Angelique Kerber
Angelique Kerber | Lionel BONAVENTURE / AFP

Roland-Garros: sans Sharapova ni Serena, le tennis féminin attendu au rebond

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Le manque d’intérêt concernant le tennis féminin persiste depuis plusieurs années. C’était déjà le cas quand Serena Williams écrasait tout mais c’est pire depuis son retrait du circuit pour cause de grossesse. Si l’on ajoute l’absence de Maria Sharapova, l’autre grande star de la WTA, non invitée par les organisateurs après son retour de suspension pour dopage, le tableau n’est pas rose. L’uniformité des jeux et le manque de charisme des meilleures joueuses constituent de réels problèmes que la WTA ferait bien d’endiguer si elle veut retrouver l’âge d’or des années 2000.

Cathy Tanvier n’a pas mâché ses mots. Tant dans Libération que sur Europe 1 ce mardi matin, l’ancienne numéro 1 française –dans les années 80- a dézingué le tennis féminin comme aucune joueuse actuelle ne se serait permis de le faire.

"Le tennis le plus bête de tous les temps"

« On avait un jeu plus construit à notre époque. Quand on regarde le tennis féminin d’aujourd’hui, on est vraiment sur des joueuses stéréotypées qui lâchent leurs coups dès la première frappe alors ça donne faute ou point gagnant. Ca bourrine trop. J’ai tendance à dire que c’est le tennis le plus bête de tous les temps. Il n’y a pas de plan B quand un système de jeu coince ». La critique est sévère mais guère éloignée de ce que pensent nombre d’observateurs du circuit.

Depuis les retraites de Martina Hingis, Justine Hénin, Kim Clijsters, Elena Dementieva, Ana Ivanovic ou Amélie Mauresmo, toutes douées et charismatiques, le tennis féminin souffre. Cathy Tanvier ne fait que constater les dégâts : « Elles jouent les lignes, même pas les zones. Plein de secteurs de jeu ont disparu comme la volée, le revers slicé, le décalage en coup droit. Ces carences, je les attribue aux entraineurs qui ne cherchent pas à changer leur système de jeu ».

La puissance avant tout

Seule Serena Williams trouve (un peu) grâce à ses yeux. « Serena est une athlète exceptionnelle, hors normes. Elle est massive et véloce ». Idem pour Maria Sharapova qui « est une attraction, avec une image très forte ». Sous-entendu indispensable à la WTA. Une indulgence un peu contradictoire avec ses précédents propos mais qui témoigne de l’absolue nécessité pour un sport d’avoir des têtes d’affiche, ce que ne sont pas (encore ?) Angélique Kerber, Simona Halep, Elena Svitolina, Karolina Pliskova et autres Johanna Konta.

Les causes de ce coup de mou sont connues : « les gabarits ont évolué : les filles sont plus grandes et plus puissantes ». L’évolution des raquettes et les muscles pris par la plupart des joueuses nuit souvent au spectacle, c’est une évidence. Mais le tennis masculin a rencontré un problème identique au début des années 2000 entre la fin de l’époque Sampras et l’avènement de Federer. Roland-Garros a alors souffert du manque d’impact des Costa, Corretja, Gaudio et Coria avant de rebondir avec le Maestro suisse et son rival espagnol, un certain Rafael Nadal. Le tennis féminin aimerait bien connaître pareille résurrection.