Rafael Nadal, en difficulté face à Schwartzman, a été interrompu par la pluie.

Roland-Garros 2018 : La pluie, ou le salut de Rafael Nadal

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Et si la pluie ne s'était pas invitée ce mercredi, aurions-nous pu assister à l'un des plus bel exploits du tennis moderne ? Avant la première interruption, le quart de finale entre Rafael Nadal, n°1 mondial et dix fois vainqueur du tournoi, et Diego Schwartzman (n°12 à l'ATP), avait pris une tournure imprévue. Le Roi espagnol flanchait face à la fougue du petit argentin qui menait 6-4, 3-2 avec un break d'avance. 50 minutes d'arrêt et 17 minutes de jeu plus tard, la donne a totalement changé. « Rafa » est redevenu Nadal.

De notre envoyé spécial Quentin Ramelet.

L'averse s'est totalement abattue sur lui. Rempli d'espoirs, le voilà inondé d'émotions difficiles à contenir. Le désarroi, la frustration, la colère, tout s'entremêle en lui. Après avoir eu le droit à un grand soleil d'été, le déluge a finalement tout renversé sur son passage. L'excitation, la confiance, et surtout les espoirs, tout a disparu en quelques instants. 17 minutes très exactement. Pendant ces 17 minutes, face à lui, son bourreau n'était plus le même. D'abord friable, une première depuis bien longtemps porte d'Auteuil, Rafael Nadal est redevenu le Roi. Imperméable en défense, oppressant offensivement, le n°1 mondial a remis les pendules à l'heure en seulement 17 minutes. Et c'était juste après la première interruption provoquée par la pluie. Le pluie, le facteur X qui a tout changé, et qui pourrait coûter tellement cher à Diego Schwartzman...

Schwartzman, un exploit pouvait en cacher un autre

Le petit argentin (1m70) le savait, sans aucun doute. Lorsqu'il est rentré dans les vestiaires, menant 6-4, 3-2 avec un break d'avance et 1h43 de jeu, tout était possible. Il avait en ligne de mire l'un des plus grands exploits du tennis moderne. Il avait déjà remporté un set contre le Roi, un exploit aussi puisque Rafael Nadal restait sur 37 sets consécutifs remportés ici sur l'ocre parisien. Sa dernière défaite ? Face à Novak Djokovic lors du quart de finale 2015. Le natif de Buenos Aires, par son petit gabarit et sa capacité à tenir les échanges, avait bel et bien trouvé les solutions pour perturber la défense et dérégler l'attaque de Nadal, auteur de 4 coups gagnants seulement dans le premier set !

La superbe balle de set de Diego Schwartzman

Le retour du Roi

Au final, la pluie a donc permis au Majorquin de se vider la tête, jeter ce qui n'allait pas et revenir plus confiant, plus fort après 50 minutes d'interruption. Durant les 17 minutes de jeu qui ont suivi, sous des nuages toujours aussi persistants, on sentait un « Rafa » bien plus conquérant, bien plus hargneux. Ses cris, sur chaque frappe, raisonnent davantage dans les travées du Central, ses encouragements se font plus fréquents et, surtout, ses coups dans la balle s’avèrent bien plus efficaces.

Avant la deuxième et ultime interruption de la journée, le décuple vainqueur de Roland devenait aussi insolent qu'à l'accoutumée. Après avoir concédé une balle de 4-2, Nadal redevient la machine à marquer que l'on connait et inscrit 13 des 15 derniers points du match avant l'arrêt provoqué par la pluie. Rien que ça. Résultat des courses ? Le Roi parvient à passer devant Schwartzman en prenant facilement son service à deux reprises pour mener 5-3 et reprendre l'ascendant psychologique d'ici jeudi midi, heure de la reprise des matches. La moue grave de l'Argentin, détrempée par les gouttes d'eau, en disait long : le grand maître des lieux, touché dans son orgueil, était bien de retour.

Quentin Ramelet @Quentin_Ramelet