Roland-Garros : Wawrinka gravit l'Olympe face à Tsitsipas

Publié le , modifié le

Auteur·e : Julien Lamotte
Stan Wawrinka
Stan Wawrinka | ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

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Stanislas Wawrinka s'est qualifié pour les quarts de finale au terme d'un match homérique face à Stefanos Tsitsipas (7-6, 5-7, 6-4, 3-6, 8-6). Après 5h09 d'une rare intensité, le Suisse remporte peut-être une victoire à la Pyrrhus puisque c'est son compatriote Roger Federer, tout frais, qui l'attend pour une place en demi-finale.

Présenté comme une bataille de revers à une main, ce match a été bien plus que ça. Une véritable empoignade, un combat de titan livré dans une arène brûlante et versatile, aussi prompte à acclamer un joueur qu'à le huer quelques jeux plus tard. Du haut de ses 34 ans, Wawrinka a fait parler son expérience face à la fougue de Tsitsipas mais cela s'est joué à rien, à l'image de cette balle de match où le passing glissé du Suisse reste dans le court pour quelques millimètres. 

C'était le septième coup gagnant du Suisse en revers, contre aucun pour son adversaire. Au moins dans ce domaine, le vainqueur de Roland-Garros 2015 a prouvé qu'il restait la référence absolue. Pour le reste, Tstispas a fait plus que jeu égal. Le Suisse avait prévenu avant la rencontre : "Sa balle est beaucoup plus lourde qu'on ne le pense". Effectivement, il ne faut pas se fier aux fins segments du 6e joueur mondial, le punch qu'il met dans chaque coup est absolument dévastateur. 

Ode à la violence

Pourtant, surfant sur ces trois jeux décisifs remportés contre Dimitrov au tour précédent, Wawrinka alignait un 4e succès dans cet exercice en remportant le tie-break de la première manche. La seconde était un monument d'émotions et de pure violence. Tsitsipas prend la mesure de son adversaire mais il éprouve les pires difficultés à convertir sa domination au tableau d'affichage. La faute à un Wawrinka qui réalise des miracles pour écarter chaque balle de break... Finalement, après une défense héroïque, il finit par plier l'échine au terme d'une fin de manche étouffante.

Le désormais 28e joueur mondial, qui sait jouer avec le public, se régénère à l'orée du 3e set. Ses frappes sont de nouveau sèches comme des coups de hache et  il repasse en tête face à un Tsitsipas qui montre de plus en plus de signe d'agacement. Mais le récent demi-finaliste de l'Open d'Australie a lui aussi de la ressource. Il s'accroche et égalise à deux manches partout, se souvenant certainement de sa prophétie avant la rencontre : "S'il fait chaud et que la rencontre dure longtemps, je suis plus jeune que Stan et cela devrait m'avantager".

Premier quart depuis 2017

C'est mal connaître la "caisse" du Vaudois. Abrégeant les échanges, "Stanimal" ne lâche pas sa proie, quand bien même le Grec plonge comme un chien fou au filet pour essayer de réaliser le break à 5-5. Sans succès. A 7-6 en la faveur de Wawrinka, ce dernière libère une dernière fois les chevaux pour forcer la décision. Dans une ambiance survoltée, il vient de se qualifier pour les quarts de finale d'un Grand Chelem pour la première fois depuis Roland-Garros 2017. Mais les douze travaux ne sont pas terminés pour autant. Prochain obstacle : Roger Federer. Comme dans le mythe d'Oedipe, il lui faudra tuer le père...