Roland-Garros : Impitoyable, Rafael Nadal maîtrise Diego Schwartzman en trois sets et se qualifie pour sa 13e finale

Publié le , modifié le

Auteur·e : Guillaume Poisson
Rafael Nadal

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L'Espagnol Rafael Nadal s'est qualifié pour sa 13e finale à Roland-Garros ce vendredi, en battant Diego Schwartzman en trois sets (6-3, 6-3, 7-6[0] ). L'Argentin n'a jamais été en mesure de réitérer sa performance de Rome, il y a deux semaines, où il avait vaincu Nadal en deux sets.

Tous les chemins mènent à Rome, mais tous les courts ne sont pas le Foro Italico du Masters 1000 italien. L’Argentin Diego Schwartzman s’avançait vers sa demi-finale contre Rafael Nadal avec au moins une certitude : celle d’avoir été le seul joueur à battre Rafael Nadal sur terre battue cette saison, et son exploit avait eu lieu à Rome. Mais malgré les conditions similaires, l’Espagnol est un tout autre joueur  sur le court Philippe-Chatrier. Comme s'il parvenait toujours à trouver les solutions adéquates pour  compenser les quelques scories - indéniables - de son jeu. Il s'est montré plus constant et plus opportuniste que l'Argentin pour l'écarter en trois sets (6-3, 6-3, 7-6[0]) et atteindre sa 13e finale à Roland-Garros.

Mis à part quelques fulgurances, notamment à la fin du 3e set, Schwartzman a été incapable de réitérer sa performance italienne. Trop inconstant, trop fragile au service... tout simplement trop tendre pour un Rafael Nadal de ce niveau sur terre battue. Comme chaque année, certains ont voulu enterrer le Roi, alors qu'il était plus que jamais vivant. 

Incapacité à enchaîner

Il a fallu attendre la deuxième moitié du 3e set pour qu’il y ait véritablement match. Avant ça, Diego Schwartzman n’est jamais parvenu à mettre l’intensité, et surtout la constance suffisante pour pouvoir inquiéter Nadal. Pourtant, les mêmes éléments tactiques qu’à Rome sont apparus dès les premiers points. Un Diego Schwartzman capable de prendre la balle de Nadal au sommet du rebond (notamment grâce à une terre plus lourde et donc à un rebond plus bas) pour distribuer l’échange. Et un Nadal aux coups peu fulgurants. Le premier jeu, sur le service de Nadal, a duré 13 minutes.

De voir ainsi l’Espagnol s’employer dès les premières minutes, d’aller chercher son plus beau revers croisé pour remporter UN jeu, indiquait que le match ne serait pas de tout repos pour lui. Pourtant, dès le jeu suivant, l’Argentin a montré les failles qu’il avait montrées au tour précédent contre Thiem et qui le perdraient ce vendredi : une incapacité à enchaîner deux jeux de haut niveau. Nadal a breaké dans la foulée sur trois énormes fautes de Schwartzman. On pouvait alors attribuer ces errements au début de match ; mais ils se confirmeraient ensuite jusqu’au bout du 3e set. 

C’est aussi en raison de l’agressivité extrême de Nadal sur les secondes balles de Schwartzman (parfois frappées à moins de 150 km/h) notamment côté revers, que l’Argentin a eu du mal à tenir sur service (6 breaks concédés sur l’ensemble du match). Après le 1er set perdu, on a senti que l’Argentin a voulu en mettre plus, dans les premiers jeux du 2e set. Mais Nadal a tenu son service, et en a mis une nouvelle couche au jeu suivant pour, de nouveau, étouffer Schwartzman dès l’entame du set. Avec toujours, cette impression que Schwartzman mettait toute son énergie dans certains jeux de retour…pour reperdre son service dans la foulée.

Or, contrairement à Thiem au tour précédent, Nadal n’est pas du genre à tomber dans un faux rythme. Au contraire, il fait tout pour rester à la même intensité. A 3-2 dans le 2e  set, Schwartzman a mené 0-30 notamment grâce à un passing de coup droit monumental. Allait-il enfin mettre le  feu à cette demi-finale ? Pas du tout. Nadal a claqué trois coups gagnants et un service gagnant pour mener 4-2. Chirurgical et impitoyable. 

Ce n’est donc qu’au milieu du 3e set, lorsqu’il a fini par confirmer un débreak à 2-3, pour revenir à 3-3, que l’Argentin est véritablement entré dans son match. En se servant du public, qui souhaitait voir le match s’emballer, il a trouvé son rythme de croisière en termes d’intensité. 

Est-ce le fait  de s’emporter contre l’arbitre sur une balle litigieuse qui l’a libéré ? Il ne s’est en tout cas pas défait, quand Nadal a fait ce qu’il sait faire : élever son niveau de jeu pile au moment où son adversaire pense reprendre le dessus. Mais l’Espagnol a eu beau frapper plus fort, crier plus fort sur chaque frappe, Schwartzman répondait présent. Il s’est même procuré des balles de break à 5-5, dans ce qui fut peut-être le sommet de cette demi-finale. Mais Nadal a été extrêmement solide. Il s’est même permis un service-volée pour sauver l’une des occasions de set. Dans le tie-break, deux mauvais choix de l’Argentin l’ont condamné et ont privé le public d’un final épique. Gagné 7-0, ce tie-break pourra servir d’avertissement à l’adversaire de Nadal en finale. Il est peut-être moins souverain dans le jeu en raison des conditions (il s’est tout de même fait breaker trois fois ce vendredi) mais reste un monstre quasi-invincible à Roland-Garros.

Dimanche, il jouera d’ailleurs sa 28e finale de Grand Chelem, à désormais trois unités de Roger Federer. Surtout, il tentera d’égaler le Suisse en nombre de victoires en Grand Chelem. Ce Roland-Garros sera, comme il l’a lui-même dit, « le tournoi le plus plus important de sa carrière ».