Jelena Ostapenko, Timea Bacsinszky, Roland-Garros, 2017
Les deux joueuses Jelena Ostapenko et Timea Bacsinszky | AFP

Roland-Garros 2017 : Jelena Ostapenko-Timea Bacsinszky, le duel inattendu en demi-finale

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Jelena Ostapenko face à Timea Bacsinszky, une affiche qui ne fleure pas trop le dernier carré d’un Grand Chelem et pourtant… La Lettonne et la Suissesse vont s’affronter pour une place en finale. Une rencontre forcément spéciale pour deux joueuses qui ont beaucoup en commun. Présentation.

Elles sont nées le même jour

Ce jeudi aura une saveur toute particulière pour les deux joueuses. Car elles vont disputer une demi-finale de Grand Chelem, mais surtout car elles sont nées un 8 juin. Jelena Ostapenko est la plus jeune des deux, elle va avoir 20 ans. Timea Bacsinszky, elle, va fêter ses 28 ans. "C'est le meilleur cadeau d'anniversaire, parce que je vais jouer les demi-finales à Roland-Garros", s’est enthousiasmé Ostapenko. "Nous partageons la même date d'anniversaire, mais elle a de la chance, parce qu'elle est plus jeune que moi ou moi, j'ai de la chance parce que j'ai plus d'expérience, a estimé la Suissesse. Ce sont de belles histoires ! Au moins, cela va vous donner de quoi écrire dans vos journaux".

Un double en commun

Les deux joueuses ne sont pas des inconnues. Jelena Ostapenko et Timea Bacsinszky ont partagé un double à Wuhan. Un bon moment pour chacune. "Nous sommes de bonnes amies, nous avons joué en double en Chine. C'est une belle personne", a indiqué la Lettonne. Un super souvenir pour la Suissesse qui n'est pas contre renouveler l'expérience. "Je l'ai vue dans la salle de remise en forme, juste après notre match, aujourd'hui (mercredi, ndlr). On s'est dit, mutuellement : 'Bien joué !' On s'est prise dans les bras. Elle a toujours été sympa avec moi, cette joueuse. Nous nous sommes entraînées aussi quelquefois ensemble, et donc, j'étais très heureuse pour elle qu'elle ait atteint les demi-finales".

Ostapenko, passion danse

Jelena Ostapenko, 47e joueuse mondiale, n’a pas que le tennis dans sa vie. Elle a une vraie passion pour… la danse. Petite, elle menait de front les deux, mais au moment de choisir, elle s’est tournée vers la balle jaune car elle lui procurait "plus de plaisir". "J’aime bien danser sur scène, mais celle du tennis est plus grande", avoue-t-elle. La pratique de la danse, surtout de la samba, l’aide dans sa pratique du tennis, notamment pour le "jeu de jambes".

Timea Bacsinszky, nouvelle étoile suisse

La Suisse a été gâtée ces dernières années en tennis. Roger Federer, Stan Wawrinka et Martin Hingis pèsent 26 Grand Chelem à eux trois (18, 3 et 5). Timea Bacsinszky, elle, va disputer sa deuxième demi-finale de Grand Chelem (Roland-Garros, 2015). A côté des trois monstres, elle est une naine, mais ces trois stars lui ont servi d’exemple et continuent de le faire. "Les trois ont une inspiration différente pour moi. Roger, c'est celui qui m'a fait le plus chialer de tous. 18 fois quoi ! Martina, j'en ai longuement parlé aussi, elle le sait aussi, au tout début, c'était un énorme fardeau pour moi. Réussir tout trop vite, et puis après, être tout le temps non-stop comparée à elle, c'était très compliqué pour moi. Mais, c'était un honneur aussi. Maintenant, je l'ai compris. Mais à 16 ans, on ne le ressent pas de la même façon. Désormais, c'est une copine absolument extraordinaire. Quant à Stan, lui, c'est une inspiration éternelle, et ça devrait l'être presque plus que n'importe quel autre joueur suisse pour toutes les futures générations, car il a un talent qui est très dur, que peu de personnes ont. C'est une chose d'avoir le toucher, la science du jeu - évidemment, ça il l'a aussi - mais il a la besogne, le travail. Moi, parfois je gagne un tournoi, on dit : 'D'accord...'. Mais les autres, ils ont des Grands Chelems ! Ils me poussent tous les trois, ils m’inspirent, même si c'est parfois dur de faire partie de ce groupe de martiens ! Je suis très fière, en fait, de juste être à leur talon".

Medina Garrigues, l’atout dans la manche de Jelena Ostapenko

Au départ, la jeune Jelena avait adopté une structure que de nombreux jeunes talents connaissent, celle parentale. Suivie par sa mère, elle a peu à peu évolué et s’est rapproché de l’ancienne joueuse espagnole Anabel Medina Garrigues, huitième de finaliste Porte d’Auteuil en 2007. "Elle me conseille et m’aide le reste du temps. C'est très bien. Elle est expérimentée. Elle connaît beaucoup de joueuses, nous travaillons différents compartiments de mon jeu et cela marche plutôt bien", a expliqué la Lettonne en conférence de presse. "Je connais très bien Anabel Medina Garrigues qui l'entraîne, a reconnu de son côté Bacsinszky, elle me connaît très bien, tactiquement parlant". Face à une joueuse qui n'a pas pour habitude de se poser de questions, la Suissesse entend jouer sur "(son) avantage tactique, (son) expérience".

Benoit Jourdain @BenJourd1