Dominic Thiem.

Roland-Garros : Dominic Thiem, l'art de la discrétion

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Finaliste de l'édition 2018, Dominic Thiem ne fait pas de bruit mais s'apprête à disputer son quatrième quart de finale consécutif à Roland-Garros ce jeudi face à Karen Khachanov. Discret, l'Autrichien de 25 ans n'a pas fait parler de lui depuis le début du tournoi Porte d'Auteuil. Presque une habitude pour le 4e joueur mondial, qui a l'habitude d'évoluer sous les radars. Sans perdre de vue ses rêves de grandeur.

C'est peut-être le moins médiatisé des membres du Top 4 depuis le début de la quinzaine à Roland-Garros. Quand Novak Djokovic rêve de rééditer le Grand Chelem sur une année calendaire en remportant tous les majeurs et alors que le duel de légende en demi-finales entre Rafael Nadal et Roger Federer éclipse tout ou presque, Dominic Thiem reste dans l'ombre. Et continue d'avancer, sans pression, dans son tournoi. Ce serait presque à en oublier que celui qui disputait la victoire à l'ogre majorquin l'an passé, c'était bien lui...

Prêt pour son quatrième quart de finale de suite à Roland

Impressionnant face à un Gaël Monfils, clairement en dedans lundi lors du 4e tour (6-4, 6-4, 6-2), le n°4 mondial a semblé dégager la pleine confiance qu'on lui connaît sur terre battue. Celle-là même qui l'a porté en quart de finale du Grand Chelem français pour la quatrième année consécutive.

Pourtant, ses trois premiers tours à Paris n'ont pas apporté de gros gages de sûreté. Bousculé par Tommy Paul (6-4, 4-6, 7-6, 6-2) pour son entrée en lice, accroché par Alexander Bublik (6-3, 6-7, 6-3, 7-5) au deuxième tour, puis par Pablo Cuevas (6-3, 4-6, 6-2, 7-5), l'Autrichien a concédé un set à chacune de ses rencontres. Un début de tournoi compliqué éclipsé par une performance de haut vol contre le Français, "mon meilleur match et de loin" reconnaîtra l'intéressé. "C'était mon premier match où je n'ai pas eu des hauts et des bas, j'ai été consistant. C'était vraiment solide, je suis très content", lâchera-t-il dans un timide sourire. Pas de quoi, pour autant, se faire fracassant en conférence de presse - hormis quand Serena Williams l'éjectera de la salle après sa défaite contre Sofia Kenin (6-2, 7-5)...

Joueur de terre exemplaire, mais pas que

En l'espace de quelques saisons, Dominic Thiem est devenu - à l'instar des Nadal, Djokovic ou Federer - une référence mondiale sur la surface ocre. Preuve en est, son pourcentage de victoires sur terre battue depuis le début de sa carrière : avec 74, 2% de succès (124 victoires et 43 défaites), il tutoie les statistiques affolantes du top 3. Cette saison, il a battu Rafael Nadal sur terre en demi-finale à Barcelone, avant de remporter le tournoi. Un titre supplémentaire sur la surface, le 9e pour l'Autrichien, qui lui a permis de revenir à deux petites longueur de Roger (11 titres). Plutôt prometteur, à tout juste 25 ans. "La terre battue, c'est toujours la partie la plus importante de ma saison avec mon événement le plus important de l'année, à savoir Roland-Garros" confiait-il récemment au site de l'ATP.

Mais réduire l'Autrichien à son jeu sur la surface ocre serait très réducteur. D'autant que cette année, Thiem s'est offert son premier succès lors d'un Masters 1000 sur dur, à Indian Wells.

Entraîneur du n°4 mondial depuis trois mois, le Chilien Nicolas Massu, champion olympique en 2004, est lui le témoin privilégié de l'évolution de son protégé, et cela sur toutes les surfaces. "Vous ne pouvez pas le mettre dans une case ou l'étiqueter uniquement comme un joueur de terre", rappelait-il récemment. "Dominic a disputé les quarts de finale à l'US Open (2018), les demi-finales à Paris-Bercy (2018) et il a gagné à Stuttgart sur gazon (2016) et à Indian Wells en mars dernier (...) Je ne pense pas qu'il ait un style de jeu unique, il peut s'adapter à d'autres surfaces."

"Dominic travaille, pense et veut être n°1 mondial"

Reste à l'Autrichien à s'adapter à son statut, à savoir celui d'une étoile du tennis mondial. Ce que confirme à demi-mots Nicolas Massu au moment d'évoquer les pistes de progression pour Thiem. "Dominic doit comprendre comment s'adapter aux situations où il est favori et à celles où il ne l'est pas. Ici, à Roland-Garros, il est prêt à faire face à la pression (...) Il y a encore du travail mais je vois en lui le potentiel pour devenir numéro un mondial. Il travaille dur, écoute, a un grand coeur... Pour un coach, ça rend la vie plus simple. C'est une personne géniale. Il travaille, pense et veut être n°1."

Maître dans l'art de la discrétion, Dominic Thiem trace sa route sans se retourner. Une route qui le conduit ce jeudi en quart de finale de Roland-Garros face à Karen Khachanov. En cas de victoire, l'Autrichien rallierait le dernier carré du Grand Chelem parisien pour la 4e fois consécutive. Probablement sans effusion de joie particulière, juste le sentiment du devoir bien fait. 

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