Rafael Nadal à l'entraînement à Roland-Garros
Rafael Nadal à l'entraînement à Roland-Garros | Thomas SAMSON / AFP

Roland-Garros : Tranquille comme Rafael Nadal

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En lice pour une onzième victoire à Roland-Garros, Rafael Nadal se présente avec le statut d’ultra-favori. Sans surprise et sans contestation.

Avec ses 10 coupes des Mousquetaires, Rafael Nadal fait presque partie des murs, même neufs ou fraîchement repeints, de Roland-Garros. En arrivant en salle de presse, Nadal a pris tout son temps pour saluer le personnel. Une bise à la scripte comme si c’était une cousine éloignée qu’on retrouve avec plaisir le temps d’un repas. Et puis il s’est assis, casquette à cornes vissée sur la tête. Déjà dans la reconquête de « son » tournoi. Quinze jours le séparent d’un possible onzième titre. Possible voire très probable. Car Nadal est bien l’unique favori de cette 117e édition. La saison 2018 de terre battue n’a fait que renforcer cette lapalissade. Trois titres à Monte-Carlo, Barcelone et Rome. Avec la Coupe Davis, cela représente dix-neuf victoires pour une seule défaite sur terre battue (face à Thiem à Madrid, ndlr). « J'ai eu un début de saison difficile avec deux blessures au même endroit mais depuis que je suis de retour, j'ai bien joué, confirme-t-il. J'ai joué beaucoup de matches et j’ai eu beaucoup de réussites, de succès. »

Nadal reçu 19/20

Un véritable rouleau-compresseur qui rien ni personne ne peut freiner dans des conditions normales. « Je n'ai perdu aucun set en Coupe Davis, à Monte-Carlo et à Barcelone. En revanche, à Madrid, j'ai perdu des sets et cela a été des moments de pression. Tout le monde sait que c’est le tournoi sur terre battue le plus différent des autres dans la saison, c'est le plus difficile aussi parce qu'il y a l'altitude », a expliqué le N.1 mondial. A Rome, tout est rentré dans l’ordre même si Nadal y a connu quelques passages délicats. « J'ai gagné des matchs importants tout en traversant des situations différentes de ce qui était arrivé avant. Je suis gagné avec un set de retard contre Fognini. Ensuite, j'ai joué un set très difficile contre Novak (Djokovic) en demi-finale. C'est une situation qui vous aide à vous développer, à avoir de la confiance et à jouer dans ces moments difficiles. »

La relève est-elle prête ?

Dominateur depuis plus d’une décennie, Nadal continue de progresser et d’adapter son jeu à ses capacités. Il est plus offensif qu'à ses débuts et joue « plus près de la ligne de fond », souligne Sébastien Grosjean, ancien demi-finaliste de Roland-Garros (2001), de l'Open d'Australie (2001) et de Wimbledon (2003, 2004). « Carlos Moya le pousse à être plus offensif », souligne le Marseillais, pour qui sa défense tout-terrain l'aide à être plus tranchant en attaque. « Cela reste un excellent défenseur. Il bouge toujours aussi bien. Il arrive à contrôler l'échange surtout sur terre battue. Il est très difficile à déborder et a presque moins besoin de courir. » La « nouvelle génération » des Thiem et Zverev aura-t-elle plus de réussite que la précédente ? Nadal ne s’en inquiète guère. « Il y a une nouvelle génération de joueurs très talentueux, qui ont un potentiel considérable et sont susceptibles de devenir de grandes stars du tennis, concède-t-il. On verra si ça se produit d’ici deux mois ou dans les années à venir. » Dans quinze jours, il n’en restera qu’un puisque l’Allemand et l’Autrichien sont dans le bas du tableau avec Del Potro et Djokovic, à l’opposé de Nadal. Le « Taureau » de Manacor peut dormir sur ses deux oreilles.

Xavier Richard @littletwitman