Simona Halep
Simona Halep | AFP

Roland-Garros : derrière Halep, la chasse est ouverte

Publié le , modifié le

Ce dimanche 26 juin débute l'édition 2019 des Internationaux de France de tennis. Une édition une nouvelle fois très ouverte dans le tableau féminin. Derrière quelques favorites revendiquées, habituées aux bonnes performances Porte d'Auteuil, elles sont nombreuses à pouvoir remporter le Grand Chelem sur terre battue. Tour d'horizon des joueuses à suivre durant la quinzaine.

C'est chaque année la même rengaine ou presque à Roland-Garros : quand un archi-favori se dégage tout naturellement chez les messieurs - Rafael Nadal lui-même ne dirait pas le contraire - les bouches se délient beaucoup moins lorsqu'il s'agit de miser sur la vainqueure du tableau féminin. La sensation que "tout est possible" semble flotter dans l'air, avec plus ou moins de pertinence. Car certaines ont des références Porte d'Auteuil et peuvent espérer soulever la coupe Suzanne-Lenglen. D'autres se font doucement un nom dans le classement WTA et sont surveillées de près. De là à s'imposer sur la terre battue parisienne, il n'y a plus qu'un pas...

à voir aussi Roland-Garros : La valse virevoltante des numéros 1 mondiales Roland-Garros : La valse virevoltante des numéros 1 mondiales

Halep tient la corde pour sa propre succession, mais...

Dans ce microcosme de tenniswomen susceptibles de remporter le "French Open", certaines l'ont déjà fait et abordent le tournoi avec moins de pression. Dernière en date, la tenante du titre Simona Halep. Après deux finales perdues en 2014 et 2017, la Roumaine a conjuré le sort face à Sloane Stephens l'année passée. Reine de Roland, la numéro trois mondiale a un statut à défendre, certes, mais le palmarès a pris de l'ampleur avec ce premier Grand Chelem. De quoi aborder différemment une compétition qui lui a longtemps échappé. "Il y a un peu de pression parce que je suis la tenante du titre, c'est la première fois que ça m'arrive (en Grand Chelem), mais je veux voir ça positivement : c'est la meilleure position dans laquelle être, je ne vais pas me plaindre", expliquait-elle en conférence de presse." "J'ai déjà gagné ce titre, tout est du bonus maintenant, je vais voir si je suis capable de le refaire."

Présente dans la partie de tableau de Naomi Osaka, Halep pourrait défier Daria Kasatkina au 4e tour, avant éventuellement de faire face à Petra Kvitova ou Aryna Sabalenka en quart de finale puis Serena Williams, Madison Keys, Caroline Garcia ou la numéro un mondiale japonaise en demies. Un parcours relevé, un peu à l'image de celui de l'an dernier. Mais qui lui avait bien souri.

Osaka en quête de références à Roland

Elle aussi avance avec un statut, une étiquette bien collée sur le front. Naomi Osaka règne sur le tennis mondial depuis la mi-janvier et son succès à l'Open d'Australie. Quelques mois plus tôt aux États-Unis, elle avait remporté son premier Grand Chelem à l'US Open. Dès lors, l'objectif de la Japonaise à Paris est simple : réaliser la passe de trois. La jeune femme de 21 ans n'a d'ailleurs pas masqué son ambition avant de débuter son Roland-Garros 2019 : "À l'US Open non, mais en Australie, mon objectif était de gagner, c'est à ça que je pensais chaque jour en me réveillant. Ici, j'essaie d'avoir le même état d'esprit. Je ne veux pas penser à aller en quarts de finale, mon objectif est de gagner".

