Roland-Garros : Nadal en maître, la surprise Swiatek, ambiance morose... ce qu'il faut retenir de la quinzaine

Publié le , modifié le

Auteur·e : Julien Lamotte
Rafael Nadal coupe des mousquetaires
Rafael Nadal avec une nouvelle coupe des mousquetaires | JULIEN CROSNIER / FFT - FEDERATION FRANCAISE DE TENNIS / AFP

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Rafael Nadal vainqueur du tournoi masculin, c'est bien la seule chose "normale" qui s'est produite durant cette quinzaine à Roland-Garros. Pour le reste, l'histoire retiendra que c'est une quasi inconnue qui s'est imposée chez les dames et que ce ne sont pas les Français qu'on attendait le plus qui sont allés le plus loin. Et bien sûr ce tournoi restera, malheureusement aussi, celui de la Covid et de la pluie.

Le treizor de Nadal 

Et de treize pour Rafael Nadal. Tout sauf une surprise ? Pas tant que ça. Le maître des lieux est arrivé sur son domaine sans véritable référence. L'Espagnol sortait d'une grosse coupure, Covid-19 oblige, et n'avait disputé qu'un tournoi sur terre, à Rome, qui plus est écourté par Diego Schwartzman. Qui plus est, l'homme aux douze titres Porte d'Auteuil a débarqué cette année avec la mine des mauvais jours, ce qui est plutôt rare. Dans l’œil noir de l'Ibère : les conditions climatiques, extrêmement froides pour jouer en outdoor, et les nouvelles balles, inadaptées, selon lui, à la terre battue. 

Malgré tout ça, Rafael Nadal a traversé la quinzaine en trombe, ne laissant pas le moindre set en route. Pas même à Novak Djokovic, pourtant assez injouable ces derniers mois. La démonstration du Majorquin face au Serbe a parfois touché au sublime, et c'est ce niveau de jeu qui restera sans doute dans les rétines lorsque l'on se remémorera les images de ce Roland-Garros 2020. 

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Swiatek tonique

Une sensation, un véritable vent de fraîcheur. Dans un tennis féminin parfois obscur, la lumière est venue de Pologne. Iga Swiatek,  19 ans à peine, a elle aussi a tout balayé sur son passage, y compris la numéro 1 mondiale Simona Halep. Un jeu puissant sans être robotique, un physique tonique sans être bodybuildé, un sourire et une innocence désarmants, Iga a tout pour plaire. Il n'y a finalement que sa finale, face à Sofia Kenin, qui nous ai laissé sur notre faim. Et encore, ce n'est pas de sa faute si elle a surclassé l'Américaine. Ce match à sens unique, hélas, est allé dans le sens d'un tournoi féminin où les grands matchs n'ont pas été légions. Il manque clairement une patronne que Serena Williams n'est plus, et de joueuses charismatiques. Iga Swiatek peut être parmi celles-là mais attention aux joueurs ou joueuses phénomènes révélés à Roland-Garros et qui ont eu du mal à confirmer ensuite... 

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Ferro, de zéro à héros

On attendait Caroline Garcia, Alizé Cornet ou Kristina Mladenovic, on a eu Fiona Ferro. Qui ça ? La jeune Française au visage poupin est vite passée d'inconnue au statut de coqueluche du public. Au gré d'un parcours impressionnant, la Tricolore a confirmé tous les espoirs placés en elle depuis quelques années et qu'une blessure avait ralenti l'éclosion. Mais cette saison, Ferro a clairement franchi un cap. Elle a débarqué à Paris bardée d'une confiance gonflée par une série de 18 victoires de rang et  il a fallu toute la science du jeu de Sofia Kenin pour stopper son parcours. Consolation, de taille, pour Fiona : elle passe ce lundi numéro 1 française !

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Gaston, little big man

Un nom de héros de roman, un physique atypique dans le monde des géants du tennis, et jeu de chat tout en souplesse et amortis : Hugo Gaston a détonné durant cette quinzaine. Arrivé sur la pointe des pieds, il a fait son trou jusqu'aux huitièmes où, là, la puissance de Dominic Thiem a fini par avoir raison de son aventure. Et encore, il aura fallu cinq manches à l'Autrichien pour se sortir des tours de passe-passe du Français. Ce dernier aura prouvé, et c'est une excellente nouvelle, que le tennis n'est toujours pas exclusivement réservé à des joueurs de plus d'1m85 qui servent à plus de 200 km/h. L'opposition de style, justement, entre Thiem et Gaston restera comme l'une des plus belles de cette édition 2020 qui en a par ailleurs cruellement manquées. 

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Thiem-Schwartzman et Djokovic-Tsitsipas, le haut des affiches

Ces deux affiches sont arrivées à point nommé pour sortir le tournoi dans l'espèce de torpeur cotonneuse dans laquelle il était plongé, grisaille automnale et jauge limitée obligent. Diego Schwartzman, c'est un peu un Hugo Gaston 2.0. Même gabarit que le Français mais indéniablement plus puissant. C'est ce petit surplus de muscle qui a permis à l'Argentin de créer l'une des sensations du  tournoi. Dominic Thiem, annoncé comme le seul à pouvoir empêcher Nadal d'atteindre une 13e finale, a fini par s'user sur la résistance du Sud-Américain. 

Dans un autre genre, la demi entre Novak Djokovic et Stefanos Tsitsipas a également atteint, sur quelques moments, des sommets tennistiques. Le Serbe a d'abord maîtrisé la fougue du Grec qui arrosait copieusement avant que ce dernier rentre "dans la zone", jouant les lignes à une vitesse supersonique. Revenu à deux manches partout, il s'écroulait, malheureusement pour le spectacle et pour lui, à l'entrée de l'ultime set. A l'image de ce Roland-Garros, cette dernière manche avait un goût d'inachevé. 

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Une édition entre gris clair et gris foncé

On ne parle pas que de la couleur du ciel. En tout cas pas uniquement. C'est vrai que la pandémie de Covid-19 aura complètement bouleversé le tournoi, déplacé pour l'occasion au mois d'octobre. D'où, logiquement, des conditions météorologiques plutôt moroses. Tout comme l'ambiance dans les travées, fatalement clairsemées par les mesures sanitaires qui s'imposaient. Mais, et pour terminer sur une note positive, ces mesures se sont apparemment avérées extrêmement efficaces puisqu'aucun cas positif n'a été signalé jusqu'ici dans les simples hommes et dames. En attendant d'en avoir la confirmation dans quelques jours.