Dominic Thiem
Dominic Thiem. | STEPHANE ALLAMAN / DPPI

Roland-Garros : Thiem doit réaliser l'impensable face à Nadal

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Dominic Thiem a rendez-vous ce dimanche avec le défi ultime du tennisman moderne : vaincre Rafael Nadal à Roland-Garros. Loin d’être favori, l’Autrichien est pourtant le seul à avoir fait tomber, deux fois, l’Espagnol depuis treize mois. Mais il n’a jamais réussi à lui prendre trois sets. Il n’aura pourtant pas le choix.

« J’ai un plan ». Dominic Thiem, qui affronte dimanche Rafael Nadal en finale de Roland-Garros, ne compte pas s’avouer vaincu d’avance. « Pour tout le monde, Nadal est devant mais je sais comment jouer contre lui. J’ai mon plan et j’essaierai de l’appliquer. Je n’aurai pas la pression. C’est lui le favori, évidemment », assure le 8e mondial.

Schwartzman a montré la voie

Le 8e mondial a des arguments à faire valoir : il est le seul depuis treize mois à avoir battu Rafael Nadal sur terre. Et deux fois, s’il vous plaît. A Rome en 2017, et cette année à Madrid. En deux sets, Thiem a la méthode : frapper sans relâche, asphyxier Nadal pour qu’il ne puisse pas respirer. Diego Schwartzman lui a montré la voie dans le premier set des quarts de finale. 

Pour Ken Rosewall, lauréat du tournoi en 1953 et 1968, « Thiem doit utiliser au maximum les variations de trajectoire, d’angles. Il doit utiliser l’amortie ou des trajectoires courtes-croisées. Nadal volleye plutôt bien, mais vous avez plus de chance de gagner les points en l’attirant au filet » Ce qui obligerait Thiem à sortir de sa filière, lui qui adore - comme Nadal - dicter l’échange de fond de court avec son gros coup droit.

Trois sets, mission impossible ?

Tout cela est possible. Thiem peut prendre un set, voire deux, au décuple vainqueur de Roland-Garros. Exceptionnel sur terre battue, il est d’ailleurs sans doute le seul à pouvoir le faire aujourd’hui. Mais peut-il en prendre trois ? Il ne l’a jamais fait. En 2017, il s’est fait écraser par le Majorquin en demi-finale (6-3, 6-4, 6-0). 

Cette année, il devra également gérer le stress d’une première finale en Grand Chelem, sur un Court Central forcément dévoué à celui qu’il chérit depuis onze ans. « Si je veux le battre, il faudra que je joue encore mieux qu’à Madrid, analyse l’Autrichien. Il préfère les conditions d'ici que celles de Madrid. En plus, on joue en 5 sets. Ce sera une histoire différente». 

Dans le clan Nadal, on se méfie de l’Autrichien, annoncé comme l’héritier du Taureau de Manacor sur l’ocre. « Il faudra l’empêcher de développer son tennis agressif. Il joue vraiment bien sur terre battue, avec des balles lourdes et beaucoup d’explosivité. », prévient Carlos Moya, l’entraîneur de l’Espagnol. 

En grand professionnel, Rafael Nadal se méfie de l’Autrichien plus que de n’importe qui d’autre. « C’est l’un des meilleurs joueurs au monde sur cette surface. J’ai progressé au fil de la quinzaine mais il me faudra sans doute encore élever mon niveau. C’est un joueur extraordinaire » Méfiance donc ? Avec 85 victoires en 87 matchs Porte d’Auteuil, ils ne sont que deux - Söderling en 2009 et Djokovic en 2015 - à avoir pris trois sets à Nadal. Pas dit que l’Autrichien soit le troisième.