Roland-Garros : Au bout de la nuit, Rafael Nadal passe le test Jannik Sinner avec brio

Publié le , modifié le

Auteur·e : Guillaume Poisson
Rafael Nadal sous les lumières du court Philippe-Chatrier plongé dans la nuit
Rafael Nadal sous les lumières du court Philippe-Chatrier plongé dans la nuit | AFP - Martin BUREAU

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Le numéro 2 mondial Rafael Nadal a remporté le match le plus tardif de l'histoire de Roland-Garros, face à Jannik Sinner, en trois sets (7-6, 6-4, 6-1 ). Il s'agissait du 100e match de l'Espagnol Porte d'Auteuil. Il s'est ainsi qualifié pour les demi-finales, où il affrontera Diego Schwartzman.

Dès sa première année, le Roland-Garros nocturne aura donc vécu son moment d'histoire. Sa première nuit sans fin. Ou presque. Il y a un an, Rafael Nadal ne serait pas rentré sur le court à 22h30 sous les vivats d'un public congelé. Il y a un an, le court Philippe-Chatrier dormait profondément à 1h25, heure de l'ultime smash gagnant de l'Ibère contre un Jannik Sinner héroïque pour son jeune âge, mais tout de même défait par Nadal en trois sets (7-6, 6-4, 6-1) Le match fut très plaisant, malgré une dernière manche décevante. Mais cette nuit, le résultat était finalement presque anecdotique.  Cette nuit, le tournoi a définitivement ouvert un nouveau chapitre de son histoire, et il n'aurait pas pu trouver meilleur auteur que Rafael Nadal pour en entamer l'écriture. Inversement, Rafael Nadal n'aurait sans doute pas pu trouver meilleur contexte pour son centième match à Roland-Garros. 

Un nouveau match de marathoniens ? 

L’Espagnol n’était pourtant pas dans les meilleures dispositions en abordant ce match. Il n'avait certes perdu aucun set, mais le niveau de ses adversaires, ainsi que la qualité intrinsèque de son tennis, n'incitaient pas forcément à l'optimisme. Lui-même n'avait cessé de se plaindre des conditions et de sa difficile adaptation. Ce mardi, Sinner lui a enfin posé un défi à sa hauteur. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il l'a relevé. Tancé dans la première comme dans la deuxième manche, breaké à plusieurs reprises, il est à chaque fois parvenu à hausser son niveau de jeu.

La seule première manche a duré plus d'une heure, et les spectateurs présents ont sûrement eu en tête l'un des matchs précédents, dont les quatre premières manches avaient duré plus de 4h30. Etait-on reparti pour un nouveau marathon ? C'était sans compter sur la marge que continue d'avoir "Rafa" sur ses jeunes poursuivants. Même à 34 ans, l'Espagnol continue d'essorer ses adversaires dans le temps. Perdue 7-6, la première manche laissait penser que l'Italien avait de la place pour revenir.

Dans le 2e set, Sinner n’a pas dévié de son option tactique. Pilonner le coup droit de Rafael Nadal avec son revers recouvert et à plat, pour l’empêcher de se décaler et de distribuer. Classique. Encore faut-il y arriver. Il y est encore arrivé : break, puis rapidement 3-1. C’est là que Rafa en a remis une  couche supplémentaire : toujours faire jouer un coup de plus, et à la moindre balle courte, la gifle en coup droit long de ligne. Dans la foulée, Sinner a été d’une maturité effrayante sur son service. C’est pourtant dans ces moments que Rafa aime croquer – mentalement et physiquement – ses adversaires ; lorsque leur intensité baisse imperceptiblement.

Malheureusement pour Sinner, il s’agissait  de ses derniers soubresauts. La dernière manche (6-1) ne fut qu’une formalité pour l’Espagnol, qui continuait sur la même intensité quand Sinner baissait irrémédiablement. C'était le centième match de Rafael Nadal. Pour une 98e victoire. La première dans la nuit. Immense.