La joie collective du clan de Nicolas Mahut après sa qualification pour le 2e tour de Roland Garros 2019
La joie collective du clan de Nicolas Mahut après sa qualification pour le 2e tour de Roland Garros 2019 | AFP STEPHANE ALLAMAN / DPPI

Roland-Garros: Nicolas Mahut, l'exploit du collectif

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Nicolas Mahut a un énorme sourire à l'heure d'évoquer "de loin ma plus belle victoire à Roland-Garros", après son succès sur Marco Cecchinato (N.16) au 1er tour. "C'est difficile de décrire avec des mots ce que j'ai ressenti à la fin du match", glisse-t-il. Invité dans le tableau final par les organisateurs, il était pourtant à deux doigts de rendre sa wild-card voici neuf jours. Retour sur une oeuvre collective.

Avec Nicolas Mahut, le tennis se conjugue souvent au pluriel. Joueur de double, de Coupe Davis, il a l'aventure collective en lui. Pour réaliser son plus grand exploit à Roland-Garros, aux dépens de la tête de série N.16 et demi-finaliste en titre Cecchinato, il s'est appuyé sur tout son entourage. Et même plus. Car à 37 ans, il puise de l'énergie et de la force partout. 

"Des gens ont pris des risques pour me donner cette wild-card"

Pour entrer dans le tableau final, il a eu besoin d'une invitation. "Des gens ont pris des risques pour me la donner", confiait-il en conférence de presse. "Je n'avais pas bien joué ces derniers temps, j'ai été blessé. C'était loin d'être gagné pour avoir cette invitation, mais ils m'ont fait confiance." Pourtant, il a bien failli rendre cette wild-card, ce précieux sésame, le vendredi précédant le début des qualifications. C'était il y a neuf jours. "Mon entraînement ne s'était pas bien passé du tout. J'avais mal au dos. Je voulais la rendre. Mais mon staff m'a dit qu'il restait encore du temps. Le lendemain, ça allait mieux. Le dimanche encore mieux. Ils ne m'ont pas lâché. Et tous les jours, ma femme m'a soutenu, m'a dit d'y croire. Aujourd'hui, j'ai ma récompense.

Un entourage au soutien rapproché

Sauf que le tirage au sort de jeudi l'avait placé face à Marco Cecchinato, demi-finaliste l'an dernier et tête de série N.16. Un vrai spécialiste de la terre battue, qui est tout sauf la tasse de thé du vainqueur de Wimbledon juniors en 2000. "Quand j'ai vu le tirage, je me suis dit que ce ne serait pas évident", avoue-t-il. "Mais mon entourage m'a mis dans la tête que je pourrais le faire. J'ai fini par y croire." Il fallait néanmoins ajouter certains ingrédients. Nicolas Mahut en avait appelé aux organisateurs avant même le tirage: "J'ai demandé, si c'était possible, de jouer sur le court Simonne-Mathieu. Je sentais qu'il pouvait y avoir une belle ambiance sur ce nouveau court, qui est une belle réussite." Demande acceptée pour cette belle affiche.

Le résumé de Mahut-Cecchinato

Le public fait pencher la balance

Il fallait encore permettre au public de se hisser à la hauteur de l'événement, le faire monter en pression. "J'ai démarré très lentement et lui a bien joué", reconnait le Parisien. "Le deuxième set, je le perds mais j'ai l'impression que je suis au-dessus de lui. A 2-0, je ne pensais pas à la victoire. Je ne voulais simplement ne pas perdre en trois sets. Et puis, à 2-2, il n'y a plus de règles. Il n'y a plus de différences au classement. C'est la bagarre. Et en tant que Français, je savais que le public me soutiendrait. Il a fait la différence dans le 5e set.

Tout s'est bien emboîté pour Nicolas Mahut, qui avoue être "tombé amoureux de ce court Simonne-Mathieu. Quand on part du Central, le chemin qui mène jusqu'aux Serres, tout est magnifique. J'étais très triste de la disparition du N.1 et du N.2. Mais ce nouveau court est très grand, et en même temps, les spectateurs sont très proches. C'est super pour les attaquants. Et le public fait beaucoup de bruit. Il y a de l'électricité, de l'énergie."

La retraite n'est pas encore pour aujourd'hui, ni même demain

Même le grand Roger Federer, lui-aussi âgé de 37 ans, a été mis à contribution. A l'Open d'Australie, les deux hommes ont longuement discuté de la programmation de la saison, de ces moments de repos à préserver, de ces moments en famille dont il faut profiter pour mieux revenir sur le circuit. "J'ai encore de grands objectifs en double, moins en simple", justifie-t-il. Alors, quand il a levé les bras au ciel, il s'est tourné vers son clan, et notamment son fils, qu'il a porté sur le terrain. "Il a pris l'habitude, mais il faut qu'il en profite car cela ne durera pas longtemps encore.

"J'ai joué ce match comme si c'était le dernier"

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Car au-delà de tout, Nicolas Mahut sait que sa fin de carrière est proche. Est-ce son 18e et dernier Roland-Garros ? Il refuse de répondre. "Si je vous réponds oui, cela veut dire que j'arrête", dit-il dans un sourire. "Si je vous dis non, ce ne serait pas honnête." Car il a encore un objectif majeur pour 2020: les Jeux Olympiques. Le seul tournoi majeur qui manque à son palmarès en double avec le Masters. "La retraite, je n'y pense pas", coupe-t-il. En étant le premier joueur à s'imposer sur ce terrain, lors de sa "plus belle victoire à Roland-Garros, même si je n'en ai pas eue 50", Nicolas Mahut se sent "privilégié d'avoir vécu ce grand moment", et n'espère qu'une chose: "Reproduire un tel match et partager encore ces moments d'émotion". Le sens du collectif, toujours.

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