Roland-Garros : 5 choses à savoir sur Jannik Sinner, le futur adversaire de Rafael Nadal

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hugo Dupriez
Jannik Sinner
Jannik Sinner entend bien gêner Rafael Nadal | Anne-Christine POUJOULAT / AFP

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A Roland-Garros, un jeune joueur italien bat des records de précocité. Dès le premier tour, face à David Goffin, Jannik Sinner a impressionné. En huitièmes de finale, face à Alexander Zverev, tête de série N.6, le prodige a confirmé. Mais, un obstacle de taille nommé Rafael Nadal se dresse désormais sur le chemin de celui qui va entrer pour la première fois de sa jeune carrière dans le top 50.

• Enfant, il était un skieur reconnu

De son enfance, passée à San Candido, une petite ville du Sud-Tyrol, tout près de l’Autriche, Jannik Sinner a gardé un amour : celui du ski. Bambin, le petit Jannik vibrait même plus pour les skieurs que pour les joueurs de tennis. "Alberto Tomba était l’un de mes héros mais je préférais Bode Miller, car j’adorais son style." Pourtant, dès l'âge de deux ans, son père lui confie une raquette de tennis, c'est le coup de foudre. Incapable d’arrêter son choix, l'Italien pratique alors ses deux sports favoris jusqu’à l’âge de 13 ans, il choisira alors le tennis, au grand dam des amateurs de ski italiens qui voyaient en Sinner la relève du slalom transalpin, catégorie où il a excellé entre 8 et 12 ans. “Un sport où la performance ne dure que deux minutes ne pouvait pas me passionner”, déclarait même Sinner à l’antenne italienne d’Eurosport. Avant de poursuivre. "Le ski est un sport dangereux, si l’on fait une mauvaise chute, on peut être absent une année entière. Aussi, j’aime le tennis car on voit l’adversaire, contrairement au ski où l’on court contre un fantôme et contre-la-montre."

• Protégé du coach italien Ricardo Piatti

À 13 ans, alors qu’il vient d’opter pour le tennis, la vie de Jannik Sinner va changer. Un jour, Riccardo Piatti, sorcier du tennis italien, l’aperçoit jouer, la suite vous la connaissez. Le prodige rejoint alors Bordighera, une station balnéaire de Ligurie, et l’académie de son nouvel entraîneur. Loin de son Sud-Tyrol natal, et de sa famille, le petit Jannik gagne vite en maturité. "Ce n’était pas facile de quitter la maison, mais j’étais heureux." Aux côtés de Piatti, celui qui a amené Ivan Ljubicic vers les sommets, qui a travaillé avec Novak Djokovic, Milos Raonic et plus récemment Borna Coric, Sinner prend goût au travail. Une nécessité pour Riccardo Piatti, qui voit davantage en Sinner un diamant à polir plutôt qu’un phénomène. "Jannik n’est pas un phénomène, il a encore tellement à apprendre. Avec Jannik, nous menons un projet à long terme. Je ne pensais pas qu’il allait progresser si vite." Si le chemin est encore long, la réussite, précoce, de Jannik Sinner prouve que la collaboration entre les deux hommes est vouée au succès.

• Adoubé par Djokovic et McEnroe

Surtout, le talent inné de Jannik Sinner ne laisse personne indifférent. Dans le monde du tennis, plusieurs personnalités s’accordent à dire que le futur de l’Italien est brillant. À commencer par le numéro 1 mondial, Novak Djokovic. "Il est certainement la prochaine star que les gens regarderont, déclarait le Serbe après la victoire de Sinner au tournoi ATP NextGen, j’ai travaillé avec lui plusieurs fois à l’Académie Piatti, Il a toujours été un jeune homme très dévoué, très respectueux, il est entre de bonnes mains car Riccardo est un très bon coach." Comme son compatriote, Goran Ivanisevic est un partisan de plus du jeu déployé par Jannik Sinner. Le Serbe, ancien 2e joueur mondial, voit l’Italien aller très haut. "Jannik Sinner a tous les éléments nécessaires dans son jeu pour devenir numéro un mondial un jour." Enfin, le légendaire, John McEnroe est également conquis par le jeune prodige de 19 ans. "C’est simple, il a le potentiel pour gagner beaucoup de Grand Chelem", déclarait-il sur l’antenne d’ESPN en janvier dernier.

• Il a gagné 473 places au classement atp en un an

Au mois de février 2019, Jannik Sinner pointait à la 551e place mondiale. Après sa victoire face à Alexander Zverev, en 1/8e de finale de Roland-Garros, l’Italien entrera dans le top 50, à la 46e place mondiale, pour la première fois de sa carrière. En un an et demi, la progression du jeune prodige est ahurissante. Fin 2019, au tournoi ATP Next Gen de Milan, une ville qu’il connaît bien car il est un fervent supporter de l’AC Milan, Sinner, qui participe au tournoi grâce à une wild card, étonnait tout le monde. En 5 rencontres, 3 en phase de groupe et 2 en phase finale, l’Italien ne perd qu’un match, sans enjeu puisqu’il était déjà qualifié et son adversaire éliminé, face au Français Ugo Humbert. En finale, Sinner se débarrasse de l’Australien, Alex de Minaur, tête de série N.1, totalement impuissant face au talent de l’Italien. Une semaine plus tard, le prodige retournait sur le circuit Challenger, près de sa terre natale, à Ortisei, dans le Trentin,  pour terminer sa saison. Là, il y remportait un troisième titre et terminait l’année à la 78e place mondiale, 473 rangs plus haut dans le classement ATP. Avant cela, Sinner était devenu le premier joueur de 17 ans à gagner un match dans un Masters 1000, face à l’Américain Steve Johnson à Rome, preuve d’un talent certain.

• Un joueur engagé dans la lutte contre la Covid-19

Ayant la tête sur les épaules, le jeune Jannik a longtemps cherché un moyen d’aider les hôpitaux, notamment ceux de Bergame, là où il a remporté son premier Challenger, grande ville italienne la plus touchée par la Covid-19. Finalement, le prodige transalpin a trouvé le moyen d’aider. Alors que toute l’Italie était confinée, le jeune homme a créé un #SinnerPizzaChallenge sur Instagram. Ainsi, Sinner s’engageait à donner 10 euros pour chaque pizza qui le représenterait lui, ou qui ressemblerait à une figure de l’Italie, du passé ou du présent. En plus de ce concours, le 1/4 de finaliste de Roland-Garros et son entraîneur Riccardo Piatti ont adressé un don de 12 500€ aux hôpitaux de Bergame. Une initiative qu’il considère avant tout comme un signe de remerciement pour les soignants. "L’unité de l’Italie pendant cette crise a été incroyable. Avant toute chose, je voulais, par ce don, remercier tous les Italiens qui se sont mobilisés et je souhaite applaudir les 250 volontaires qui ont construit un hôpital provisoire à Bergame en seulement 8 jours."