’époque pour que l’on puisse voir des joueurs handis s’affronter ici." Pourtant, cette discipline et le handisport en général attirent de plus en plus de curieux, comme le prouve les spectateurs plutôt nombreux à assister à l’entrée en lice du n°1 français Stéphane Houdet sur le court n°7 mercredi matin. Un engouement que nous a confirmé l’un des membres du service communication de la Fédération Handisport. "Si l’on prend l’exemple de l’Open de Sceaux (équivalent d’un Masters 1000 pour les valides), les gradins sont plutôt bien garnis à chaque édition. Il y a un intérêt réel pour le handisport."

Un véritable attrait qui souffre néanmoins d’une médiatisation encore trop poussive. C’est ce qu’estime Michaël Jérémiasz, pour qui une grande majorité des médias s’intéresse aux joueurs en fauteuil pour chercher avant tout des histoires fortes plutôt que de centrer leurs reportages sur les exploits sportifs. Ce fut notamment le cas dernièrement avec Stéphane Houdet, qui a bénéficié d’une grande couverture médiatique pour son nouveau fauteuil, à la pointe de la technologie. Mais concernant le tournoi en lui-même, le retard se fait clairement ressentir par rapport à d’autres pays. "Nous sommes encore loin de Wimbledon, où la BBC retransmet en direct l’intégralité du tournoi en fauteuil." précise Michaël Jérémiasz.

Une journée dans la lumière

C’est en partie à cause de ce manque de visibilité que s’est construit le projet « Tous en Fauteuil ». A l’origine de cette journée, Michaël Jérémiasz a voulu mettre en avant le sport comme moyen de reconstruction mais surtout avec la volonté de créer une « grande fête populaire. » Ce jeudi, le court n°7 accueillera donc la seconde édition de la journée « Tous en fauteuil », où joueurs handis et joueurs valides, mais aussi personnalités et inconnus, se rencontreront dans le but de promouvoir le tennis en fauteuil. Une journée où le tennis handisport sera mis en lumière et pourra profiter d’un fort relais de la part des médias, que l’ancien n°1 mondial n’espère pas "éphémère."

Mathieu Aellen