Stefanos Tsitsipas
Ce fut compliqué, mais Tsitsipas poursuit sa route à Roland. | AFP

Roland-Garros : Stefanos Tsitsipas au troisième tour après un difficile succès sur Hugo Dellien

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Il a dû s'employer pour décrocher son billet pour le troisième tour. Stefanos Tsitsipas s'est battu pendant près de trois heures pour écarter le Bolivien Hugo Dellien, 90e joueur mondial. Le Grec s'est imposé en quatre sets (4-6, 6-0, 6-3, 7-5) et retrouvera Filip Krajinovic, tombeur de Roberto Carballes Baena pour une place en deuxième semaine.

"Il parle espagnol, non ? Ah, regarde ! Il est Bolivien". Dans les travées du court Simonne-Mathieu, certains journalistes n'ont jamais entendu parler de l'adversaire de Stefanos Tsitsipas au 2e tour. 90e joueur mondial, Hugo Dellien ne fait pas partie des têtes d'affiche du circuit. Mais celui qui avait arrêté le tennis en décembre 2016 a bien bousculé l'ambitieux prodige grec, lui prenant une manche et en faisant la course en tête dans la quatrième.

Dellien a entretenu la frustration de son adversaire pendant près de trois heures de longs rallyes. Pas avare d'amortis, le Bolivien aura fait beaucoup courir Tsitsipas. Mais cela n'aura pas suffi. Si le numéro 6 mondial reconnaît avoir éprouvé des difficultés, il a pointé du doigt la lenteur du court Simonne-Mathieu en conférence de presse : "Il est beaucoup plus lent que le court Philippe Chatrier. Il est un peu collant. Donc, j'ai eu un petit peu de mal dans mes glissades."

Quoi qu'il en soit, le Grec s'offre un troisième tour à Roland-Garros pour la première fois en trois participations. Un premier pas à franchir pour l'ambitieux joueur de 20 ans, que beaucoup voient se qualifier pour le dernier carré du tournoi. Lui a réaffirmé son ambition de soulever le trophée. Dès cette année ou dans un avenir proche ? Il n'a pas précisé. Il devra d'abord passer l'obstacle Filip Krajinovic au 3e tour.

Le récit du match

Le Grec est bien entré dans son match, prenant le service de son adversaire dès le début, comme pour rappeler l'écart les séparant dans la hiérarchie ATP (80 places). Mais le Bolivien est du genre coriace. Ce break d'entrée a connu difficile confirmation. Tsitsipas a été renvoyé dans les cordes, sa raquette en voyant une sauter dès le deuxième jeu. Le premier changement de côté a sans cesse été repoussé, quinze minutes durant, comme pour punir les retardataires, massés en haut des travées dans l'attente de pouvoir s'asseoir.

Le scénario du premier set semblait tout tracé, mais Dellien s’est offert un débreak pour recoller à 3-3. La suite aurait été impossible à prédire. Blessé à la cheville sur un mauvais appui après un coup droit décroisé, le Bolivien fait appel à au médecin. Alors que la rumeur d’un forfait se fait de plus en plus pesante, il se lève de sa chaise et revient sur le court et s’adjuge le premier set sur le service de Tsitsipas.

Forcément, le Grec n'a plus voulu rien laisser passer, l'air vexé. Il en a profité pour coller un 6-0 à son adversaire. Si le score est sec, cette deuxième manche était beaucoup plus accrochée qu'il n'y paraît. Les jeux de service ont quasiment tous été conclus au terme d'égalités. Dellien propose toujours une belle adversité mais, depuis sa blessure à la cheville, le bras de fer tourne fatalement en faveur de Tsitsipas.

Vainqueur à Estoril, finaliste à Madrid, demi-finaliste à Rome, le joueur de 20 ans est très ambitieux à Roland. Celui qui n’a jamais fait mieux qu’un 2e tour Porte d’Auteuil a posé ses valises dans la peau d’outsider, fort de sa 6e place au classement ATP. Mais avant de rêver d'une belle deuxième semaine, il faut pouvoir concrétiser trois sets contre Dellien. Si la deuxième et la troisième manche tombent dans l'escarcelle du Grec (6-0, 6-3), la troisième sonne le sursaut du Bolivien. En vain, puisqu'il s'incline 7-5 alors qu'il avait un break d'avance.