Marco Cecchinato, la sensation de ce Roland-Garros 2018
Marco Cecchinato, la sensation de ce Roland-Garros 2018 | Eric FEFERBERG / AFP

Roland-Garros / hommes : le récap' de l'édition 2018

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Alors que l'édition 2018 de Roland-Garros a rendu son verdict ce dimanche, l'heure est au récap'. La sensation, la déception, la promesse et l'intouchable... Décryptage des moments forts de la quinzaine.

La sensation : Marco Cecchinato

Il fallait déjà être un peu fou pour parier sur la présence d'un joueur italien dans le dernier carré de Roland-Garros. Alors voir Marco Cecchinato, 72e joueur mondial et aucune victoire en Grand Chelem affronter Dominic Thiem vendredi pour une place en finale, cela relevait presque de l'inimaginable. Débarqué en quasi inconnu, il lui aura suffit d'un quart de finale dantesque face à Novak Djokovic pour que l'Italien se fasse définitivement un nom dans les coursives de Roland-Garros.

Pour celui qui a joué "le tennis de sa vie" pendant cette quinzaine, tout aurait pourtant pu s'arrêter dès le premier tour. Mené deux sets à zéro par Marius Copil avant de finalement l'emporter 10-8 au cinquième set, rien ne pouvait arrêter Cecchinato. Exit le lucky loser Marco Trungelliti au deuxième tour puis le terrien Pablo Carreno Busta au troisième, avant que le n°9 mondial David Goffin, exténué par son match marathon face à Gaël Monfils, ne craque à son tour. Un parcours déjà incroyable qui va virer à l'apothéose face à Novak Djokovic et ses 12 titres en Grand Chelem, dans un des tie-break les plus fous de la saison. Sans pression, le Sicilien efface trois balles de cinquième set avant de conclure sereinement sur un énième passing revers puis de s'écrouler en larmes sur la terre battue parisienne.

S'il est passé à un rien d'égaliser à une manche partout en demi-finale face à Dominic Thiem (il s'incline finalement 7-5, 7-6, 6-1), cette défaite reste son  "meilleur souvenir du tournoi." "Voir le court Philippe-Chatrier plein, entendre les « Forza Marco » à chaque point, c'était incroyable." Une aventure que Marco Cecchinato conclut à la 27e place mondiale, et avec un statut de tête de série pour Wimbledon.

La déception : le tournoi

La surprise Cecchinato, un vent de fraicheur dans un tournoi où les frissons auront été finalement aussi rares que la pluie. Car comme l'an passé restera de cette édition de Roland-Garros la légende Nadal et pas grand chose d'autre. On attendait beaucoup des affrontements entre Dominic Thiem et Alexander Zverev d'un côté et entre Juan Martin Del Potro et Rafael Nadal de l'autre, deux chocs qui ont finalement tourné court. On espérait une finale serrée et tendue entre Thiem et Nadal, avant de constater rapidement que l'Autrichien ne ferait pas le poids. On retiendra ce tie-break fou entre Novak Djokovic et Marco Cecchinato, un quatrième set dingue entre David Goffin et Gaël Monfils et... c'est à peu près tout.

La promesse : Juan Martin Del Potro

A 29 ans, Juan Martin Del Potro n'a plus rien de la jeune pépite. Mais revoir l'Argentin dans le dernier carré de Roland-Garros, neuf ans après avoir atteint ici-même sa première demi-finale de Grand Chelem, n'a rien d'anodin. "Tout le monde sait que j'ai failli arrêter ce sport il y a deux ans", confiait Delpo après sa victoire en quart de finale face à Cilic. Longtemps blessé au poignet et retombé dans les bas-fonds du classement ATP, Del Potro commencera sa saison sur gazon avec le statut de 4e joueur mondial, égalant son meilleur classement en carrière. "Je ne m'attendais pas du tout à figurer dans le Top 5 à nouveau, d'atteindre à nouveau des demi-finales de Grand Chelem après toutes ces blessures. (…) Les pires moments de ma carrière sont derrière moi". Welcome back Juan Martin.

L'intouchable : Rafael Nadal

11 finales, 11 victoires, Rafael Nadal a montré qu'il n'était toujours pas rassasié. Même avec le statut de seul homme à l'avoir dompté sur terre battue sur les deux dernières saisons, Dominic Thiem n'a rien pu faire face à la furia Nadal. L'Espagnol a encore été intraitable et imperturbable, malgré un set lâché en route face à Diego Schwartzman en quart de finale, une première pour lui depuis 2015. Rien à faire pour la concurrence, Nadal était trop fort, tout simplement. 

Mathieu Aellen