Stan Wawrinka
Stanislas Wawrinka, la force du mental | MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

Roland-Garros 2017 : Un Wawrinka à part

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Depuis quelques années, Stanislas Wawrinka semble s'épanouir dans l'ombre du "Big Four". S'il ne possède pas la constance de Federer, Nadal, Djokovic ou Murray, le Suisse peut rivaliser sans rougir en terme de tennis pur. S'il est capable de trous d'air lors des premiers tours ou dans des tournois mineurs, "Stanimal" retrouve sa férocité en Grand Chelem où plus il avance dans le tableau, plus il devient injouable. Rafael Nadal est plus que prévenu.

"Stan the man" ne mérite jamais autant son surnom qu'en finale de Grand Chelem. Quand l'air se fait rare et que les jambes sont cotonneuses. Insensible à la pression, le Suisse libère son bras lorsque celui de beaucoup d'autres se crispe. Résultat, s'il n'a atteint "que" trois finales de GC, il les a toutes gagnées. Et pas en battant n'importe qui : Nadal en Australie 2014 et Djokovic à Roland-Garros 2015 et l'US Open 2016. A chaque fois, le Vaudois a livré une prestation monstrueuse. Son jeu à haut risque trouve toute sa plénitude lorsque l'enjeu est énorme. A l'image de son index continuellement pointé sur sa tempe en match, c'est bien dans la tête que ça se passe. 

C'est bien ce cerveau, jadis si torturé par le fait d'avoir grandi dans l'ombre envahissante de Roger Federer, que Wawrinka a puisé les ressources pour franchir un cap. Celui qui fait passer d'un bon joueur à un véritable champion. L'homme aux avants-bras de bûcheron qui deviendra numéro 2 mondial s'il remporte la finale le reconnait lui-même, il ne peut pas être à 100% tout le temps comme ses prestigieux contemporrains. Ce qui explique parfois ces éliminations prématurées où il parait alors redevenir un tennisman presque lambda. Mais dès qu'il accumule les victoires et la confiance, alors son jeu de destruction se met en place. Et, dans ce cas, il est  presque déjà trop tard pour ses adversaires...

"C'est comme si je fermais tous les boulons"

"Mentalement, quand j'arrive dans cet environnement, dans ces gros matchs, je sais que je ne vais pas lâcher", avoue sans fard Wawrinka. "C'est comme si je fermais tous les boulons, comme si je switchais mon cerveau en mode automatique". La gamberge, Stan ne connait pas. Mieux encore, plus le match avance, plus il frappe fort et près des lignes. Le dernier set contre Murray en est la plus pure illustration. Signe aussi que le physique du Suisse, s'il ne semble pas toujours aussi félin que ceux de Federer, Murray ou Djokovic, ni aussi sculpté que celui de Nadal, sait répondre présent. Avec le temps,  le plus fameux revers à une main du circuit (façonné à l'âge de 11 ans par son premier coach Dimitri Zavialoff) a aussi appris à apprécier le moment. 

"Ces moments-là me permettent de toujours savourer", concède-t-il. "Pour moi, faire une finale à Roland Garros, ce n'est pas normal. C'est exceptionnel". L'homme n'est donc pas rassasié. A 31 ans, celui qui est le plus vieux finaliste de Roland-Garros depuis le Yougoslave Niki Pilic en 1973, a toujours l'enthousiasme d'un junior. C'est peut-être cette fraîcheur qui lui permettra d'être le premier à remporter ses quatre premières finales de Grand Chelem. Et ça, Ni Federer, ni Nadal, ni Djokovic, ni Murray ne sont parvenus à le faire. Wawrinka a toujours aimé faire bande à part...

VIDEO - Wawrinka dans ses oeuvres

Julien Lamotte