Roland-Garros : D'abord groggy puis remonté, Novak Djokovic bat Pablo Carreno Busta et se hisse en demies

Publié le , modifié le

Auteur·e : Guillaume Poisson
Novak Djokovic

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Le numéro un mondial Novak Djokovic s'est qualifié pour les demi-finales de Roland-Garros ce mercredi en disposant de l'Espagnol Pablo Carreno Busta en quatre sets (4-6, 6-2, 6-3, 6-4). Le Serbe est d'abord apparu groggy, gêné par une douleur au cou et à l'épaule gauche, puis s'est repris et a visiblement fini le match dans de meilleures dispositions. Il atteint le dernier carré du tournoi pour la 10e fois.

Le froid automnal du Chatrier a-t-il rendu Novak Djokovic lent à la détente ? Le Serbe a en tout cas mis un set et demi à trouver son rythme. Longtemps, les quelques spectateurs du Chatrier ont même cru qu’ils assisteraient à un nouveau naufrage du numéro un mondial, quelques semaines après le coup de tonnerre de sa disqualification en quarts de finale de l’US Open face au même Pablo Carreno Busta. Il est entré sur le court strapé au cou, et semblait gêné au bras gauche, amorphe dans ses déplacements, complètement passif. Mais, comme souvent ces dernières semaines, le "langage corporel" de Djokovic était trompeur. Les trois sets suivants, plus ou moins maîtrisés, l’ont montré. Il s'en est finalement sorti en quatre manches (4-6, 6-2, 6-3, 6-4), s'encourageant de plus en plus bruyamment sur la fin, comme pour laisser évacuer de la frustration. Le voilà désormais dans le dernier carré à Roland-Garros pour la 10e fois de sa carrière. Mais, à l'inverse de son rival Rafael Nadal, il sort de son quart de finale avec moins de certitudes qu'il n'en avait avant de l'avoir disputé. 

Le match n’a pas tardé à afficher ses étrangetés. D’un côté, un Novak Djokovic emprunté, au mieux. Diminué physiquement, au pire. Le Serbe s’est fait breaker dès le cinquième jeu. En face, l’Espagnol Pablo Carreno Busta a bien commencé, mais dès les premières erreurs inhabituelles de son adversaire, est également tombé dans un faux rythme. A tel point qu’il a perdu son avance, sur une double-faute. 4-4. Ce n’était qu’un mauvais départ ; Djokovic allait désormais s’envoler. Mais non. Il a immédiatement perdu sa mise en jeu, sur des fautes de plus en plus grossières. Djokovic a perdu son premier set du tournoi, mais le pire était sans doute son langage corporel : la tête basse, les pieds traînants, même sur ses points gagnants. 

Blocage mental ?  

Le Serbe s’est même fait masser le bras gauche à deux reprises au début de la deuxième manche. Même quand il a breaké l’Espagnol à 2-1, pour mener très vite 4-1, il semblait en sursis, le regard un peu dans le vague. C’est seulement en fin de set, lorsqu’il est allé chercher l’ultime jeu, que le Serbe a, pour la première fois, mis un surplus d’intensité dans ses frappes. Le premier jeu du troisième set l’a définitivement lancé : le hurlement qu’il a poussé lorsqu’il l’a gagné a fendu l’atmosphère jusque-là engourdie du Chatrier.

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Et la suite a été moins compliquée : malgré un nouveau débreak en cours de route, il a bouclé les deux derniers sets 6-3, 6-4. Beaucoup de cris, d’encouragements, d’énervements. Mais plus aucune alerte apparente au bras gauche. Etait-ce un blocage mental avant tout, sur une petite gêne sûrement réelle mais pas handicapante au point de n’être plus appliqué sur les jambes, plus intense dans ses frappes ? Il faut dire que Pablo Carreno Busta est en mesure de gêner Djokovic car ils ont un style de jeu assez similaire : deux contreurs hors pair qui se s’appuient sur les accélérations adverses. Face à l’Espagnol, le Serbe doit se faire violence et initier les changements de rythme. A l'US Open, avant sa disqualification, il était aussi apparu très laborieux dans son tennis. 

Face à Stefanos Tsitsipas en demi-finales vendredi, il retrouvera un tennis qui correspond plus à ses forces. Pour rallier, éventuellement, sa première finale depuis son titre en 2016.