Seul hic : son manque de références sur la surface ocre. Malgré une demi-finale à Stuttgart (forfait contre Anett Kontaveit), un quart de finale à Madrid (défaite 6-3, 2-6, 5-7 contre Belinda Bencic) et un forfait au même stade de la compétition à Rome (contre Kiki Bertens) cette année, Osaka n'a jamais brillé sur terre battue. L'an passé, elle a réalisé sa meilleure performance Porte d'Auteuil en s'inclinant au troisième tour contre Madison Keys. De quoi émettre des doutes légitimes quant à ses chances réelles de s'imposer dans deux semaines. "Ca n'a pas été toujours simple d'essayer de comprendre comment mieux jouer sur terre battue au fil des années, mais je pense que j'ai bien joué cette saison", a-t-elle expliqué cette semaine. On la croit sur parole. Reste désormais à passer aux actes. Comme Halep, sa partie de tableau musclée ne laissera pas beaucoup de place au relâchement.

Williams, Pliskova, Stephens... Derrière, pléthore d'outsiders

Si l'attention sera donc concentrée sur Halep et Osaka, ce serait une erreur de ne pas considérer la meute de prétendantes derrière. Triple vainqueure en 2002, 2013 et 2015, Serena Williams, malgré ses 37 printemps, figure toujours parmi les favorites quel que soit le tournoi sur lequel elle s'aligne. L'an dernier, son forfait en 8e de finale a montré ses limites physiques - quelques mois seulement après son retour de maternité. Cette année, l'Américaine a dans le viseur son 24e tournoi du Grand Chelem. En cas de victoire à Roland, elle égalerait le record absolu de titres majeurs détenu par Margaret Court. Mais son début de saison 2019 n'incite pas à l'optimisme : depuis son quart de finale à l'Open d'Australie, Serena n'a plus gagné que trois rencontres, chacune suivie par un abandon ou un forfait. En cause notamment, un genou récalcitrant. L'Américaine s'est astreinte à un régime drastique pour tenter de rester en forme. En espérant que ses efforts paient durant la quinzaine.

De son côté, la numéro deux mondiale Karolina Pliskova peut s'estimer chanceuse. Sa partie de tableau semble plus abordable que celle de ses rivales placées dans la partie haute. Un affrontement contre Angélique Kerber en quarts de finale, puis éventuellement un choc face à Sloane Stephens ou Kiki Bertens en demies, devrait logiquement laisser un peu de répit à la Tchèque en première semaine.

Pour Sloane Stephens justement, c'est l'heure de la revanche après une édition 2018 remarquable et un combat dantesque face à Simona Halep en finale (6-3, 4-6, 1-6). Cette perte du deuxième set hante forcément encore un peu l'Américaine, qui avait fait preuve d'autorité pour arracher la première manche. Sa demi-finale à Madrid a rassuré sur son état de forme.

La grosse saison sur terre de Kiki Bertens (finale à Madrid, demi-finale à Rome), les très belles prestations de l'an passé de Daria Kasatkina à Roland - malgré un début d'année très compliqué - ou le succès de Madison Keys à Charleston sont autant d'éléments qui viennent confirmer que le tableau est ouvert. Et qu'une ou plusieurs surprises peuvent se produire. Pour notre plus grand plaisir.

à voir aussi Roland-Garros : Simonne Mathieu, l'âme d'une combattante Roland-Garros : Simonne Mathieu, l'âme d'une combattante

Les résultats de la saison sur terre battue

Charleston : victoire de Madison Keys contre Caroline Wozniacki
Lugano : victoire d'Iga Swiatek contre Polona Hercog
Bogota : victoire d'Amanda Anisimova contre Astra Sharma
Anning : victoire de Shuai Zhang contre Saisai Zeng
Istanbul : victoire de Marketa Vondrousova contre Petra Martic
Stuttgart : victoire de Petra Kvitova contre Anett Kontaveit
Rabat : victoire de Maria Sakkari contre Johanna Konta
Prague : victoire de Jil Teichmann contre Karolina Muchova
Madrid : victoire de Simona Halep contre Kiki Bertens
Rome : victoire de Karolina Pliskova contre Johanna Konta
Strasbourg : victoire de Dayana Yastremska contre Caroline Garcia
Nuremberg : victoire de Yulia Putintseva contre Tamara Zidansek