Marketa Vondrousova Roland-Garros 2019
Vondrousova après sa victoire contre Martic. | AFP

Roland-Garros : Marketa Vondrousova, vent de fraîcheur sur le tennis tchèque

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La sensation du tableau dames à Roland-Garros, c'est Amanda Anisimova. Mais l'Américaine de 17 ans n'est pas le seul modèle de précocité encore en lice en demi-finale. La jeune Marketa Vondrousova (19 ans) joue une place en finale face à Johanna Konta vendredi. Ses amortis et sa solidité en fond de court ont déjà fait des émules, focus sur la relève du tennis tchèque.

Surtout ne pas refermer la parenthèse enchantée. Pas attendue si tôt si haut à Roland-Garros, Marketa Vondrousova arbore un sourire presque circonspect à mesure qu'elle franchit les obstacles. Pas encore 20 ans et déjà l'occasion pour la Tchèque de s'offrir une finale en tournoi du Grand Chelem. Quand un journaliste lui demande en conférence de presse à quel moment elle s'était rendue compte qu'elle était une bonne joueuse de tennis, elle répond : "je ne sais pas, peut-être maintenant".

Après sa victoire contre Petra Martic en quart mardi, elle n’était pas la seule personne étonnée par son parcours. Sur la chaîne Eurosport, Patrick Mouratoglou a pris un avis tranché : “Vondrousova n’a pas encore sa place en demi-finale”. L’entraîneur et consultant lui reconnaît des qualités, mais pour lui, si elle est présente à ce stade de la compétition, c’est surtout grâce au sabordage de Martic.

Le résumé de sa victoire contre Martic

A y regarder de plus près, sa trajectoire ne semble pourtant pas surprenante. Dès l’âge de 4 ans, la jeune tchèque foulait les courts ocres de Sokolov, sa ville natale. A 15 ans, elle remporte Roland-Garros en double chez les juniors. Elle a bâti un jeu parfait pour faire des ravages sur terre battue : une très bonne couverture du terrain, un jeu varié avec un penchant assumé pour les amortis. “Je m’amuse quand je joue comme ça”, répond-t-elle pour couper court à toute critique sur son style.

Air candide, style malicieux

16e à la Race, Vondrousova a franchi un cap cette année. En gros, quand elle s’engage dans un tournoi, c’est quart de finale assuré (excepté à l’Open d’Australie). A Istanbul et Budapest elle s’est même hissée jusqu’en finale. La gauchère s’est aussi permis de faire chuter Simona Halep deux fois cette saison (Rome et Indian Wells). “Cette année j'ai plus d'expérience mais aussi une plus grosse équipe autour de moi à Prague”, s’est-elle félicitée. Depuis l’arrivée de son coach Jan Hernych, la joueuse de 19 ans fait preuve d’une régularité impressionnante (27 victoires, 6 défaites en 2019).

Son parcours à Roland-Garros la désigne déjà comme la relève du tennis féminin tchèque. Il faut dire que Petra Kvitova n’avait pas fait le déplacement Porte d’Auteuil. Quant à Karolina Pliskova, elle a pris la porte dès le 3e tour. Et, coïncidence, l’ex-finaliste du tournoi du Grand Chelem, Lucie Safarova, a annoncé la fin de sa carrière cette semaine. Avec Katerina Siniakova, Vondrousova incarne un vent de fraîcheur dans son pays, pas seulement par le biais des performances, mais aussi par un style de jeu moins brutal.

Déjà la relève du tennis tchèque

Moins brutal, plus technique, plus candide aussi. Après avoir battu Petra Martic mardi, la 38e joueuse mondiale affichait en conférence de presse le sourire d’une athlète un peu dépassée par le cérémonial journalistique. Elle n’a pas su dire si elle était plus heureuse de se qualifier en demi-finale ou d’enfin venir à bout de sa bête noire. Une chose est sûre, à cet instant elle avait franchi un cap. Face à la Croate, elle avait perdu ses quatre premières confrontations (dont dernièrement en finale à Istanbul). 

Honorée de la meilleure progression par la WTA en mai, elle se présente ce vendredi en demi-finale de Roland-Garros. Face à Johanna Konta, tête de série n°26, elle pourrait s’offrir une première finale de Grand Chelem. Bel exemple de précocité. Vondrousova pourra en tout cas s’appuyer sur sa victoire contre la Britannique l’an dernier à Indian Wells, tout en espérant prendre sa revanche après sa défaite à Rome à peine un mois plus tôt. Interrogée sur ses chances, la Tchèque n’a en tout cas pas péché par excès de confiance : “je ne sais pas pas, j’espère”.