Roland-Garros : Les Bleus remportent leur joute face à l'Italie en qualifications

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Mathias Bourgue vainqueur en qualifs

Ce mardi, les qualifications à Roland-Garros étaient très tricolores. Mathias Bourgue, Enzo Couacaud et Geoffroy Blancaneaux ont chacun affronté un Italien. Avec, à chaque fois, une victoire à la clé. Pour boucler ce 1er tour masculin avec un incroyable 11 qualifiés français sur les 12 en lice.

Mathias Bourgue, retour en force


Mathias Bourgue n’était pas préparé : ce premier tour de qualification était son premier match sur terre battue de l’année. Mais cela ne s’est pas vraiment vu. A part peut-être dans le premier set (perdu 6-4), où il a eu du mal à mettre en place son jeu, le Français a maîtrisé Matteo Viola, 252e mondial. Grâce à son coup droit lifté et à un service de plus en plus performant au fil des jeux, il a neutralisé les balles à plat de Viola. D’abord complètement, dans le deuxième set (6-1), puis juste comme il faut, dans l’ultime manche (6-3). "J’avais pas mal d’appréhension en entrant sur le court, je n’avais pas joué depuis plusieurs mois", a-t-il confié à la sortie du court 14.

Bourgue s’était blessé aux abdominaux après le Challenger de Zhangjiagang (Chine) en mars dernier. Depuis, pas un seul match officiel. Alors, les repères sur terre ont-il été durs à trouver ? "Non, ça allait. Je m’entraîne depuis deux mois sur terre. C’est surtout les repères en compétition qu’il fallait retrouver". Au prochain tour, le Français affrontera Egor Gerasimov, un Bélarus, 155e mondial et tête de série numéro 21.  "Je ne vois pas plus loin que mon prochain match, assure-t-il. La qualif’(pour le tableau principal) on y pensera après". Mathias Bourgue avait atteint le 2e tour du tableau principal en 2016, seulement défait en 5 sets par Andy Murray.  A l’époque, il faisait partie des espoirs du tennis français, de la génération de Pouille…Un Lucas Pouille spectateur de son match ce mardi, qui lui a fait une belle accolade à la sortie du court. 

 

Enzo Couacaud a cuisiné Lorenzi

Ils sont rares les noms connus du grand public, en qualifications. Paolo Lorenzi était l’un d’entre eux. Spécialiste de terre battue, ex-35e mondial, le Transalpin faisait un peu peur à tout le monde malgré son âge avancé(37 ans). Enzo Couacaud s’est chargé de le renvoyer chez lui. Tout de suite rentré de son match, le Français a d’abord payé un certain manque d’expérience. En face, Lorenzi accélérait au moment opportun pour breaker et empocher la première manche(6-4). Mais Couacaud n’a jamais lâché son plan de jeu. "Je voulais le neutraliser en multipliant les balles bombées sur son revers, qui est moins fort".

Petit à petit, la mécanique italienne s’est enrayée. Lorenzi ne savait plus trop quoi faire sur le court. Lui, le grand contreur, se trouvait dans l’obligation d’attaquer, de prendre l’initiative. Sans succès car en face, Couacaud cavalait comme une gazelle. Le troisième set ne fut qu’une formalité pour Enzo Couacaud, tant son plan de jeu fonctionnait à merveille. 6-0 dans le dernier set. Paolo Lorenzi a peut-être senti le poids des années en sortant du court. Enzo Couacaud, lui, avait déjà le regard rivé sur le prochain tour où il affronte le Belge Arthur De Greef, 185e mondial. "Le tennis est un sport où l’on peut passer du jour au lendemain d’une grosse victoire sur un favori, à une défaite. Donc là je vais savourer un peu, mais je vais tout de suite me remettre dedans."

Blancaneaux-Monfils, la filiation

Geoffrey Blancaneaux avait mis fin à une attente de 12 années. En 2016, il avait remporté le tournoi juniors de Roland-Garros, pour succéder à Gaël Monfils, dernier vainqueur tricolore en 2004. A l'époque, il avait fini par faire craquer en finale un certain Felix Auger-Aliassime, après avoir dominé en demi-finale un autre Canadien au nom désormais connu de Denis Shapovalov. Aujourd'hui, les deux hommes sont bien installés sur le circuit principal, alors que le Français évolue à son rythme. "Je suis un peu plus lent", sourit le 424e mondial. Et voici quelques semaines, il était en Grèce, en compagnie de Monfils, pour préparer la saison sur terre battue. "Depuis ce stage, je me sens de mieux en mieux. J'ai appris pas mal de choses sur moi, sur le haut niveau. Cela m'a permis de monter un petit échelon.

Comme l'an dernier, il passe par les qualifications à Roland-Garros. Comme l'an dernier, il a franchi le 1er tour. Avec son caractère et son abnégation, face à l'Italien Andrea Arnaboldi (195e mondial). Un match dans la douleur, entre les gouttes de pluie qui ont conduit à une interruption de plus d'une demi-heure alors que le Français menait 4-1 dans le 3e set. Comme souvent, Blancaneaux ne s'est rien épargné. Un break d'entrée pour mener (3-0), mais le Transalpin revenait à 5-5. Dans le jeu décisif, il commettait deux double-fautes mais sur un dernier coup droit qui prenait la ligne, il l'arrachait 7 points à 5 en 55 minutes. Face au gaucher italien, le Parisien commettait une nouvelle double-faute sur la balle de break qui offrait l'avantage à son adversaire dans le 2e set (5-3), l'idéal avant de conclure (6-3).

Malgré la pluie, malgré quelques occasions ratées et quelques moments de tension, Geoffrey Blancaneaux validait son ticket pour le 2e tour (7-6, 3-6, 6-3). Avec le poing rageur, et le sourire de la satisfaction: "C'était un adversaire compliqué, que j'ai bien joué tactiquement. Je suis très heureux. C'est toujours une émotion incroyable de jouer ici." Il pourra prolonger le plaisir face au Tchèque Adam Pavlasek, qui a sorti l'Américain Harrison (N.9).

Guillaume Poisson