Roland-Garros 2017: Djokovic a tout perdu

Roland-Garros 2017: Djokovic a tout perdu

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Sorti sans ménagement (7-6(7-5), 6-3, 6-0) dès les quarts de finales de Roland-Garros dont il était le tenant du titre par un excellent Dominic Thiem (N.7), Novak Djokovic (N.2) semble avoir perdu le fil de sa brillante carrière. Il ne détient plus aucun titre du Grand Chelem alors qu’il y a un an, nombre d’observateurs le voyaient tutoyer Roger Federer au firmament du tennis. Rebondir ne sera pas facile pour l’ancien tyran du circuit.

La dernière fois que Novak Djokovic n’avait pas atteint le dernier carré des Internationaux de France, c’était déjà un Autrichien qui l’avait battu. En 2010, Jürgen Melzer avait éliminé le Serbe après avoir mené deux manches à rien. Ce match avait marqué la fin de la période frustrante du joueur qui stagnait derrière le duo Federer-Nadal.

En quête de sens

L’échec de ce mercredi contre Dominic Thiem, beaucoup plus sévère et avec le premier bagel encaissé par Djoko depuis l’US Open 2005 (contre Gaël Monfils), constitue l’aboutissement de la descente aux enfers vécue par le Belgradois depuis un an. Irrésistible entre la mi-2014 et Roland-Garros 2016 (six Majeurs remportés sur huit et un quatre à la suite jamais vu depuis Rod Laver en 1969), le Cosmic Djokovic a vécu.

Les temps sont durs pour l’homme qui a enchainé 28 quarts de finale (au moins) en Grand Chelem entre 2009 et 2016 et qui s’est hissé au niveau ahurissant des deux cadors de l’époque contemporaine. Djokovic doit redonner du sens à sa carrière. La décompression qui a suivi sa consécration de juin dernier Porte d’Auteuil résulte d’une absence d’objectif, le pire pour un grand joueur. Quand on a tout gagné en écoeurant parfois la concurrence par une volonté sans faille rarement vu -même à ce niveau-, difficile de se remotiver.

Descente aux enfers

Sa défaite surprise devant Sam Querrey à Wimbledon annonçait en fait les déconvenues suivantes : défaite au premier tour des JO de Rio face à Juan Martin Del Potro, finale perdue à New York contre Stan Wawrinka, perte de la première place mondiale au profit d’Andy Murray à l’issue de la finale du Masters, défaillance devant Denis Istomin dès le deuxième tour à Melbourne, saison 2017 médiocre avec un seul titre acquis en janvier à Doha et une finale lâchée à Alexander Zverev à Rome.

Novak Djokovic arrivait à Paris sans résultat ni confiance. Le Serbe a bien essayé de se relancer en s’entourant du sage Andre Agassi pour retrouver l’envie d’en découdre, mais Roland-Garros est le Grand Chelem le plus exigeant. Il ne tolère pas l’à peu près et s’offre à celui qui se montre le plus motivé et le mieux préparé pour le conquérir.

L’ère Djokovic est passée

A l’évidence, Djokovic n’avait pas les armes pour triompher cette année sur le tournoi qui s’est refusé le plus longtemps à lui. Il y a un an, beaucoup commençaient à évoquer la possibilité de voir le champion slave s’emparer des records de Roger Federer. Avec 12 Majeurs au compteur, Novak Djokovic fonçait vers les 17 d’alors du Maestro suisse. Certains annonçaient même un Grand Chelem calendaire tellement le Serbe planait au dessus de ses contemporains. C'était oublié que tout va très vite en sport. Aujourd’hui, cette quête éperdue d’inaccessible a fait long feu. L’ancien Roi est nu. Retrouver les sommets ne sera pas aisé. Nole a déjà prouver qu’il savait se sublimer mais cette époque-là paraît bien révolue.